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7 décembre 2012 5 07 /12 /décembre /2012 07:00

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Jonathan FRANZEN
Le cerveau de mon père
traduction
Rémy Lambrechts
Points, 2011


 

 

 

 

 

 

 

 

L’auteur

Jonathan Franzen est un écrivain américain né en 1959 dans l’Illinois. Sa carrière littéraire débute en 1988 avec le roman La 27ème ville. Il est surtout connu pour ses romans Les corrections paru en 2001 et plus récemment Freedom publié en France en 2011.
 
Le cerveau de mon père est paru en France en 2011 chez Points. Cette édition rassemble trois extraits de l’ouvrage Pourquoi s’en faire ? publié aux éditions de l’Olivier en 2003.



« Le cerveau de mon père »

Cet article autobiographique parle de la maladie d’Alzheimer dont le père de l’auteur est atteint. Jonathan Franzen commence par une explication très scientifique du fonctionnement du cerveau et de la maladie, ce qui rend la lecture difficile et ne permet pas vraiment au lecteur de se plonger dans l’histoire.

Après quelques pages il aborde l’histoire de ses parents, leurs relations compliquées et l’ignorance dans laquelle ils étaient de la maladie. Il explique que son père était une personne déprimée et légèrement sourde, symptômes qui auraient pu permettre de diagnostiquer la progession de la maladie.

On voit à travers ce récit par quoi l’auteur et sa famille sont passés. Tout d’abord le déni puis la colère contre les médecins et leurs diagnostics qui n’aboutissent à rien de concret, la difficulté d’admettre la maladie, la difficulté de voir son père se dégrader puis l’acceptation et la résignation.

La nouvelle s’achève par le décès de son père et cette phrase :

 

« Mais dans le ralenti de l’Alzheimer, mon père n’était guère plus mort à présent qu’il ne l’avait été deux heures, deux semaines ou deux mois plus tôt. Nous avions simplement perdu le dernier des éléments à partir desquels nous pouvions reconstituer un tout vivant. »

 

Il montre ainsi comment son travail de deuil avait commencé avec la progression de la maladie, et le sentiment de l’avoir déjà en partie perdu.

Si la première partie est technique du fait de l’insertion de rapports médicaux et autres explications scientifiques et médicales sur la maladie et le cerveau en général, la deuxième partie est plus centrée sur les faits qui ont marqué sa vie mais le lecteur n’est pas vraiment invité à prendre part à la vie et aux émotions de l’auteur.



« Meet me in St. Louis »

L’auteur narre ses souvenirs à une autre époque de sa vie, où il est déjà un écrivain célèbre. Il est invité chez Oprah Winfrey pour la promotion de son nouveau roman. À l’occasion de cette rencontre les producteurs souhaitent une courte biographie filmée.

Il se rend à Saint Louis, dans le quartier où il a grandi, pour tourner quelques scènes.  Pour les besoins du tournage les producteurs lui demandent de parler de de son bonheur d’avoir grandi dans cette ville, veulent connaître son sentiment par rapport à son ancien quartier et à ses habitants. Jonathan Franzen n’a aucune envie de se soumettre à ces exigences et encore moins de raconter son enfance.

À travers ce tournage on ressent le mal-être de l’auteur, son hésitation entre la volonté de donner quelque chose aux producteurs et sa réticence à faire émerger ses souvenirs. Il parle de l’arbre qu’il avait planté après le décès de son père avec sa famille, mais son manque de volonté de partager ses souvenirs empêche un résultat satisfaisant :

 

 

« Traduire l’émotion est ce que je fais en tant qu’écrivain, cet arbre est mon matériau, et voilà que je suis en train d’aider à le détruire. Je sais que je suis en train de le détruire parce que Gregg fait la moue devant moi […] ; la honte de ne pas être capable de rendre justice à mon père et à son arbre . »

 

 

Ce tournage le fait aussi revenir sur ses derniers souvenirs dans cette maison après le décès de sa mère et la promesse qu’il s’était faite ce jour-là :

 

« la promesse que j’aurais violée si j’avais pénétré dans la maison aujoud’hui, était que je l’avais quittée pour la dernière fois et que je n’aurais plus jamais à la quitter de nouveau ».

 

Dans cet article autobiographique contrairement au premier, l’auteur va plus loin dans ses souvenirs douloureux et son mal-être face à son histoire, il se laisse aller à plus d’émotion. On y ressent sa difficulté à revoir sa maison d’enfance, son incapacité à y rentrer de nouveau, mais aussi sa douleur face au flot d’émotion qu’entraîne la description de sa vie et de ses souvenirs.



« Un livre au lit »

Si les deux premiers récits racontent l’histoire de l’auteur à travers la maladie de son père puis à travers sa vie professionnelle, cette dernière partie du livre est très différente.

En effet, l’auteur ne parle pas de sa vie ou de ses expériences mais des ouvrages d’éducation sexuelle aux États-Unis. On a l’impression que le seul but de l’auteur est de critiquer tous les livres qui traitent de sexe et pour cela il s’appuie sur des citations de médecins, des émissions de télévision ou encore des références d’ouvrages. Au final, l’article apparaît comme une succession de citations et de références d’ouvrages peu attrayante pour le lecteur.



Mon avis

J’ai ressenti un sentiment assez mitigé à la lecture de ce livre. Je n’ai pas aimé le dernier article. J’ai passé mon temps à me demander quel était son intérêt et où voulait en venir l’auteur. Je n’en ai retenu que la succession de références.

En revanche j’ai apprécié les deux autres récits, en particulier « Meet me in St Louis ». J’ai été touchée par l’histoire de l’auteur, l’expression plus profonde de ses émotions, à l’inverse de la première où tous les termes scientifiques et la distance imposée au lecteur rendent plus difficile l’appropriation de l’histoire.

Quant à son écriture, très fluide, elle facilite la lecture, même si l’auteur passe aisément d’une idée à une autre.


Lucie, 2ème année bib 2012-2013

 

 

 

Jonathan FRANZEN sur LITTEXPRESS

 


 

Jonathan Franzen Freedom

 

 

 

 Articles d'Emmanuelle et d'Elodie sur Freedom

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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