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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 07:00

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Jonathan FRANZEN

La Zone d’inconfort

Titre original

The Discomfort Zone, 2006

traduit par Francis Kerline

éditions de l’Olivier, 2007

 

 

 

 

 

 


 

 

 

Biographie : voir Wikipedia

 

 

 

La Zone d’inconfort et un récit autobiographique écrit en 2006.

 

Lorsque le livre commence, le narrateur est adulte, sa mère vient de mourir : c’est l’élément déclencheur du récit. Pourtant aucun pathos ne découle de cet événement, il s’agit plus des aléas de la vente d’une maison, de petites anecdotes politiques sur la vie américaine et de quelques souvenirs anodins par-ci par-là.


Le ton est cynique, drôle également mais surtout très détaché.


Ce ton restera pour le reste de l’ouvrage où l’auteur apparaît comme quelqu’un de décalé, peu ancré dans la réalité, ou du moins jamais dans l’introspection sentimentale.

 


 

Après cette introduction, nous retournons à l’époque de son enfance entrecoupée d’éléments des aventures de Snoopy. L’auteur raconte les péripéties de Charlie Brown pour illustrer sa propre vie mais sans jamais expliciter le lien entre les personnages et lui. Certains événements marquants viennent bouleverser sa famille mais le récit s’attache plutôt aux conséquences indirectes.


Le ton est moins incisif, le fil plus décousu.

 

 


Par la suite, c’est l’adolescence et les BD disparaissent au profit de réflexions plus concrètes avec un portrait intéressant de la jeunesse des années 70 à travers Camaraderie et le personnage charismatique du Père Mutton.


L’auteur commence à s’affirmer, à s’intégrer dans la société et le monde qui l’entoure. Cette affirmation sera encore plus intense au lycée avec la formation du groupe DIOTI, groupe d’action créant un terrorisme de l’absurde au sein du lycée et entraînant jusqu’au proviseur dans le jeu.


C’est ici que l’auteur se révèle ainsi que son désir d’écrire : une nuit, avec ses camarades, il s’introduit dans le lycée pour subtiliser les cloches des sonneries et les cacher, laissant derrière eux un jeu d’indices pour que le proviseur les retrouve. Voici ce qu’en retire l’auteur :

 

 « Arriver à l’école quatre heures plus tard et la voir si peuplée après l’avoir vue si déserte : ce fut comme voir habillée en plein jour la première personne avec qui l’on a passé la nuit nu.


Puis le silence, à huit heures et quart, quand la sonnerie eût dû retentir : cette silencieuse transformation de l’ordinaire, cet applaudissement à une seule main, cette magnifique absence, c’était là le genre de poésie que je voulais apprendre à écrire. »

 

Cette période s’achève et nous suivons l’auteur à l’université, années qu’il considère comme les plus heureuses de sa vie…  Il semble en revanche s’agir plus d’années de frustration que de bonheur. L’auteur échoue en effet sur le plan qui l’obsède : les filles et l’amour. De même il découvre un nouveau mentor dans son professeur de littérature allemande mais reste sans arrêt décontenancé et bouleversé profondément par ce que celui-ci lui enseigne des œuvres abordées. De longs extraits de Goethe, Mann ainsi que des analyses critiques de leurs travaux sont au cœur de ce chapitre où l’auteur apprend qu’il existe plusieurs interprétations paradoxales possibles dans les lectures comme dans la vie…

 

Enfin, nous passons directement à l’adulte qu’il est devenu avec sa grande révélation : l’ornithologie. L’auteur se découvre en effet une passion pour les oiseaux qui l’aideront à voir enfin le monde qui l’entoure ainsi que ce qu’il est lui-même. Il explique d’ailleurs s’identifier à eux et comprend qu’il est passé à côté de bien des choses avant leur rencontre.

 

 

 

En réalité dans ce livre l’auteur parle de lui dans des parenthèses, ne se révèle que dans de petites anecdotes relatives à ses parents dont il critique le conformisme et qui semblent l’empêcher de se construire une personnalité propre. À ces entraves s’ajoute un manque de confiance à la fois en lui-même mais également dans les autres et le monde en général.

 

Ce récit semble ainsi expliquer les thèmes récurrents des œuvres de Franzen : les relations familiales compliquées, la difficulté de grandir, de s'assumer, de faire face à la vieillesse et la maladie ou les complications et échecs des relations de couple se retrouvent dans Les Corrections, ouvrage traitant des non-dits d’une famille aux individus tiraillés, en conflit, en quête d’eux-mêmes…

 

Le portrait de ses parents se retrouve également dans Freedom où une femme rêvant d’être l’épouse parfaite à l’américaine s’enferme dans un mariage alors qu’elle aime un autre homme : le meilleur ami de son mari. La difficulté des relations de couple, les attentes sociales et familiales qui ne correspondent pas aux sentiments, etc. : il semblerait que ce soit dans cet environnement que l’auteur ait grandi.

 

 

Karine, AS édition-librairie


 

Jonathan FRANZEN sur LITTEXPRESS

 


 

Jonathan Franzen Freedom

 

 

 

 Articles d'Elodie et d'Emmanuelle sur Freedom

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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