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23 décembre 2009 3 23 /12 /décembre /2009 19:00
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KOIKE Mariko
Je suis déjà venue ici

traduit du japonais
 par Karine Chesneau
Philippe Picquier, 2008

 






« Le Mystère de l’Amour est bien plus grand
que le Mystère de la Mort… » Oscar Wilde







koike-mariko

Koike Mariko, née en 1952 au Japon, est l’auteur de beaucoup de romans à suspense psychologique. Ecrivaine reconnue, elle a reçu le prix du roman policier en 1999 pour Les amis de l’épouse, et le prix Naoki pour Amour. En France, c’est son roman Le chat dans le cercueil qui rencontrera un grand succès auprès du public. Tout comme Yoko Ogawa et Haruki Murakami, elle s’inscrit dans la nouvelle génération d’écrivain japonais.



Une femme quitte son emploi pour se mettre au service d’un vieil homme et ainsi tentera de retrouver sa jeunesse perdue à travers le désir charnel. Une relation ambiguë se crée entre un homme et la femme qu’il séquestre, la voix de cette dernière possédant un pouvoir aphrodisiaque aussi puissant que mystérieux. Un couple d’amants, lors d’une visite au cimetière,  se retrouve face aux anciennes générations qui elles aussi avaient cédé à l’adultère…

Autant de récits d’amour et de passion nous sont contés à travers l’expérience de personnages anonymes. Nous n’apprenons pas à les connaître en profondeur ; l’auteur nous offre des instants, elle capture des moments de vie significatifs. L’important n’est pas leurs identités, mais plutôt la beauté des leurs relations fondées sur la sincérité et ce que l’on pourrait nommer l'amour
« réel ». Koike Mariko remet en cause les valeurs traditionnelles japonaises,  l’importance du mariage ou encore de la famille. La liberté semble être le mot d’ordre. Sans faire l’apologie de ces adultères, elle semble vouloir nous dire : allez-y, aimez, que vous soyez vieux, marié, laid ou beau, peu importe !

Ces nouvelles sont construites en  petits paragraphes,  parsemés de dialogues, permettant une lecture calme et aérée. La force de ce style est aussi dans la fluidité créée grâce aux métaphores omniprésentes de la nature, de la faune et de la flore. Une vraie poésie émane de ce recueil où tout les sens du lecteur sont sollicités : on sent la floraison des cerisiers, on entend le vacarme des bouchons à Tokyo, on touche les cheveux, la bouche et les  mains des amants. Au fil des nouvelles, cette écriture nous permet d’enter pleinement dans cet univers et de nous laisser submerger par ces histoires. Les impressions, les sensations nous emmènent au cœur de ce Japon où l’amour est éternel. Parfois, une dimension presque fantastique ou métaphysique est perceptible (la voix d’une femme peut-elle réellement avoir le pouvoir de subjuguer un homme ? Les seules pensées ont-elles le pouvoir de nuire à notre entourage ? La licorne se serait-elle réincarnée humainement ? ) ajoutant une touche de mystère à cette œuvre.

Ce recueil se compose de onze nouvelles formant une unité. Les traits de caractère des personnages se retrouvent, les lieux se ressemblent, l’atmosphère demeure la même. Koike Mariko nous offre une œuvre dépaysante : son appréhension du monde est différente de la nôtre. Elle nous offre une perspective sur la société qu’il est impossible de retrouver dans les œuvres
européennes
contemporaines. La douceur et la poésie règnent dans son univers. Mais attention, il ne faut pas s’y méprendre, si vous aimez les histoires fleur bleue ou à l’eau de rose ce n’est pas dans ces nouvelles que vous trouverez votre bonheur ! Ici, vous allez feuilleter une sorte d’album-photo contenant les clichés des instants les plus intenses de vie de Japonais anonymes.

Laura, 1ère année Ed.-Lib.

Voir également l'article d'Emeline.

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Published by Laura - dans Nouvelle
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