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17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 07:00

Image-1---NANANAN-Kiriko---Amours-blessantes.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Kiriko NANANAN
Amours blessantes
traduit du japonais

par Corinne Quentin
avec la collaboration

de Naomiki Satô
Éditions Casterman
Collection Sakka auteur, 2008

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Image-2.jpgBiographie

Kiriko Nananan est une mangaka japonaise née le 14 décembre 1972.

Kiriko Nananan a commencé à publier en 1993 dans la revue Garo. Il s'agit d'une revue mensuelle japonaise de manga qui a été fondé en 1964. Cette revue est spécialisée dans l'underground et les œuvres d'avant-garde ; elle a joué un rôle déterminant dans l'histoire du manga d'auteur et a énormément contribué à la découverte de nombreux mangaka comme Yoshiharu Tsuge, par exemple, qui est aujourd'hui considéré comme le créateur du manga autobiographique. La revue Garo a arrêté sa publication en 2002 suite au départ de nombre de ses auteurs qui ont fondé de leur côté une nouvelle revue sur le même principe : AX.

D'après Kiriko Nananan, c'est grâce, en grande partie, à sa participation à la revue Garo qu'elle a pu « découvrir son goût personnel » (propos recueillis lors d'un entretien entre Kiriko Nananan et Benoit Peeters, traduit par Corinne Quentin à Tokyo en septembre 2004 pour le compte de l'École Européenne Supérieure de l'Image).

Kiroko Nananan est également parfois associée au mouvement « la Nouvelle manga » qui a été créé par le Français Frédéric Boilet en 2001. L'objectif étant de regrouper des auteurs de bandes dessinées français et des auteurs de mangas japonais pour permettre un rapprochement artistique entre les manga et la bande dessinée européenne et plus particulièrement française.


L'œuvre de Kiriko Nananan, traite essentiellement des tourments de la jeunesse japonaise et plus Image 3 - Okazaki Kyoko -Pinkparticulièrement des jeunes femmes. L'auteur Okazaki Kyoko l'a énormément influencée et a été pour elle le véritable déclic dans les sujets qu'elle voulait traiter mais également dans son style de dessin.

« Habituellement, dans les revues de mangas pour filles, il faut se soumettre à toutes sortes de contraintes. Par exemple, il ne faut pas dessiner de scènes érotiques, pas de scènes avec des baisers ou du moins pas de baisers profonds. Ou encore il faut que les personnages de filles soient sages. Il y a tout un ensemble de choses à respecter et ça ne me convenait pas du tout. Et c’est justement alors que je me posais beaucoup de questions à ce sujet que j’ai découvert Okazaki Kyoko. Bien que ce soit une manga écrite par une femme, elle était libre. C’est grâce à elle que j’ai pu décider de faire moi aussi ce que j’avais envie de faire. » (entretien entre Kiriko Nananan et Benoit Peeters)
 


Amours blessantes

Amours blessantes est un recueil publié au Japon en 1997 et en France en 2008. Il se compose de 23 nouvelles très courtes : en effet presque toutes font quatre pages sauf « cet après midi-là » qui en fait 6 et les deux dernières nouvelles « Amours Blessantes suites » et « Première fois » qui font 8 pages.

Il y a des personnages qui se retrouvent d'une histoire à l'autre.


Les thèmes le plus souvent abordés sont les sentiments et la sexualité de le jeunesse japonaise et en particulier féminine.
image 4
Ce recueil présente des contrastes au niveau de la personnalité des personnages : soit ils sont en proie à un doute total, soit il sont très sûrs de ce qu'ils font et peuvent changer complétement de façon de penser, de façon de vivre.

Chaque histoire représente un moment précis de la vie d'un personnage et est rédigée à la première personne. On parvient à connaître les pensées des différents personnages grâce aux notes qui sont hors-champ et contrastent avec la violence des propos des personnages.

Ce qui est très intéressant dans ce recueil est que Kiriko Nananan parvient à placer les hommes au même niveau que les femmes : les mêmes interrogations, situations, choix de vie. Il n'est pas dans les habitudes de Kiriko Nananan de faire des hommes les personnages principaux. Par exemple les nouvelles « Heavy and pop » et « Heavy and pop, version fille » racontent une même situation mais avec un garçon comme personnage principal puis une fille.

Le vocabulaire est très direct, très cruel, « vrai ».


Dessin

Le style de Kiriko Nananan est un style très dépouillé, quasi minimaliste. Le dessin apparaît au lecteur comme lisse avec seulement des aplats de couleur noire.
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Les plans sont également très singuliers : alternent des vues d'ensemble avec des gros plans sur les visages, des détails, ou des plans complètements décalés. Cela vient du fait que Kiriko Nananan travaille chaque case comme s'il s'agissait d'une illustration à part entière, qui pourrait être séparée du reste de la planche. Il y a une très grande réflexion de sa part sur la position de chaque détail.
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Malgré cela la page doit être vue dans son ensemble et cette vue d'ensemble est également prise en compte par Kiriko Nananan pour créer une sorte d'équilibre entre les deux.
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Même si les sujets traités sont assez sensibles les dessins présentent une certaine forme de pudeur.

L'œuvre tend également à plus de sensibilité grâce aux mots qui sont hors-champ, sans illustration et nous permettent de connaître la pensée du personnage de la nouvelle. (image


Le style de dessin de Kiriko Nananan pourrait être comparé à celui du dessinateur italien Guido Crepax dans son utilisation du noir et blanc.

Guido Crepax


Margot, 1ère année Bib.-Méd.-Pat. 2010

 

 

Une librairie de référence pour la littérature japonaise : SHOTEN.

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Published by Margot - dans bande dessinée
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