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25 août 2013 7 25 /08 /août /2013 07:00

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Jonathan HÉNAULT
Lettres à ma future ex :

Auto-friction d’un misogénie
éditions Bijoux de famille, 2013






 

 

 

 

 

 
J’ai découvert au hasard d’une balade dans les allées de l’Escale du Livre Lettres à ma future ex : Auto-friction d’un misogénie, un bouquin rose avec une couverture cartonnée simplissime aux éditions Bijoux de famille. En levant les yeux j’ai découvert l’auteur de ce petit bijou : Jonathan Hénault. Qui est-il ?

Il est né en 1981 dans le Béarn. Aujourd’hui il habite Bordeaux. Est-il seulement un auteur ? Non ! Il se décrit comme un « journaliste pratiquant, professeur communicant, écrivain laborieux, il est l’homme par qui le scandale arrive, mais en rampant ».

Maintenant occupons nous de savoir ce qu’il y a derrière le titre Lettres à ma future ex. Un roman épistolaire ? Point du tout ou pas vraiment. Ce livre est inclassable, incasable. Il est formé de 6 chapitres :

 

– Où l’auteur tente de convaincre l’innocent lecteur qu’il est certes un garçon un peu brutal, mais gentil, quand même.

– Où l’auteur doit bien avouer après réflexion qu’il peut difficilement encore prétendre être un garçon gentil.

– Où l’auteur commence à remettre en question sa capacité à être gentil, et conséquemment, heureux.

– Où l’auteur se rend compte abruptement qu’être gentil ne suffit pas toujours pour être heureux.

– Où l’auteur pense entrevoir une trouée de bonheur et s’y engouffre avec l’appétit du gentil débutant.

– Où l’auteur tente de convaincre le lecteur averti qu’il est certes devenu un garçon très gentil, mais que tout ça est un peu brutal, quand même.

 

 Ces chapitres sont précédés de : Avertissement en vestibule. Et suivis de : Autopsie de l’auto-friction. Qu’y a-t-il dans ce livre ? C’est simple : s’y mélangent des lettres, des poèmes, des chansons, de l’écriture à la première personne, à la troisième…

Que nous raconte donc cet ensemble de textes ? Une histoire simple, l’histoire d’un homme : Nathanaël Jo Hunt qui ressemble fort à l’auteur, d’après ce dernier : « Nathanaël Jo Hunt, c’est moi, et ce n’est pas moi ». Qu’arrive-t-il à notre héros ? Une chose assez classique, suite à une rupture avec une femme à qui il tenait : la n°1, il n’arrive plus à avoir une relation amoureuse normale et est sorti depuis avec la n°2, 3, 4, 5, […], 63, 64, 65, 66 : des brunes, des blondes, des rousses, des étrangères, des femmes mariées… avec qui il rompt, les unes après les autres. Jusqu’à la soixante-septième dont il tombe amoureux, c’est la bonne, il l’a dans la peau. Mais malheureusement elle, même si elle l’aime bien, ne ressent pas la même chose.
 


Maintenant parlons un peu de son écriture qui au contraire de l’histoire constitue l’originalité du livre. Tout d’abord, ce qui se rapporte au titre du livre, il rompt avec toutes ces filles non pas par texto mais par lettres. Et chacune de ces lettres présente une spécificité, un thème particulier. Par exemple nous avons le lettre de licenciement, la métaphore du train, celle de l’automobile, le vocabulaire hippique, celui des fleurs… Et chacune des zones du nom et de l’adresse correspond au ton de la lettre ; ainsi pour la lettre de licenciement nous avons :

 

« M. Hunt 3, Rue de la Période d’Essai 33000 Bordeaux et Melle R. Service des Amantes Déchues 5, Rue de la Promotion Canapé 33000 Bordeaux »

 

ou alors pour la lettre sur le langage SMS nous avons :

 

« M. Hunt 3, Rue de la Pierre de Rosette 33000 Bordeaux et Melle Mdr Ru du Daikodaje 33800 Lol-Sur-Mer ».

 

Ensuite on peut dire que Jonathan Hénault affectionne tout particulièrement le jeu de mots par exemple : « vivre à mes crochets, mais ça contrastait pas mal avec mes rêves de Peter Pan » ou alors «  Tu me permets, Woody, et j’espère qu’après ça tu ne l’auras pas mauvaise, Allen, de reprendre ta phrase à mon compte » . Puis, l’auteur aime jouer avec les mots, il crée notamment des mots valises ; ainsi on trouve : «  C’est du vécul, du déjà vulve, du rabalécher la pointe de leurs seins » ou alors « popcornichon » ou encore « anicruche ». On peut également remarquer le nombre de référence en tous genres que l’on peut trouver dans le livre ; cela va de Boris Vian à Hieronymus Bosch en passant par Jean Pierre Foucault ou Karl Kraus.

On peut noter aussi que l’écrivain aime jouer avec les rythmes et les sonorités ; on trouve ainsi de nombreuses allitérations. Par exemple : « Redoutable Redoute » ; « Il est dur ce D. Désinvolte. Détestable. Dommageable. Difficile à contourner. » De plus, pour accélérer le rythme, l’auteur fait de nombreuses énumérations : «  Intellectuel anarchisant, misanthrope grognon, élitiste emmerdeur, Calimero cynique et fort en gueule » ou alors « de Barbie Pouffiasse, de Barbie Suicide, de Barbie Intello, de Barbie Frigide, de Barbie Gamine, de Barbie Barbante ». Toujours dans cette idée de rythme on trouve dans le texte des passages entiers où les phrases sont composées seulement de quelques mots voire d’un seul. On peut citer : «  07h18.  Debout.  Chambre. Cuisine. Chambranle. Aïe. Café. Placard. Sucre. Pénurie. Stupide. Tant pis. Salle de bains. Miroir. Aïe. » Ou alors « Ego. Oim. Moi. » Enfin Jonathan Hénault utilise régulièrement des mots ou expressions de la langue anglaise : « confused », « over », « lover ».

Pour conclure, on peut dire qu’à la fin on ne sait jamais ce qui est de Jonathan ou de Nathanaël. Mais on peut dire que ce livre est un petit bijou pour les amoureux de la langue et que les Bordelais pourront reconnaître tous leur lieux préférés. Personnellement j’ai adoré, j’ai pu rire et grincer des dents sur le cynisme ambiant. Je le recommande vivement.


Nymphéa, 2ème année bibliothèques 2012-2013


Liens

Bijoux de famille facebook https://www.facebook.com/Editionsbijouxdefamille

Bijoux de famille, le site :

http://www.editionsbijouxdefamille.gandi-sitemaker.net/#/les-bijoux-de-famille/3885929

 

 

 


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