Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
15 décembre 2012 6 15 /12 /décembre /2012 07:00

Jules-Barbey-d-Aurevilly-Les-Diaboliques.jpg

 

 

 

 

 

Jules Barbey d’AUREVILLY
Les Diaboliques (1874)
Dentu pour l’édition de 1874
et José Corti pour celle de 1961
Librairie Générale Française

pour la présente édition
Coll. « Les Classiques de Poche »
18ème édition, septembre 2009
Introduction, dossier et notes
par Pierre Glaudes

pour la présente édition.

 


 

 

 

 

 

 

 

 

Jules-Barbey-d-Aurevilly.jpgL’auteur

Jules Barbey d’Aurevilly était un écrivain français du XIXe siècle. Né en 1808 et mort en 1889, il fut romancier, nouvelliste, poète, critique littéraire, journaliste et polémiste. On rattache son oeuvre à des mouvements tels que tels que le romantisme, le fantastique, le surnaturalisme. Surnommé le « Connétable des lettres », il fut accusé d’immoralisme en raison de son recueil de nouvelles Les Diaboliques dont les thèmes principaux concernent le meurtre, la vengeance, l’amour extravagant. Les exemplaires des Diaboliques n’ayant pas encore été vendus à l’époque de sa sortie furent saisis et la publication de ce recueil valut à d'Aurevilly d’être traduit en justice ; le procès aurait eu lieu sans  l’intervention de Gambetta.

Pour plus d’informations sur Barbey d’Aurevilly, cliquer sur le lien suivant :
 http://fr.wikipedia.org/wiki/Jules_Barbey_d'Aurevilly#.C5.92uvres

 

Les Diaboliques, « un petit musée de ces dames »

Les Diaboliques est un recueil de six nouvelles dont la genèse dure vingt-trois ans entre 1850 et 1873. À l’origine, l’auteur souhaitait nommer le recueil Ricochets de conversation. La première nouvelle à voir le jour est « Le Dessous de cartes d’une partie de whist », publiée en 1850 dans le journal légitimiste La Mode. Suite à cela, Barbey d’Aurevilly se consacre à d’autres projets littéraires et ne reprend véritablement l’écriture des Diaboliques qu’en 1866. Les cinq autres nouvelles sont écrites entre 1866 et 1873. C’est également à cette période qu’il transforme le titre Ricochets de Conversation en Les Diaboliques. Une note de décembre 1866 nous apprend que le recueil devait à l’origine compter dix nouvelles.

Ci-dessous, les titres des nouvelles du projet de recueil en 1866 selon le « Dossier » de l’édition que je possède :Le Rideau cramoisi.

  1. Le Dessous de cartes d’une partie de whist.
  2. Le Plus Bel Amour de don Juan.
  3. Entre adultères.
  4. Les Deux Vieux Hommes d’État de l’Amour.
  5. Le Bonheur dans le crime.
  6. L’Honneur des femmes.
  7. Madame Henry III.
  8. L’Avorteur.
  9. Valognes.

Parmi ces nouvelles, quatre portent le titre qu’elles ont aujourd’hui et étaient achevées ou en préparation à l’époque de la note, à savoir « Le Rideau cramoisi », « Le Dessous de cartes d’une partie de whist », « Le Plus Bel Amour de don Juan » et « Le Bonheur dans le crime ». Pour ce qui est des six autres nouvelles qui n’avaient toujours pas été rédigées, deux feront partie du recueil mais avec des titres différents de ceux du projet de 1866. En effet, on suppose que « L’Honneur des femmes » deviendra « La Vengeance d’une femme » et que « Valognes » sera « À un dîner d’athées ». Les quatre nouvelles restant n’ont jamais été écrites.

Pour terminer, le but de ce recueil est de présenter la noirceur des femmes, le diabolisme qu’elles ont en elles, la force de la méchanceté qu’elles utilisent pour arriver à leurs fins… Cela fait l’unité du recueil. Si vous êtes un homme, après avoir lu ce recueil, chaque femme que vous rencontrerez vous paraîtra suspecte, vous vous remémorerez chacune des nouvelles des Diaboliques.

Dans cette fiche, je vais vous présenter l’un de ces diabolismes féminins, une diabolique qui a réellement existé même si l’histoire a été modifiée par l’auteur.

 

 « Le Rideau cramoisi »

Cette nouvelle raconte le souvenir d’un homme qui un soir, en prenant la diligence pour aller chasser le gibier dans les marais de l’Ouest, rencontre le vicomte de Brassard. Pendant leur voyage, la diligence s’arrête à cause d’un problème mécanique au niveau d’une roue et elle est contrainte de s’arrêter dans une rue de la ville de *** en attendant les réparations. Par la fenêtre de la diligence, le vicomte de Brassard et le narrateur aperçoivent une fenêtre à l’étage d’une maison qui dégage une lumière tamisée par un rideau cramoisi. Cette lueur, la seule de la rue, exerce une attirance malsaine sur les deux hommes, plus particulièrement sur le vicomte de Brassard qui vécut un jour à cet endroit. Il raconte alors son histoire au narrateur, les raisons de sa présence en ces lieux trente-cinq années auparavant, alors qu’il n’avait que dix-sept ans.

À cette époque, il fut nommé sous-lieutenant dans un régiment d’infanterie qui attendait l’ordre de partir pour l’Allemagne et dut se rendre dans la ville de *** pour rejoindre le bataillon dont il faisait partie. Il dut s’installer chez un vieux couple de bourgeois et après un semestre passé chez eux, il rencontra leur fille, Mlle Albertine appelée Alberte, un soir en se rendant au dîner. Cette Mlle Alberte revenait de son pensionnat et à la première vue de cette fille, le vicomte fut immédiatement stupéfait par l’air impassible et la beauté de cette diabolique.

