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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 07:00

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Joyce Carol OATES
Confessions d’un gang de filles. Foxfire, 

Confessions of a Girl Gang
Dutton, 1993
Traduit de l’anglais
par Michèle Lévy-Bram
Stock,  janvier 2013
Stock, 1993


 

 

 

 

 

L’auteur

Joyce Carol Oates est aujourd’hui une grande figure de la littérature américaine contemporaine. Née en 1938 à Lockport dans l’état de New York, elle grandit dans une famille modeste et se passionne très tôt pour la littérature. Influencée par Carroll, les sœurs Brontë, Dostoïevski, Hemingway, et Faulkner, elle prend la plume dès l’âge de 14 ans. Elle commence à être publiée en 1964 mais c’est en 1970 qu’elle connaît son premier succès aux États-Unis avec le roman Eux, qui remporte le National Book Award.

Parallèlement Joyce Carol Oates mène une brillante carrière universitaire qui lui permet d’être professeur de littérature à l’université de Princeton dans le New-Jersey. Depuis 1978, elle fait partie de l’académie américaine des Arts et Belles-Lettres.


Auteur prolifique, elle publie également des ouvrages sous les pseudonymes de Rosamond Smith et Lauren Kelly.  Elle s’illustre notamment dans le roman mais elle est aussi l’auteur d’essais, de critiques et de recueils de nouvelles. Primée pour son roman Les Chutes, elle est sélectionnée trois fois comme finaliste du prix Pulitzer.



Dans Confessions d’un gang de filles, Oates nous plonge au cœur des quartiers populaires new-yorkais des années cinquante, et plus particulièrement dans la vie de cinq amies lycéennes en marge de la société. FOXFIRE, leur gang, naît de la volonté d’être ensemble, fortes, face à une société titubante, à leur famille trop respectable pour certaines, inexistante pour d’autres.

La haine est au centre de tous les esprits. Une haine des hommes plus particulièrement, provoquée par leurs expériences personnelles qui les poussent à s’en méfier. Pourtant Oates ne tombe jamais dans le cliché d’un féminisme aigu, elle dépeint justement une société où les femmes n’ont pas de place, étouffent, jusqu’à exploser, donnant naissance à une rébellion : FOXFIRE.

Mais Confessions d’un gang de filles, c’est également un hommage à l’amitié, celle de ces cinq adolescentes :
 

 

« Les membres de FOXFIRE étaient :

Legs, parfois surnommé « Sheena » : Margaret Ann Sadovsky. Notre commandante.
Goldie, parfois surnommé « Boum-Boum » : Betty Siefried. Notre premier lieutenant.
Lana : Loretta Maguire.

Rita, parfois surnommée « Red » (La Rouge) et « Fireball » (Boule de feu) : Elizabeth O’Hagan.

Maddy, parfois surnommée « Monkey » (Le Singe) et « Killer » (La Tueuse) : Madeleine Faith Wirtz. »

 

D’autres s’ajouteront à ce clan envié, mais les jeunes filles resteront très fermées aux autres jusqu’à s’exclure en voulant habiter ensemble, survivre par leurs moyens, chose très dure dans ce contexte historique.

En ce qui concerne la forme du texte et de la narration, c’est Maddy, dotée du « pouvoir des mots », comme ses sœurs le disent qui retrace les aventures de ses paires. Le livre est effectivement écrit en plusieurs parties, chacune d’elles étant divisée en plusieurs chapitres. Le texte est en réalité l’assemblage de souvenirs, d’événements importants de FOXFIRE, ceux qui vont définitivement marquer l’histoire du gang et donc leur vie.

Maison de redressement, vols de voitures, menaces à main armée, kidnapping, cette histoire hors du commun ne pouvait finir que comme elle avait commencé : dans la douleur. Joyce Carol dépeint la fureur de vivre et comme dans beaucoup de ses romans, le mal est toujours omniprésent, proche, là où on le l’attend pas. Ce texte  est empli d’émotions, de prises de conscience : nous suivons les héroïnes qui apprennent un peu plus tous les jours sur les vices des hommes, elles font tomber les masques, pointent les choses du doigt, dérangent et revendiquent liberté et justice. À travers leur histoire, Oates dresse le portrait de l’humain sous tous ses aspects, comme elle aime le faire, sans crainte de montrer la noirceur et le mal qui se cachent au fond de certaines âmes.  Confessions d’un gang de filles est une leçon, un roman d’apprentissage, autant pour elles que pour nous.

Fort de son succès, Confessions d’un gang de filles a été adapté au cinéma par Laurent Cantet, le réalisateur du film Entre les murs, en 2012.


Gallesio Laure, seconde année édition/librairie 2012-2013

 

 


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