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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 07:00

Cortazar-Octaedre.gif



 

 

 

 

 

 

 

 

 

Julio CORTÁZAR
Octaèdre (1974)

Octaedro

Traduction
de Laure Guille-Bataillon (1976)
Gallimard
L’Imaginaire

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Julio Florencio Cortázar Descotte (1914-1984) est un écrivain de nationalité argentine, auteur de romans et de nouvelles, établi en France en 1951 – suite à ses prises de posItion contre le gouvernement de Perón – où il a travaillé pour l’UNESCO en tant que traducteur. Il traduisit en espagnol Defoe, Yourcenar, Poe. Influencée par le surréalisme français et les œuvres d’Alfred Jarry et de Lautréamont, son œuvre se caractérise notamment par la nature contrainte de  ses romans, l’expérimentation formelle (qui lui valut une invitation des membres de l’Oulipo à se joindre à eux : il déclina l’offre, objectant qu’ils n’étaient pas un groupe engagé politiquement) et la grande proportion de nouvelles gravitant principalement autour des genres fantastique et surréaliste, comme nous pourrons le voir dans Octaèdre.

Une grande partie de son œuvre, écrite intégralement en langue espagnole, a été traduite en français par Laure Guille-Bataillon, souvent en collaboration étroite avec l’auteur : ce fut le cas d’Octaedro (Octaèdre), qui fut traduit en 1976 et en 1993.

Ce recueil intitulé Octaèdre, terme désignant un polyèdre à huit faces, comporte huit nouvelles qui, telles les huit faces de ce prisme, captent et réfractent la réalité quotidienne, lui attribuant des dimensions et un volume singuliers, aux aspects fantastiques

à travers

  • « Liliana pleurant », où un homme attend sa mort programmée à lundi ou peut-être mardi, et s’imagine son enterrement (son épouse Liliana cessera-t-elle de pleurer ?) ;
  • « Les pas dans les traces », où le sombre essayiste Fraga se lance dans une biographie presque malsaine de son mentor et double, le poète Claudio Romero, sur fond de préoccupations égocentriques teintées de bribes d’humour et de réflexions sur un monde littéraire fort élitiste ;
  • « Manuscrit trouvé dans une poche », où un infortuné un peu fou mais non moins obstiné s’entête à trouver l’amour en jouant à la roulette russe : jeu étrange de hasard consistant à suivre la femme dont le reflet dans la vitre lui adressera un sourire, si et seulement si cette dernière descend à la station qu’il aura préalablement désignée pour ce faire : nous voilà plongés dans la folie du narrateur ; va-t-il pouvoir suivre Margrit, ou Ana, son reflet ?
  • « Été », où dans la nuit un cheval blanc rôde autour d’une maison de campagne, passant et repassant derrière la baie vitrée, effrayant Mariano et Zulma.  Veut-il vraiment entrer ? Que va-t-il advenir ?
  • « Là, mais où, comment ? », poignant monologue sur le rapport à un Paco mort, mais pas si mort que ça, où l’on doute et finit par se plonger dans les délires métaphysiques du narrateur ;
  • « Lieu nommé Kindberg », où la mignonne Lina ensorcelle par sa jeunesse et sa fraîcheur le vieux Marcelo dans une chambre d’hôtel luxueuse au fin fond des montagnes – récit vif et haletant au style presque libre – ces deux-là vont-ils unir leurs destins ?
  • « Les phases de Severo », vieillard en transe, observé par  sa famille réunie, – étrange séance de spiritisme au demeurant naturelle pour l’assistance – où il distribue à chacun des indices sur leur mort à venir : vont-ils mourir bientôt ? Dans quel ordre ?
  • « Cou de petit chat noir », où deux paires de gants jouent sur la barre de la rame de métro, celles de Dina et Lucho, ballet étrange de mains presque autonomes ;


Julio Cortázar nous entraîne dans un univers en tension, baigné de mort et de mystère, et néanmoins ponctué de notes humoristiques et optimistes.

Dans ce recueil varié se manifeste une réalité détournée par le prisme du fantastique, toujours à travers des scènes de la vie quotidienne, une référence permanente au reflet et au miroir, et nombre d’éléments surnaturels (clairement acceptés par les personnages) faisant irruption dans ces univers clos.

Car en effet, un univers mystérieux et cloisonné empreint d’obscurité est relayé dans chacune des nouvelles : de la rame de métro à la chambre, lieu intime et singulier propice à l’interprétation et à l’imagination, Cortázar nous immerge dans son monde. C’est aussi le tableau dynamique de relations complexes entre les êtres ; unis et désunis, rassemblés ou séparés ; souvent voilées de mensonge, reflet déformé de leurs liens.

Enfin, dans chaque nouvelle réside l’idée de temps limité, où passé, présent et futur coagulent parfois. Cortázar nous dirige vers un espace-temps autre, centré sur l’imprévisible, le hasard et la coïncidence, en évoquant dans certains récits la figure de l’écrivain : entité qui crée la fiction, se fond dans les individus, imagine et donne une dimension propre aux mots et leur confère ainsi un volume singulier.

C’est aussi l’accent mis sur la variété formelle qui assure la profondeur et le volume d’Octaèdre : on y observe une alternance de points de vue très nette, d’une nouvelle à l’autre, un mélange de natures de récit (dialogues, narrations, monologues, etc.) donnant du relief au recueil, une ponctuation qui varie d’un récit à l’autre, tantôt calibrée tantôt absente, et ainsi une variété de styles et de chutes : entre rêve et réel, Cortázar expérimente des combinatoires narratives.


Raphaëlle Labarrière, 1ère année édition-librairie

 

 

Julio CORTAZAR sur LITTEXPRESS

 

Julio Cortazar Cronopes et fameux

 

 

 

 

 

 

 

Article de Simon sur Cronopes et fameux.

 

 

 

 

 

 

julio cortazar fin d'un jeu

 

 

 

 

 

Article de Kevin sur « Les Ménades » in Fin d'un jeu.

 

 

 

 

 

 

 

Julio Cortazar les armes secrètes

 

 

 

 

 

 Article d'Esteban sur Les Armes secrètes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Raphaëlle - dans Nouvelle
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