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10 juillet 2011 7 10 /07 /juillet /2011 07:00

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Ken Grimwood
Replay
Titre original : Replay
Traduit de l’anglais (Etats-Unis)
par Françoise et Guy Casaril
Seuil, avril 1988
Collection Points

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ken-Grimwood.jpegKen Grimwood

 Auteur de fiction américain né à Dothan en Alabama. Ayant étudié à l’université d’Emory, il travaille dans les années soixante avec l’éditeur de fictions d’horreur EC Comics et touche au photojournalisme. Il étudie aussi la psychologie à l’université de Bard à New York et apporte sa contribution à un court-métrage, L’Observateur, en 1969. Il écrit ses premiers romans alors qu’il est rédacteur en chef de la radio KFWB News de Los Angeles mais le succès qu’il obtient avec son roman Replay, récompensé par le « World Fantasy Award » lui permet de se consacrer entièrement à ses projets de romans. Ses thèmes de prédilection tournaient autour de l'affirmation de soi, du contrôle de sa vie, de l’espoir et de concepts métaphysiques.



Replay

Jeffrey Lamar Winston ne s’attendait pas du tout, quand il mourut d’une crise cardiaque le 18 octobre 1988 à 13h06, à revenir en 1963 dans sa chambre d’étudiant à l’université d’Emory où il fit ses études 25 ans plus tôt. Alors âgé de 18 ans, mais avec la mémoire intacte de son ancienne vie, il se dit que c'est pour lui une nouvelle chance de ne pas refaire les erreurs qu’il a commises dans son autre vie. Voulant alors changer les choses, il arrête ses études et fait des paris sur des courses de chevaux. Avec l’argent amassé, il bâtit un empire financier puissant et tente d’éviter l’assassinat de Robert Kennedy mais sans succès. Il se marie et a une fille, Gretchen. Quand le jour fatidique de sa mort arrive, il s’y prépare et croit sincèrement qu’il restera en vie cette fois…Monumentale erreur…

Et le revoilà en 1963 dans sa vieille voiture avec sa petite-amie du moment, Judy, regardant un film d’Hitchcock. Il comprend alors que tout ce qu’il a pu construire dans sa dernière vie a été effacé y compris sa fille Gretchen qui maintenant n’existe plus que dans son souvenir. Et plusieurs fois la chose se produit. Et aucun moyen de changer la donne. Jeff est condamné à revivre la vie qu’il avait de 1963 à 1988. S’assurant un avenir matériel à chaque fois grâce aux courses de chevaux et aux tournois de baseball, il cherche des réponses sur la situation qu’il vit et vit et revit encore et encore. Il rencontre de nombreux personnages tels que Sharla Baker, qu’il verra dans deux de ses « replays » et qui l’entraînera sur le chemin du vice et de la perdition mais Jeff ne se laissera pas longtemps berner. Il ira dans différents pays, surtout en Europe. Il se mariera avec sa petite amie de la fac, Judy mais ne voudra plus jamais engendrer d’enfants à cause de la douleur de les perdre à chaque fois.

« Pour la première fois dans sa longue vie brisée, il comprit pleinement la lamentation de Lear pour Cordélia :

…car tu ne reviendras

Jamais, jamais, jamais, jamais, jamais. »

Il rencontrera Pamela, autre « répétitrice », une fois médecin, une autre fois productrice d’un film, Starsea, coproduit par Steven Spielberg dans lequel elle souhaitait faire comprendre au monde le phénomène qu’elle vivait. Avec elle, Jeff se rendra compte que ses « replays » se feront de plus en plus tard, raccourcissant ainsi le temps de chaque vie qu’il vivra. Ils tenteront au début, de vivre uniquement l’un pour l’autre puis l’idée de rechercher d’autres personnes dans leur situation leur permettra de trouver un « répétiteur » fou à lier, Stuart McCowan, persuadé qu’il est sur une scène de théâtre pour amuser des extra-terrestres.

« – Par qui ? Par quoi ? Par Dieu ? Toute cette affaire n’a fait que me renforcer dans mon sentiment, qui était aussi celui d’Albert Camus : si Dieu existe, je le méprise.

– Appelez ça Dieu, Atman ou comme il vous plaira. Vous connaissez la Gita :

L’esprit qui se ressaisit ouvre les yeux

A la connaissance de l’Atman,

Qui est nuit noire pour ceux qui ne savent pas.

Ceux qui ne savent pas ouvrent les yeux.

À la vie de leurs sens,

Qu’ils prennent pour la lumière du jour :

Pour celui qui voit, ce n’est que ténèbres. »

 

Dans une autre vie, Pamela et lui tenteront de faire bouger les différents organismes savants et de recherche et tomberont ainsi sous le joug du gouvernement et de Monsieur  Hedges, enquêteur de la CIA et intéressé par les prédictions que ces deux personnages peuvent faire sur l’avenir du monde. Prisonniers, seule la mort peut adoucir leurs peines et les renvoyer encore une fois au point de départ qui se déplace petit à petit dans le temps. Ils semblent revivre leurs vies propres mais au ralenti et en plusieurs cycles. Ils se rencontrent donc à plusieurs stades de leurs vies respectives, ne comprenant toujours pas ce qui leur arrive.

 

« Juste avant que la lumière disparaisse, il lui murmura quelques mots à l’oreille, un vers de Blake :

–         "Voir un monde dans un grain de sable et un paradis dans une fleur sauvage."

Elle lui prit les mains et termina la citation à mi-voix :

–        "Tenir l’infini dans la paume de sa main et l’éternité en une heure." »



Avis personnel

L’idée que certains d’entre nous revivent un morceau de leur vie passée me terrifie et me fascine en même temps. Le concept est intéressant dans le sens où il suggère une multitude de réalités intercalées dans la nôtre car quand on quitte une vie, en réaliser une autre ne signifie pas que la première ne continue pas sans nous.

Fascinée par cette chance artificielle que « les replays » permettraient de ne plus faire d’erreurs ou du moins de les éviter le plus possible et le fait aussi que grâce à eux, il serait possible de revoir des personnes qui ont aujourd’hui disparu.

Et terrifiée à l’idée qu'à chaque cycle, tout serait perdu et à refaire. On peut retrouver ici le mythe, raconté dans l’Odyssée, de Sisyphe qui, pour avoir osé défier les dieux, fut condamné à faire rouler éternellement, dans le Tartare, un rocher jusqu'en haut d'une colline dont il redescendait chaque fois avant de parvenir à son sommet. Revivre sans fin un morceau de sa vie peut blaser au début et rendre fragile mentalement à la fin.

Mais même en sachant cela, les personnages de ce roman continuent à répéter leurs vies, profitant à chaque fois du temps qu’ils savent compté et fini.

J’ai adoré ce livre pour ces deux aspects et aussi parce que le fin mot de l’histoire, selon ce que j’en ai compris, est «carpe diem ».

 

Alice L., 1ère année Bib-Méd.

 

 

 

 

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