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29 mai 2013 3 29 /05 /mai /2013 07:00

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José Carlos SOMOZA
La Caverne des Idées
traduit par Marianne Millon
Actes Sud,

Lettres hispaniques, 2002
Babel, 2003






 

 

 

 

 

 

 

 

Quelques mots sur José Carlos Somoza

Écrivain espagnol, il est né à Cuba en 1959. Diplômé de psychiatrie et de psychanalyse, il exerce un temps avant de se consacrer entièrement à l’écriture. Il est membre d’honneur de « Nocte », l’association espagnole de la littérature d’horreur.

Ses influences « classiques » vont de « l’immortel Sherlock » à Dashiell Hammett, en passant par Raymond Chandler. Pour les auteurs modernes, il admire le travail de John Connolly, qui arrive à mélanger les genres.

Ses livres de chevet sont L’Espion qui venait du froid de John Le Carré et l’œuvre complète de Shakespeare.

Ses œuvres sont traduites dans plus de trente langues.



La Caverne des Idées

 

« Il existe en effet une vraie raison qui se dresse en face de celui qui aura l’audace d’écrire quoi que ce soit sur ce genre de questions, raison que j’ai donnée maintes fois, précédemment même, et de laquelle, semble-t-il, il y a lieu de parler encore à présent.

Pour chacune des réalités, les facteurs indispensables de la connaissance qu’on en obtient sont au nombre de trois, et un quatrième est la connaissance elle-même ; pour ce qui est d’un cinquième, il faut admettre que c’est, en soi, l’objet précisément de la connaissance et ce qu’il est véritablement. Premier facteur : le nom ; deuxième facteur : la définition ; troisième : l’image… »

PLATON, Lettre VII

 

Ce roman est l’une des œuvres les plus importantes de Somoza. Le titre fait référence au mythe de la Caverne et à la théorie des Idées, les deux piliers de la philosophie platonicienne.

C’est d’ailleurs dans la Grèce Antique que se déroule l’histoire principale … Principale ? En effet, Somoza n’a pas écrit une seule histoire, mais deux. Chose assez banale me direz-vous, mais l’auteur a réussi à intégrer une histoire dans l’histoire, une mise en abyme très réussie.

L’histoire centrale, La Caverne des Idées, est traduite tout le long du roman et le traducteur, lui, est le personnage principal de l’histoire parallèle, qui nous est narrée dans les notes de bas de page.

On commence donc une lecture que l’on pense simple ; le lecteur s’attend à un roman policier historique. En effet, un jeune éphèbe prénommé Tramaque est retrouvé mort. On pense d’abord à une attaque de loups mais Diagoras, le tuteur de Tramaque à l’Académie (école fondée par Platon) a des doutes et il fait alors appel à Héraclès Pontor, un déchiffreur d’énigmes.

Durant les premières pages, les notes du traducteur sont certes un peu gênantes (qui aime être interrompu dans une lecture captivante ?) mais la taille reste raisonnable (trois lignes maximum). Ce n’est que plus tard dans le roman que ce dernier commence à intervenir plus brutalement dans le récit, en donnant son avis et en se posant des questions sur le récit qu’il est en train de traduire. On comprend alors que le traducteur est partie intégrante du roman :

 

« J’implore donc le lecteur de ne pas être trop surpris si le dialogue entre Diagoras et ses disciples se poursuit comme si de rien n’était […] ».

 

Le traducteur, dont le nom n’est jamais mentionné, intègre même des dialogues entre lui et sa collègue de travail, Hélène. C’est à ce moment que la taille des notes de bas de page devient assez inhabituelle, trois pages minimum.

En continuant la traduction, il va faire une découverte capitale, qui est l’intrigue véritable de Somoza : l’eidesis. C’est une figure littéraire dont le but est de répéter des mots ou des expressions afin de transmettre une idée indépendante du texte lu. Le traducteur découvre alors que le secret « éidetique » est les douze travaux d’Hercule, un pour chacun des chapitres. Il devient obsédé par l’eidesis et cherche à tout prix à comprendre son sens véritable. C’est alors qu’un rebondissement nous prend complètement au dépourvu …

 

 

 

L’eidesis ou la théorie des Idées

Le sens caché du texte n’a qu’un but : nous faire réfléchir sur la théorie des Idées. Cette théorie, appelée également théorie des Formes, a été formulée par Platon, selon laquelle les idées ont une réalité indépendante du langage et dont le monde sensible n’est que le reflet. Le texte La Caverne des Idées, selon le traducteur, est la preuve parfaite de cette théorie. L’eidesis permet à tous les lecteurs d’accéder à une idée totalement indépendante du texte originel tout en restant universel car chaque lecteur (certes très cultivé) en arrive à la même idée.



Avis personnel

En commençant ce roman, on pense lire un roman policier, légèrement original car l’action se déroule en Grèce antique. Puis au long de la lecture, un lien commence à se tisser entre le lecteur et le traducteur. Chose assez étrange me direz-vous, un traducteur n’a pas à interférer dans l’histoire. C’est là que se trouve le « génie » de Somoza : faire du traducteur un personnage indispensable. Loin d’être dérouté, le lecteur est d’autant plus captivé par cette histoire si originale et si intéressante. De plus, le côté philosophique du roman n’est pas, contrairement à ce que l’on pourrait penser, accessible qu’aux grands philosophes. Le traducteur est le personnage par qui les choses nous sont expliquées. Et puis, un peu de philosophie ne peut que nous faire réfléchir sur les choses qui nous entourent, sur notre monde sensible.


Pour être brève, l’histoire est tellement originale (sans parler de la fin qui promet un vrai retournement…) que je ne peux que vous le recommander. Je me dois quand même de vous prévenir, ce roman demande un certain degré de concentration durant la lecture, mais cela en vaut vraiment la peine…



Céline, 2e année bibliothèques

 

 

 

José Carles SOMOZA sur LITTEXPRESS

 

Jose Carlos Somoza Clara et la pénombre BABEL

 

 

 

Article de Chloé sur Clara et la pénombre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Somoza-La-dame-n--13-copie-2.gif

 

 

 

Article de Camille sur La Dame n° 13

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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