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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 07:00

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Julio CORTÁZAR
Les armes secrètes
Titre original
Las armas secretas, 1951,
traduction
de Laure Guille-Bataillon.
Gallimard, 1973


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Julio Cortázar est un écrivain argentin né le 26 août 1914 à Ixelles et mort le 12 février 1984 à Paris. Il est auteur de romans et de nouvelles touchant souvent au fantastique et à l'imaginaire, bien que dans son recueuil de cinq nouvelles Les Armes secrètes, l'auteur fasse preuve d'un réalisme criant. C'est en partie la raison pour laquel cette œuvre échappe à l’analyse et a longtemps dérouté ses lecteurs. L'auteur, esthète, intellectuel pur étranger à tout militantisme, va consacrer sa vie à la révolution et à la défense de valeurs et d'idées.

Son ouvrage se divise en cinq nouvelles, avoisinant les quarante pages (excepté pour « l'Homme à l'affût », qui en compte plus de quatre-vingts) :

— « Lettres de Maman », une nouvelle bouleversante évoquant un échange de lettres entre une mère et son fils cadet, lequel s'est marié avec sa belle-soeur suite à la mort de son frère. Après un mutisme long de deux ans au sein de la famille à propos de ce sujet, tout s'engrène quand le héros se rend compte que sa mère s'enfonce peu à peu dans une réalité qu'elle s'est créée, où son fils n'est pas mort et où sa belle-fille vient toujours lui rendre visite.

— « Bons et loyaux services », sur un ton plus léger, évoque les déboires d'une pauvre femme de ménage devant garder les chiens d'une riche bourgeoise durant la soirée qu'organise celle-ci. Elle y fait de nombreuses rencontres hautes en couleur, avant de se faire entraîner dans un complot très compliqué organisé par une poignée d'amis de la haute sphère. Ici, Cortázar esquisse une critique de la bourgeoisie, jouant de clichés à la manière de Chabrol, le tout sous un air de Comédie humaine rudement bien menée.

— « Les fils de la vierge » commence dans la plus pure tradition du thriller, mettant en scène un photographe chevronné prenant en photo un jeune adolescent et une femme mûre qui se rencontrent sur les quais de la Seine. Le garçon s'enfuit en courant, la femme désire prendre la photo, ce que le héros refuse. Ce dernier part faire développer le cliché, et le fait agrandir sur tout un pan de mur de son appartement miteux. La nouvelle prend alors une tournure radicalement différente, se focalisant sur l'imaginaire du photographe qui se perd dans un labyrinthe de pensées terrifiantes. Le récit a inspiré le film Blow-Up, d'Antonioni.

- « L'homme à l'affût », sûrement le pilier de ce recueil ; est une nouvelle de plus de quatre-vingts pages, retraçant la fin de vie d'un musicien de jazz, dépendant à l'alcool, aux drogues et aux femmes. Un portrait sublime qui nous renvoie dans un vieux Paris des années 50, où l'on assiste à la déchéance humaine, au doute des protagonistes, à la prison intangible du vieux musicien, à ses rêves brisés, à la douleur. Sûrement la nouvelle la plus poignante, la plus aboutie ?

— « Les armes secrètes » reviennent à un style plus classique, prenant plus en compte les codes de la nouvelle. Les personnages sont plus effacés par rapport à la situation donnée, une histoire d'amour entre un homme et une femme qui cache un terrible secret, qui ne désire pas être touchée. La fin est troublante, dérangeante. L'auteur se laisse même le luxe d'offrir une fin que le lecteur a toute la liberté d'interpréter à sa façon.



Les histoires racontées sont toutes très différentes dans Les Armes secrètes. Cortázar passe par plusieurs genres de la littérature, ses inspirations semblent nombreuses. On sent inévitablement la plume de Borges planer au-dessus de cette oeuvre, non seulement à cause de la brièveté des récits, mais aussi de leur intensité et de leurs univers si singuliers. Cette intrusion de l'insolite dans la réalité est énoncée dans un style concis, sobre, par des dialogues simples et réalistes. Une histoire de tous les jours qui peut tourner au drame va faire basculer l'ordre du quotidien dans un univers d'angoisse. Les armes secrètes, un univers décalé. Un monde situé entre le fantastique et le réel ; le recueil aborde différents thèmes qui sont la mort, la maladie mentale, le dédoublement de personnalité…

Chaque récit est un moyen de s’évader. Un moment pour oublier le réel parfois trop difficile. Dans ce recueil, mélange de pataphysique et de magie verbale, l’auteur expose ses armes secrètes, ses moyens de défense face à l’insupportable réalité.


Estéban, 1ère année Éd.-lib.

 

 

Julio CORTAZAR sur LITTEXPRESS

 

Julio Cortazar Cronopes et fameux

 

 

 

 

 

 

 

Article de Simon sur Cronopes et fameux.

 

 

 

 

 

 

julio cortazar fin d'un jeu

 

 

 

 

 

Article de Kevin sur « Les Ménades » in Fin d'un jeu.

 

 

 

 

 

 

 


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Published by Estéban - dans Nouvelle
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