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27 janvier 2010 3 27 /01 /janvier /2010 19:00
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Juli ZEH
La Fille sans qualités

traduit de l’allemand
par Brigitte Hébert
et Jean-Claude Colbus.
Actes Sud, 2007
Babel, 2008.


    



  








Intriguée par ce roman dont j’avais vu de nombreuses critiques élogieuses de la part des journalistes et des libraires, ce fut ma première lecture de l’année 2010.

L’auteur, allemande, est spécialisée en droit public international et a publié trois romans : L’Aigle et l’Ange (Belfond, 2004), La Fille sans qualités (Actes Sud, 2007) et L’Ultime Question (Actes Sud, 2008). Comparée à Bret Easton Ellis, elle est traduite en une trentaine de langues.

La fille sans qualités a reçu le prix Cévennes du roman européen. C’est un livre dense qui raconte l’histoire de deux adolescents solitaires et marginaux, Ada et Alev, élèves dans un lycée privé au cours des années 2000. Reflet d’une époque, ils incarnent une génération dénuée d’illusions sur le monde qui les entoure – dont le quotidien est fait de violence, d’attentats, de terrorisme – et auquel ils se sentent étrangers. Ils ne respectent pas grand-chose et semblent ne rien ressentir. Leurs armes sont une intelligence exceptionnelle, un pragmatisme implacable, un détachement hautain et un cynisme glacial qui leur confèrent une position inatteignable. S’autoproclamant enfants du nihilisme, ils consacrent leur intelligence diabolique à la réalisation d’un plan machiavélique dont la cible est l’un de leurs professeurs. Poussés par l’instinct de jeu (Spieltrieb, titre original), leur machination est comme l’occasion de vérifier et de mettre en pratique leurs sombres théories sur l’espèce humaine. Ada et Alev manipulent et utilisent les gens selon des lois mathématiques, s’amusant à forcer leur destin, les acculant au seul choix qu’ils leur octroient. Ils considèrent en effet l’existence et le reste de l’humanité à travers le pragmatisme rationnel,  scientifique et implacable de la théorie des jeux.


Mon impression générale sur ce roman reste indécise et assez mitigée. Intéressée par l’intrigue, j’ai cependant été déroutée et agacée par la multitude de longues réflexions (pseudo) philosophiques, les circonvolutions logiques et par les discours de sophistes que tiennent les personnages obsédés par une rhétorique brillante. Ce qui est frappant est le comportement totalement déshumanisé des deux adolescents : rien ne semble les atteindre, et même leur odieux chantage ne leur procure ni culpabilité ni satisfaction.

        
Acclamé par la critique, ce roman fataliste m’a paru exigeant et dérangeant par bien des aspects. Comme dans une implacable démonstration scientifique, l’homme est présenté comme un animal rationnel, indifférent et calculateur vivant dans un monde privé de valeurs, où même les notions de bien et de mal n’ont plus cours. Malgré quelques longueurs à mon goût, à essayer donc.

Léa, 2e année Ed.-Lib.

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