Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
1 janvier 2010 5 01 /01 /janvier /2010 19:00
John Grisham Le Contrat








John GRISHAM
Le Contrat

Titre original: The Appeal
Roman traduit de l'américain
par Johan-Fréderik Hel Guedj
Robert Laffont, 2008


















Un mot sur l'auteur

grisham
John Grisham est né en 1955 dans l'Arkansas et a commencé sa carrière en tant qu'avocat. Il écrivait à ses heures perdues durant ses études en sciences comptables. C'est en 1984, suite au témoignage bouleversant, lors d'un procès, d'un enfant de douze ans ayant subi un viol, qu'il décide d'écrire son premier roman, explorant l'hypothèse que le père de cet enfant a tué les deux violeurs. Ce roman s'appellera Non-coupable et sera publié à 5000 exemplaires en 1988. Puis, ce sera avec La Firme, par en 1991 et vendu à des millions d'exemplaires, qu'il rencontrera son premier grand succès.

Actuellement, il a écrit un grand nombre de récits judiciaires et de romans qui décrivent le sud rural des États-Unis, ouvrages connaissant eux aussi un énorme succès dans le monde.





L'histoire

L'œuvre se scinde en trois parties. En premier lieu, c'est le verdict : douze jurés rendent une sentence historique en sanctionnant lourdement une entreprise pour avoir contaminé l'eau d'une ville située dans le Mississippi , c'est le triomphe du Bien sur le Mal. Epuisés par un procès ruineux, tant sur le plan moral que sur le plan financier, les Payton, avocats de la plaignante Jeannette Baker qui a perdu son fils et son mari, empoisonnés, se réjouissent de la sentence infligée à la firme coupable. En effet, leur cliente se voit attribuer des dommages et intérêts colossaux pour la mort de son mari et de son fils.

Du côté de l'entreprise punie, on s'active afin que le jugement en appel tourne en sa faveur. En effet, Carl Trudeau, milliardaire et propriétaire de Krane Chemical, prêt à tout pour éviter la chute de son empire et son exclusion des soirées mondaines, va jusqu'à manipuler la Cour Suprême du Mississippi. Pour cela, il va faire appel à un obscur cabinet spécialisé dans les élections ; moyennant huit millions de dollars, il compte s'acheter un juge à la Cour Suprême du Mississippi. Il va alors se servir d'un dénommé Ron Fisk, qui accepte aveuglément le financement de sa candidature au poste de juge à la Cour Suprême.

Dans la deuxième partie se déroule la campagne : la juge Sheila McCarthy va se battre pour conserver sa place au sein de la Cour Suprême, mais son opposant Ron Fisk dispose de moyens financiers beaucoup plus importants et ses manipulateurs vont orchestrer des publicités mensongères afin de la décrédibiliser aux yeux des électeurs. Ce ne sera que dans la troisième et dernière partie que Ron Fisk va comprendre ce qu'on lui demande en échange de sa compromission.



L'Analyse

Dans son roman, John Grisham pose l'argent comme thème central. En effet, du début à la fin du récit, tout est centré sur l'argent et ses conséquences. Des avocats dépouillés par un long procès — « iI ne voyait jamais les factures; elles étaient traitées par son comptable. Depuis, les cartes de crédit avaient disparu, tout comme la BMW et la Jaguar, et le même comptable, qui travaillait pour une moitié de salaire, leur allouait leurs dollars au compte-gouttes, histoire de maintenir le cabinet Payton tout juste à flot » (page 24) —, à l'entreprise fautive  — « Parfait ! Présentez-leur donc cela sous cet angle, aux loups, pendant que le titre de la société ira rouler dans le caniveau. » (page 28) —, ces deux camps opposés sont dépendants de l'argent pour leur survie. Mais ce n'est pas tout ; le thème de l'argent nous fait aussi plonger dans les recoins les plus sombres de l'âme humaine :  dans cette histoire, les grandes entreprises n'ont aucun sentiment pour les personnes atteintes de cancer par leur faute ; elles ne voient que l'argent qu'elles ont perdu et cherchent par tous les moyens, même les plus répugnants, à le récupérer.

De plus, l'auteur, derrière cette histoire de corruption, critique le sud rural des Etats-Unis. En fait, cela fait quelques années que John Grisham s'attaque à la culture de cette région, implicitement ou explicitement, dans ses romans. Celui-ci ne fait pas exception, car on y retrouve l'étroitesse d'esprit de ces gens : « Après ces quelque questions initiales simples et directes, le sondage révélait son orientation. Voteriez-vous pour un candidat à la cour suprême qui soit opposé à la peine de mort ? Soixante-treize pour cent répondaient par la négative. Voteriez-vous pour un candidat qui soit favorable au contrôle des armes à feu ? Quatre-vingts pour cent répondaient par la négative. Possédez-vous au moins une arme à feu ? Quatre-vingt-seize pour cent répondaient oui. » (page 222).



Mon avis


J'ai découvert John Grisham avec L'Accusé, et depuis lors c'est devenu l'un de mes auteurs préférés, car les histoires d'avocats me passionnent. Cette histoire-ci m'a particulièrement captivé du fait qu'elle est en rapport avec l'actualité, avec la place de plus en plus croissante de l'économie dans notre société et les risques que cela engendre. De plus, à travers cette fiction, l'auteurn nous montre le mode de pensée du sud rural des Etats-Unis, qui peut choquer dans certains cas. Cette œuvre m'a ouvert les yeux sur la bêtise humaine quand il s'agit d'argent et le manque d'ouverture lorsque quelque chose n'est pas conforme aux idées dominantes.


Guillaume Gourdon, 1ère année Bib-Med-Pat

Partager cet article

Repost 0
Published by Guillaume - dans polar - thriller
commenter cet article

commentaires

Recherche

Archives