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12 août 2012 7 12 /08 /août /2012 07:00

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Kéthévane DAVRICHEWY
Les Séparées
Sabine Wespieser, janvier 2012









 

 

 

 

 

 

Biographie

Kéthévane Davrichewy est née à Paris en 1965 dans une famille géorgienne. Son enfance est marquée par les souvenirs et l’expérience de l’exil qu’ont vécue ses grands-parents. Après des études de lettres modernes, de cinéma et de théâtre, elle a travaillé pour différents magazines et écrit aussi des scénarios de films.

Après de nombreux ouvrages pour la jeunesse à l’École des loisirs et un premier roman en 2004, Tout ira bien, elle a publié en 2010 chez  Sabine Wespieser éditeur La Mer Noire qui a remporté plusieurs prix et a été traduit en allemand, en italien en néerlandais et en suédois.

 

Kéthévane Davrichewy sur le site de Sabine Wespieser.

 

 

 

Prix littéraires

Prix Landerneau : pour La Mer Noire

Prix Le Prince Maurice pour La Mer Noire

Les Séparées ont été sélectionnées pour le prix des lecteurs de l’Express 2012.



Résumé

« Quand s’ouvre le roman, le 10 mai 1981, Alice et Cécile ont seize ans. Trente ans plus tard, celles qui depuis l’enfance ne se quittaient pas se sont perdues. Alice, installée dans un café, laisse vagabonder son esprit, tentant inlassablement au fil des réflexions et des souvenirs, de comprendre la raison de cette rupture amicale, que réactivent d’autres chagrins. Plongée dans un semi-coma, Cécile, elle, écrit dans sa tête des lettres imaginaires à Alice.

Tissant en une double trame les décennies écoulées, les voix des deux jeunes femmes déroulent le fil de leur histoire. Depuis leur rencontre, elles ont tout partagé : leurs premiers émois amoureux, leurs familles, leur passion pour la littérature, la bande-son et les grands moments des « années Mitterrand ». Elles ont même rêvé à un avenir professionnel commun. » (Présentation de l’éditeur).

 

 

 

Analyse

 

Ce roman à double-voix raconte la sublime histoire d’amitié qui lie Cécile et Alice. Les deux protagonistes, chacune à sa manière et surtout de son point de vue, retracent leur vie à deux et leur solitude quand elles se sont perdues. Chaque chapitre est un petit bout de vie des deux jeunes femmes, un moment où elles étaient encore ensemble, unies. La partie de leur vie dans laquelle elles sont seules est très vite relatée, voire occultée. L’œuvre s’attache à montrer la douleur que provoquent le manque et la solitude vis-à-vis d’un être cher qu’on a élu et choisi pour entrer dans sa vie.

Cette remontée dans le temps s’effectue au fil d’un magazine qu’Alice est en train de lire et qui retrace les années Mitterrand d’un point de vue culturel et économique. Chaque fait évoque un souvenir pour Alice et correspond à un chapitre du livre, à un sentiment ou un événement marquant de sa vie. Les références littéraires et musicales ne manquent pas. Les jeunes femmes font partie de la génération née juste après mai 1968, de ceux qui n’ont pas vraiment de causes pour lesquelles se battre comme leurs parents ont pu en avoir mais qui rêvent tout de même et se passionnent pour les arts quels qu’ils soient, cette passion ayant été permise par la révolution de mai 1968. Des vers de Baudelaire lus au fond du grenier pendant les vacances scolaires aux poèmes de Hugo reliés à la mort de Philippe, le frère de Cécile, les deux « presque » sœurs vivent leurs vies au rythme de la poésie et de la littérature. D’ailleurs, le livre est entrecoupé de la même façon, des vers, des phrases ou des couplets de chansons viennent interrompre la lecture pour intégrer le lecteur au récit.

« Un jour, nous étions chez toi et attendions Philippe. Tu t’es penchée à la fenêtre pour le guetter. Pour se moquer, ton père a fait mine de jouer du violon, a fredonné la chanson de Dalida :

J’attendrai le jour et la nuit

J’attendrai toujours ton retour »



Enfin, il est possible de trouver dans cet ouvrage une certaine dimension autobiographique. En effet, Alice est issue d’une famille modeste avec un profond héritage d’immigrés. Ses grands-parents ont immigré en France pour fuir le nazisme :

« Leurs ancêtres avaient survécu à des guerres, des génocides. Leurs parents s’étaient rencontrés et accrochés l’un à l’autre dans un seul but : fonder une famille ».

Il est possible d’imaginer que l’auteure s’est inspirée de sa propre vie et de son expérience pour créer le personnage d’Alice. Par conséquent, quand Alice parle de sa famille et de ce qu’elle ressent par rapport à son héritage, nous pouvons tout à fait imaginer que c’est alors Kéthévane Davrichewy qui parle, c’est une autre manière de voir la polyphonie dans ce roman.

« Ce n’était rien. Le temps passait. Rien. Un débordement d’amour. » Ainsi se termine le roman qui laisse le lecteur dans la confusion et l’attente d’une réponse, un mot ou un élément qui nous permettrait d’imaginer la fin ou la renaissance de cette sublime histoire d’amitié.


Marlène, 2ème année édition-librairie

 

 

 

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