Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 07:00

the-road-.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

John HILLCOAT

La Route

Titre original : The Road

Sortie : 2/12/2009

d' après

l 'oeuvre de

Cormac MAC CARTHY

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bien que la scène d'ouverture du film fasse naître en nous la crainte que la tonalité du livre ne soit pas respectée – une famille heureuse dans un beau pré donnant à manger à un cheval majestueux par une belle matinée de printemps –, le film se révèle en fait très fidèle au roman.


La chronologie du livre est parfaitement suivie et l'ambiance apocalyptique noue les tripes du spectateur.


La violence a détruit notre terre et elle perdure. Les êtres survivants sont voués à la déchéance ou au cannibalisme dans ce monde devenu manichéen. Y a t-il une autre solution que mourir ?. Nous suivons un homme et son fils : ils avancent mais ils ne sont plus rien ; ils marchent vers le néant comme pourraient le faire des personnages de Beckett avec comme seul objectif d' aller vers le sud. Comment survivre dans toute cette hostilité ? Mac Carthy écrit : «  il disait que les rêves qui convenaient à un homme en péril étaient les rêves de danger et que tout le reste était une invite à la langueur et à la mort ». La relation filiale est tout ce qu'il reste comme preuve d'une humanité encore possible.


Le film nous transporte dans une dimension biblique : ce nouveau monde semble être le fruit d'une punition divine. On ne sait pas quelles sont les causes de cette dévastation. Les décors sont chaotiques, fantomatiques et toute la violence du film inquiète sur notre avenir possible.


Ce film est intéressant car, contrairement aux autres films apocalyptiques courants et à la mode, il est centré sur des préoccupations présentes, entièrement dans l'instant et pas sur un avenir qui,  lui, ne semble pas exister. On ne peut plus changer le monde, le futur est mort avec lui.


Malheureusement, quelques scènes semblent un peu trop hollywoodiennes. Certaines ne sont pas évidentes à interpréter. Celle par exemple où on découvre une canette de Coca-Cola est un moment clé du livre : le symbole d'un mythe oublié et le film nous laisse plus penser à une publicité pour la marque. La fin est, de même, ambiguë : elle semble un peu trop joyeuse dans cette atmosphère morbide. On pourrait la voir de manière plus pessimiste : dès que l'on tente de créer une nouvelle relation avec un être humain on échoue car le monde est faussement civilisé : les humains sont des êtres sauvages.


Le film perd donc, il me semble, une part de la philosophie du livre. Même si le malaise est bien présent, que certaines questions se soulèvent pour le spectateur, nous effleurons seulement la profondeur du roman dans certains passages. Le film manque donc un peu d'ambition à mon goût même s'il marque par sa noirceur et son réalisme. L' acteur Viggo Mortensen est un gros point positif du film : son jeu est vraiment très bon !



L' écriture de Mac Carthy suit le rythme tragique du roman ; elle est sans artifices, spontanée et surtout poétique. Les paysages dépouillés font que, visuellement, le film s'accorde bien avec les sensations que nous procure le livre mais la musique ne me semble pas bien appropriée : elle n'est peut être pas assez oppressante. Certains passages comme les retours en arrière manquent de finesse dans les transitions au profit de simples interventions narratives ce qui enlève une part de la poésie du livre.


C'est un roman très difficile à rendre sur grand écran. John Hillcoat en a fait un bon film mais pas un « grand » film étant donné les quelques maladresses. Je le conseille tout de même car il dégage une atmosphère sombre très particulière et soulève de nombreuses questions. L 'histoire de ce père et ce fils ne peut laisser personne insensible, elle donne envie (et en même temps on le redoute !) , d'aller se plonger dans l'univers du livre qui, lui, est bouleversant.

 

 

Emmanuelle, 1ère année Edition-Librairie

Partager cet article

Repost 0
Published by Emmanuelle - dans dystopies
commenter cet article

commentaires

Recherche

Archives