Le mois qui suivit l’arrivée d’Alberte fut le début d’une longue et éprouvante souffrance pour le vicomte car ce nouveau dîner se déroula différemment des précédents. En effet, alors qu’il se préparait à souper, la main de Mlle Alberte prit la sienne par-dessous la table. Un étonnement inexprimable s’empara de lui. Le vicomte, qui n’avait jusqu’alors jamais vécu de relation avec une fille, dut se contrôler pour ne pas éveiller de soupçon chez les parents d’Albertine ; cette dernière comme à son habitude resta impassible. À la fin du dîner, le vicomte retourna dans sa chambre pour écrire un mot à cette Alberte, mot qu’il lui transmit au dîner du lendemain.

Il fut contraint d’attendre le dîner du lendemain pour recevoir sa réponse. Or, à ce dîner, Alberte ne fut plus installée à ses côtés mais désormais entre ses parents, tout en gardant son impassibilité habituelle. Commença alors le début d’une longue souffrance due à l’impossibilité de se retrouver en tête-à-tête avec Mlle Alberte.

Pendant un mois, le vicomte tenta désespérément d’attirer le regard de la diabolique mais en vain. Mlle Alberte réagit de la même manière que si le vicomte n’avait jamais existé. Mais un soir, alors que toute la maisonnée était censée dormir, le vicomte de Brassard ne trouvait guère le sommeil, bien trop perturbé par Albertine. Et alors qu’il dessinait la tête de cette fille, il entendit la porte de sa chambre s’ouvrir et aperçut la Diabolique qui tentait d’entrer discrètement dans sa chambre pour lui avouer ses sentiments, sentiments qu’elle avait été contrainte de cacher pour garder l’estime de ses parents. Il fut alors décidé qu’un jour sur deux, elle viendrait le rejoindre dans sa chambre sans que ses parents s’en aperçoivent mais un jour, l’habitude du jeune couple fut brisée. Quelque chose se passa, dans la chambre du vicomte, alors que tous deux étaient une nouvelle fois réunis secrètement. Cette situation mit le vicomte dans un embarras et une peur indescriptibles…

 

Mon avis

J’ai choisi de résumer cette nouvelle car elle est à mes yeux la plus passionnante des six. Pour commencer, le titre est déjà très énigmatique car un rideau, en l’occurrence, cache quelque chose. De plus, le fait qu’il soit cramoisi renvoie au sang, à la mort… Dans ce titre, il y avait donc quelque chose de secret et d’atroce…  Il suppose que le rideau renferme un terrible souvenir.

J’ai également aimé la nouvelle car la jeune fille est une diabolique différente des autres femmes du recueil. Ici, Albertine est poussée à être diabolique pour ne pas transgresser les règles de ses parents. Elle expose son amour ou tout simplement ses pulsions envers le vicomte de Brassard mais est contrainte de ne pas aller plus loin avec lui.

De plus, la nouvelle pourrait toucher tout un chacun par ce qu’elle fait ressentir. Le sentiment de rejet, la blessure émotionnelle, l’amour inassouvi sont les thèmes principaux abordés dans « Le Rideau cramoisi ». Ces blessures ont été normalement ressenties par chacun d’entre nous au moins une fois dans notre vie. On comprend alors parfaitement la tension du vicomte de Brassard face à cette terrible situation.

 Barbey-d-Aurevilly-Les-Daiboliques-manuscrit.jpgManuscrit des Diaboliques

Source :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Diaboliques_manuscrit2.jpg

 

 

Critique de l’œuvre

Dès le début de ma lecture, je fus immédiatement conquis par le thème principal du recueil. Les nouvelles sont intéressantes voire passionnantes pour certaines. Elles traitent  de sujets très différents les uns des autres mais ces sujets forment tout de même l’unité du recueil.

De plus, Barbey d’Aurevilly a un véritable talent descriptif, caractéristique que j’apprécie dans les romans et nouvelles de cette période littéraire. Les descriptions sont si précises que leur compréhension en devient complexe, à certains moments. Je veux évoquer plus précisément l’incompréhension des phrases faisant référence à des auteurs – entre autres – peu connus à notre époque, nécessitant le recours à des notes de bas de page. La compréhension des phrases n’est possible que par la lecture de ces notes. Mais tout de même, ces notes de bas de page constituent une richesse pour les lecteurs. Le recueil devient finalement une petite encyclopédie qui fait ressortir le lecteur plus « intelligent ».

En ce qui concerne les nouvelles, elles se présentent sous la forme d’un « monologue » d’un personnage témoin de l’événement constituant le thème de la nouvelle. Et qui dit « monologue » dit « peu de dialogue » comme dans « Le Rideau cramoisi » ou encore « Le Plus bel amour de don Juan ». Il est intéressant d’avoir un narrateur-personnage plutôt qu’un narrateur effacé. On a alors l’impression que ce narrateur-personnage nous raconte l’histoire en tête-à-tête. Cette situation permet une plus grande concentration et d’entrer dans la peau du récepteur, d’être présent avec le témoin.


Y. A., 1ère année bib.-méd.-pat.

 

 


Partager cet article

Repost 0
Published by Y. A. - dans Nouvelle
commenter cet article

commentaires

Recherche

Archives