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30 janvier 2011 7 30 /01 /janvier /2011 07:00

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John STEINBECK
Le Meurtre et autres nouvelles
Gallimard,
collection Folio n°4846
Traduit de l’américain
par Marcel Duhamel et Max Morise
Nouvelles extraites du recueil
La Grande Vallée (Folio n°881)
Première édition

pour la traduction française :

1946, Gallimard.









L’auteur

En 1929, la crise qui secoue les États-Unis et les millions de chômeurs qu’elle engendre donne à de nombreux intellectuels une conscience politique et sociale nouvelle.

John Steinbeck, écrivain des années trente, est né en février 1902 à Salinas, en Californie, dans une famille typiquement américaine, laborieuse et provinciale. Pendant ses études à l’université, il travaille dans des ranchs et y découvre la vie des journaliers mexicains. Ces expériences l’inspireront pour ses romans.

En 1962, il reçoit le prix Nobel de littérature pour l’ensemble de son oeuvre mais plus particulièrement pour son grand roman épique Les raisins de la colère paru en 1939. Il décède en décembre 1968 à New-York.


Les nouvelles

Le meurtre et autres nouvelles rassemble quatre courts récits situés dans le comté de Monterey, non loin de Salinas. Les personnages diffèrent par leur classe sociale mais tous ont à leurs côtés une femme qui va influer sur leur destin : l’une est chétive et malade mais parvient tout de même à garder son mari dans le droit chemin, l’autre, parfaite et silencieusej arrive à faire se réaliser la prophétie de son beau-père, une autre semble être une hallucination tellement elle est mystérieuse et enfin la dernière est une mère de famille obligée d’envoyer son fils en terrain hostile.

« Le harnais » : Peter Randall, fermier du comté de Monterey hautement respecté de ses pairs, vit avec Emma, sa femme malade. Lorsque celle-ci décède, Peter ne sait plus où il en est car sa femme le maintenait dans le droit chemin. Le harnais évoqué dans le titre est ici un élément physique et moral.
 « Je ne sais pas comment elle s’y prenait pour me faire faire les choses, mais elle y arrivait. » (p.20).

« Le meurtre » : Jim Moore, propriétaire d’un terrain avec maison dans le canyon de Castillo, vit une vie paisible avec sa femme Jelka. Cette dernière est une maîtresse de maison parfaite et une épouse remarquable. Toutefois, le couple ne communique pas. Un soir, Jim est sur le chemin de Monterey mais son voisin vient à sa rencontre et lui annonce qu’il a découvert la carcasse d’un de ses veaux. Jim décide alors de surveiller son troupeau puis rentre chez lui. À son arrivée, il découvre avec tristesse pourquoi sa femme était si pensive. Une chose effroyable va alors se produire et ce que lui avait conseillé son poivrot de père va se réaliser.
« Il est pas un homme, celui qui lui corrige pas un bon coup, sacré bon Dieu ! » (p.42)

 


« Le serpent » : Le jeune Phillips, docteur en biologie à Monterey, fait des expériences dans son « petit laboratoire commercial » lorsqu’une femme se présente. Habitué à recevoir les curieux, il l’invite à découvrir son travail mais elle souhaite seulement voir le serpent à sonnette mâle du laboratoire. Elle l’achète et désire le nourrir avec un des rats destinés à la nourriture des serpents. Cette manoeuvre si banale pour ce jeune docteur le dégoûte désormais. La femme énigmatique souhaite également que ce serpent garde son venin et elle veut pouvoir venir le voir. Or... elle ne reviendra jamais.
« Ses yeux noirs étaient sur lui, mais ils ne semblaient pas le voir. » (p.70)

« Fuite » : Mama Torres vit dans sa ferme sur la côte sauvage de Monterey avec ses trois enfants : Pépé, l’aîné, et Emilio et Rosy, les cadets. Pépé est un garçon gentil mais paresseux. Un jour, Mama confie à Pépé la mission d’aller chercher un remède et du sel à Monterey. C'est une initation qui doit faire de lui un homme. À son retour, Pépé apprend à sa mère qu’une chose irréparable s’est produite lors de son séjour chez l’amie de la famille, Mme Rodriguez. Pépé doit alors fuir dans le canyon où le déracinement tragique du voyage se fait vivement ressentir.
 « Quand Pépé est-il devenu un homme ? demanda Emilio. » (p.101)


Analyse

Ces quatre nouvelles nous plongent dans des univers clos, souvent limités aux habitations à part dans la première et la dernière nouvelle, où les protagonistes s’éloignent de leur ferme. Mais cela fait alors ressentir au lecteur l’emprisonnement dans lequel ils se trouvent. Ils ne peuvent échapper à leur condition.

On trouve dans ces récits de nombreuses descriptions montrant l’état des hommes. En particulier dans la nouvelle « Fuite » où le lecteur suit pas à pas le trajet lent et laborieux de Pépé dans le canyon.

Les hommes de ces récits cherchent à savoir qui ils sont. Or, la quatrième de couverture – comportant le résumé fait par l’éditeur – met en avant les femmes de ces récits. En effet, ces femmes sont les points de repère de ces hommes. Elles sont souvent mystérieuses. Le lecteur ne sait pas beaucoup de choses sur elles, mais il peut constater que sans elles les hommes ne seraient pas ce qu’ils sont.

Les hommes et les femmes de ces récits sont associés à des animaux qui les représentent : Jelka est un chien gémissant mais fidèle, la femme mystérieuse de la troisième nouvelle est clairement une femme-serpent qui fait naître de l’attirance et de la répulsion chez le jeune docteur (le serpent est le symbole phallique par excellence) et Pépé finit en animal traqué. Ainsi, l’être humain semble être un animal, tantôt dominant tantôt dominé, se battant pour sa survie.

Steinbeck semble être un héritier des écrivains naturalistes notamment lorsqu’il met en évidence l’influence du contexte familial dans lequel évolue l’individu et ldécrit les fléaux sociaux tel l’alcoolisme. En effet, l’alcool, la solitude et la fatalité imprègnent les récits.


Point de vue

J’ai trouvé ces récits agréables à lire. Steinbeck sait créer un suspens afin que le lecteur ait envie de connaître la suite et la fin de ces portraits familiaux. On retrouve dans ces nouvelles la sympathie de l’auteur pour les opprimés, les déclassés. Il porte un regard sur les personnages sans pour autant les juger.

La vallée de Salinas fait l’unité de ce recueil. L’auteur montre l’attachement qu’il apour sa région natale et ses habitants.

Enfin, cette oeuvre permet d’avoir une approche du style de Steinbeck et m’a donné envie de lire d’autres oeuvres de lui.

Ainsi, je vous conseille ce recueil (si vous avez envie de lectures rapides et agréables) et également, du même auteur, Tortilla Flat (1935), chronique burlesque d’un groupe de « paisanos » californiens qui mènent une vie de bohème et qui moquent de la morale bourgeoise.

 

 

Bibliographie sélective

La Coupe d’or (1929)
Les Pâturages du ciel (1932)
Tortilla Flat (1935)
En un combat douteux (1936)
Des souris et des hommes (1937)
Les Raisins de la colère (1939)
À l’est d’Eden (1952)


Maureen, A.S.-Bib.

 

 

 

Lire aussi le carnet de voyage d'Elisa sur les traces de Steinbeck, Miller et Kerouak.

 

 


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Published by littexpress - dans Nouvelle
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