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29 décembre 2009 2 29 /12 /décembre /2009 07:00
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Kurban SAÏD
Ali et Nino
J’ai lu, 2006













L'auteur


 Muhammad Essad-Bey, plus tard connu sous le nom de Kurban Saïd,  est né à Bakou, capitale de l’Azerbaïdjan, en 1905. Son père était un industriel du pétrole, sa mère une bolchevique, d'origine russe, qui a pris part aux activités de la gauche révolutionnaire.

Essad-Bey écrit ses œuvres en allemand, langue qui lui fut transmise par la gouvernante allemande qui s’occupait de lui après la mort précoce de sa mère. Après la révolution d’Octobre, Essad-Bey et son père émigrent en Allemagne.
   
   
Dès les premiers écrits de l'écrivain se manifestent les traits caractéristiques de l’ensemble de son œuvre, en particulier un humour teinté d’ironie envers les coutumes et les préjugés qui accompagnent la vie de ses compatriotes.

Avec la consolidation du régime fasciste en Allemagne, la vie d’Essad-Bey est soumise à un danger réel. Pendant plusieurs années, bien qu’on puisse voir sa photo sur le frontispice de ses livres, l’écrivain publia ses romans sous le nom d’une certaine baronne Elfriede von Bodmershof afin de cacher son nom aux yeux de la censure pro-fasciste. Ainsi, l’auteur a réussi à sauver le roman des autodafés.

 L’écrivain est décédé prématurément suite à une maladie grave, à l'âge de 37 ans, en Italie, dans la ville de Positano.
   
Tous ces éléments ne constituent qu'une version de la vie de Muhammad Essad-Bey, qui a utilisé plusieurs pseudonymes : Kurban Saïd, Léo Noussinbaum, ou  Yusif Chemenzemenli. Aujourd’hui la vie de l'écrivain est encore mystérieuse, les hypothèses sont nombreuses et les chercheurs essaient de l’élucider. Le destin de cet auteur pourrait donner lieu à l’écriture d’un opus historique. Cependant, notre but ici n'est pas d’étudier sa biographie détaillée mais d’introduire ce roman aux lecteurs.

Le roman Ali et Nino

Il peut sembler surprenant qu’une œuvre si populaire aujourd’hui soit restée si longtemps méconnue du grand public.

L'action se déroule à Bakou sur fond d'événements historiques. Ali Khan Schirwanschir, le personnage principal du roman, est étudiant à l’école impériale russe. Fils d'un riche propriétaire terrien, il est amoureux de la jeune géorgienne Nino, dont il n'ose pas demander la main aux parents par peur d’un refus. De plus, Ali est indécis en raison de son appartenance « au monde de l'Asie », car Nino, qui appartient à la culture chrétienne, est l'incarnation de la «civilisation européenne». Bientôt sur la scène apparaissent deux amis d’Ali, Seyd Mustafa, musulman radical, et Nachararjan, arménien de Bakou. Ce dernier devient un personnage important du roman, pour lequel Ali dès le début éprouve des sentiments ambivalents. D'une part, de la peur et de la méfiance, d’autre part, une certaine envie pour son côté européen.

Mais grâce à Nachararjan, les parents de Nino acceptent de marier leur fille bien-aimée avec Ali. Tout à coup, au milieu de ces événements heureux, Nachararjan enlève Nino, sans son consentement. Ali, qui n'avait jamais porté une arme, tire directementvers son adversaire. Le ravisseur est tué. Nino est en sécurité.

Forcés de se cacher de la police, ils se réfugient au Dagestan. Au milieu du Caucase du Nord, Nino se transforme en une femme douce, prête à subir toutes les rigueurs de la vie rurale, et Ali en un homme courageux.
   
Pendant ce temps, dans l’Empire, se produisent des changements. Le pouvoir monarchique est remplacé par celui du peuple. Mariés selon la charia, Ali et Nino, qui ne peuvent pas regagner leur patrie, profitent de la tourmente pour fuir vers un autre pays. Nino, personnification d'une bourgeoisie égoïste en quête de tranquillité, cherche sur la carte un pays pacifique. Ce sera l'Iran. Nous n’allons pas décrire le séjour des héros dans le pays des harems, des fêtes et des eunuques naïfs et ignorants, seule image que l'auteur donne de l'Iran, pays à la culture pourtant si ancienne et riche, mais retourner à Bakou, où nos héros se précipitent ensuite pour revenir à l'insouciance. A Bakou, occupée par les Anglais, puis par les Turcs, Ali reçoit le poste d’attaché au ministère des Affaires étrangères. Mais tout à coup il fait preuve d'audace et décide de partir au front. Le roman se termine sur sa mort héroïque.

Dans ce roman, le style de l’auteur m’a beaucoup plu. J’ai aussi aimé l’intrigue et les relations entre les personnages car elles traitent d’une réalité qui était peu commune à cette époque en Azerbaïdjan. Mais certains éléments comme la naïveté flagrante, l'infantilisme et l’incohérence des événements de ce roman m’ont un peu dérangée. Et je trouve que l'auteur du roman, d'origine azerbaïdjanaise, donne une image peu flatteuse de ce pays, notamment de Bakou qui a toujours été synonyme d'internationalisme où coexistent paisiblement différentes confessions et nationalités.


Emiliya, AS Bib-Méd-Pat


Du même auteur:

La fille de la corne d’or, Buchet-Chastel, 2006


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