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25 janvier 2013 5 25 /01 /janvier /2013 07:00

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JUNG
Couleur de peau : miel
éditions Quadrant, 2007





 

 

 

 

 

 

 

Plus d’informations sur les éditions Quadrants ici.

Biographie de Jung sur le site Kwaidan.net

L’histoire commence dans les rues de Séoul, en Corée du Sud. Un petit garçon, Jun Jung-Sik, cinq ans, fait les poubelles pour trouver de quoi se nourrir. Il croise alors un policier qui l’emmène au grand orphelinat américain de Séoul, Holt. Il n’y restera que deux mois. En effet, un jour, il est adopté par une famille belge, côté wallon. Il découvre alors sa nouvelle famille qui se compose, en plus des parents, de trois filles et d'un garçon. Un événement viendra bouleverser sa vie d'enfant : l’adoption d’une nouvelle petite fille dans la famille, une Coréenne. Il voit cela comme un affront et, dans un premier temps, ne l’accueille pas comme il conviendrait. Mais Jung est un garçon gentil et finit donc par la considérer comme un membre de la famille. C'est un enfant doux, mais très « filou », qui fait beaucoup de bêtises, entraînant à sa suite son frère et ses sœurs.

Toutefois, Jung nous explique les relations difficiles qui existent entre lui, l’enfant adopté, et son entourage. Des rapports parfois conflictuels, particulièrement avec sa maman. Il la voit comme une personne très dure et même cruelle. Un jour, par colère, celle-ci qualifie même Jung, son fils adopté, de pomme pourrie dans un seau de pommes mûres. Cet épisode marque Jung mais il ne lui en voudra jamais et l'aimera malgré sa froideur et son amour mal exprimé à l'égard de ses enfants.
 
Des souvenirs et des questions incessantes lui sont constamment adressées : d’où viens-tu ? Qui sont tes parents ? Pourquoi ta mère t’a-t-elle abandonné ?... Le poids de ces questionnements sur le déracinement, les crises d’identité est omniprésent et révèle les sentiments de Jung.

L'auteur montre que l’adoption est quelque chose de très subtil, qui n’a rien de facile pour qui que ce soit. Ce récit n’est pas du tout mélodramatique ; bien au contraire, il est plein d’humour, bien que le thème ne soit pas forcément très drôle ; il évoque avec tendresse ses souvenirs d’enfant, notamment ceux qu’il partage avec son frère et ses sœurs, et montre le combat que mène avec ténacité un enfant face à ses doutes, ses choix et pour son intégration. L’auteur dira lui-même lors d’un interview :

 

« Je voulais rendre ce petit garçon attachant, que le lecteur ait envie de passer du temps avec lui. Certes, il est grimaçant, moqueur, tendre, triste parfois, mais extrêmement humain finalement. ».

 

L’auteur a utilisé l’humour et la dérision bien que ce soit sa propre histoire, il a pris beaucoup de recul en écrivant cette histoire « en imaginant que c’était celle d’une autre personne ».

On trouve dans cette autobiographie des éléments nous expliquant comment se déroule l’adoption d’orphelins coréens, des informations concernant son pays d'origine. L’abandon en Corée est présenté par Jung comme un élément culturel. La séparation fait partie de l’histoire de la Corée. Il y a tout d’abord eu l’occupation japonaise pendant trois décennies, puis la guerre de Corée (1950-1953) et la séparation entre le Nord et le Sud.

De nombreux enfants sont nés de mère coréenne et d’un père soldat américain ou européen, si bien que ces enfants étaient considérés comme des enfants « illégitimes ». Les droits des femmes étant peu respectés, elles n'avaient d'autre choix que d'abandonner leur enfant. Aussi non seulement pour des raisons raciales mais également économiques, les femmes n'ayant pas d'argent pour subvenir aux besoins de leur nouveau né abandonnaient-elles leur enfant dans l'espoir qu'il soit retrouvé et adopté. Plus de 200 000 enfants coréens sont disséminés à travers le monde depuis la fin de la guerre de Corée. Le peuple a énormément souffert et les familles continuent de vivre avec cette douleur de la séparation...


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La façon dont le récit est raconté nous donne l’impression que Jung s’adresse directement à nous. En effet, à plusieurs reprises l’enfant nous regarde droit dans les yeux ; les siens sont parfois tristes, parfois pleins d’inquiétude... Les émotions sont si bien transmises qu’on en vient à verser quelques larmes.

La bd est entièrement en noir et blanc, les dessins sont comme dessinés au crayon et déposés tels quels dans le livre. La priorité est clairement donnée à la narration.

 

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Et parfois, c’est l’auteur, devenu adulte, que l’on voit en train d’écrire ou de se promener. C'est en quelque sorte un retour dans le présent.

Ce récit ne se veut pas moralisateur, accusateur ; non, l’auteur avait un but bien plus noble :

 

« Dans Couleur de peau : miel ce qui a été difficile, c’était de ne pas rentrer dans le piège de l’autobiographie à l’eau de rose qui se contemple le nombril en se lamentant. Je ne voulais pas de ça ! Pas de misérabilisme était ma seule contrainte. Ce qui ne veut pas dire que le lecteur ne peut pas être ému ou touché par cette histoire. Il ne faut pas confondre misérabilisme et émotion ! J’aimerais que les lecteurs soient touchés, émus par ce petit garçon de 5 ans, qu’il les interpelle, qu’il les amuse, qu’il les fasse rire et, idéalement, qu’il les fasse réfléchir. »

 

L’auteur a voulu que le livre soit « porteur d’une énergie positive » dans le but non pas de décourager les adoptants mais plutôt de leur expliquer que la démarche peut se révéler ingrate, compliquée, pour eux et pour l’enfant.



Avis personnel

Ce qui m’a beaucoup touchée, c'est de voir l’histoire à travers un petit garçon sans défense qui débute dans la vie et qui déjà doit faire face à des choix et des difficultés qu’aucun enfant ne devrait connaître. Toutefois, Jung ne se plaindra jamais, ni ne souhaite qu’on le plaigne, il se considère même comme chanceux d’avoir été adopté.



L’adaptation audiovisuelle de Couleur de peau : miel

Laurent Boileau, tombé sous le charme de l’histoire poignante de Jung, a décidé de s'engager dans l’adaptation audiovisuelle de Couleur de peau : miel. Le tournage a été fait à Séoul et des séquences ont été directement inspirées de la bande dessinée. En fait, Approved for adoption (titre du film) mêle reportages et séquences d’animation de la bd…

Le film a remporté le prix du Public et le prix UNICEF au Festival d'Annecy cet été en juin 2012. En France, il est en salle depuis le 6 juin et depuis le 13 juin en Belgique.

Le film évoque, tout comme le livre, l’histoire méconnue de l’adoption internationale coréenne.

Site officiel :  http://www.kwaidan.net


Lydie D, 2ème année bibliothèques-médiathèques 2012-2013

 

 


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Published by Lydie - dans bande dessinée
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