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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 07:00


N'a qu'1 Œil est une structure associative, composée de deux salariés et de la directrice, Carole Lataste. C'est une librairie, une maison d'édition, un comptoir d'éditeurs, et elle organise des manifestations littéraires comme cette soirée. Leur ouvrage majeur est le dictionnaire Blablabla qui en est à sa troisième version.

L'association N'a qu'1 Œil a organisé le samedi 6 avril 2013 une soirée dans le cadre du festival littéraire L'Escale du livre à Bordeaux. Cet événement s'est déroulé dans leur local au 19 rue Bouquière. Les invités étaient Jérôme Bertin, Frank Smith et Stéphane Nowak-Papantoniou de la maison d'édition marseillaise Al Dante. Auparavant cette soirée était mise en avant par l'organisation de l'Escale du livre qui en faisait la promotion, mais cette fois la soirée « officielle » se déroulait au Wunder Bar avec un concert des disquaires de Total Heaven. Face à ce double choix, le monde était tout de même au rendez-vous au 19 rue Bouquière pour une exposition, des lectures, un concert et des performances.

L'exposition s'articulait autour du poète Christophe Tarkos, né en 1963 et mort en 2004. Sur l'un des murs blancs étaient accrochés des tableaux dans lesquels on visualisait un mélange de dessins et d'écrits. Cette exposition s'est déroulée durant l'intégralité de l'Escale et il était possible de l'apprécier pendant tout le festival.
Frank-Smith-Gaza-d-ici-la.gif
La principale animation de cette soirée se basait sur des lectures des auteurs de la maison d'édition Al Dante. Chacun a lu devant un public nourri des extraits d'un ses ouvrages. C'est Frank Smith qui s'est lancé le premier avec Gaza, ouvrage venant de paraître chez Al Dante. Dans un style très journalistique, s'inspirant de documents officiels fournis par l'O.N.U par exemple, Frank Smith s'intéresse au conflit israelo-palestinien et notamment aux combats autour de la bande de Gaza. Il se dégage de son écriture une certaine froideur, une technicité quand il décrit les attaques de roquettes de la part des insurgés palestiniens. Il décrit également le ressenti des colons israéliens qui vivent avec la peur permanente d'entendre retentir l'alarme annonçant un obus de mortier à proximité. En revanche, son intérêt n'est pas de prendre parti pour tel ou tel camp.

Frank Smith est écrivain (derniers ouvrages parus : Gaza, d'ici-là, Al Dante, et États de faits, éditions de l'Attente, avril 2013) et homme de radio (coordonnateur de l'  « Atelier de création radiophonique » et de « La poésie n'est pas une solution » sur France Culture). Il dirige par ailleurs la collection de livres/CD « Zagzig » qu'il a créée aux éditions Dis Voir (œuvres de Laurie Anderson, Jonas Mekas, Lee Ranaldo, etc.) et collabore à la plateforme nonfiction.fr (rubrique « Poé/tri ») ainsi qu'au journal L'impossible. Il est également l'auteur de courts-métrages (dont Eureka, à paraître aux éditions Dasein, 2014). Il est actuellement en résidence au Domaine départemental de Chamarande. J'ai eu l'occasion d'échanger avec lui à la fin de la soirée où nous avons parlé de Los Angeles, lieu où il se retire pour écrire et depuis nous échangeons régulièrement quelques mails. Il m'a accordé un peu de temps afin de répondre à quelques questions autour de l'Escale et de cette soirée.



L’Escales du Livre s’est déroulée du 5 au 7 avril dernier ; comment avez-vous vécu ce festival ?

J'ai vécu le festival pleinement ! À la fois en tant qu'auteur — deux nouveaux livres venaient juste d'être publiés et je les ai découverts à cette occasion, fraîchement sortis de l'imprimerie — en assurant une signature sur le stand de N'a qu'1 œil le samedi après-midi et une lecture le soir — et bien sûr en tant que visiteur — j'ai assisté à deux interventions et j'ai été très heureux de rencontrer Curtis Roosevelt.



Comment s'est passée la prise de contact entre l'équipe de N'a qu'1 œil et la maison d'édition Al Dante pour l'organisation de l’Escale ?

La prise de contact entre N'a qu'1 œil et les éditions Al Dante, je ne peux pas en parler très précisément, n'étant qu'un auteur desdites éditions, mais il s'agissait globalement d'une carte blanche proposée à Laurent Cauwet pour que ses livres soient présents sur le salon et pour qu'une soirée de lecture/performance soit organisée à N'a qu'1 œil pendant le festival. Laurent Cauwet est venu avec trois de ses auteurs, Jérôme Bertin, Stéphane Nowak-Papantoniou et moi-même, qui venions de publier chez lui un nouveau livre. C'est à cette occasion que j'ai pu présenter mon dernier opus de poésie, Gaza, d'ici-là.

Sur le plan organisationnel, je peux dire que j'ai été contacté directement par Carole Lataste qui m'a tout de suite rendu curieux grâce à des échanges précis, enthousiastes et opiniâtres.



Qu'a représenté pour vous ce festival ? Avez-vous un ressenti particulier à cet égard, peut-être comparativement à d'autres manifestations littéraires ?

Ce qui caractérise L’Escale du livre – c'est la deuxième fois que j'y participais –, c'est le foisonnement des propositions (conférences, rencontres, débats, spectacles, lectures, etc.) dans un périmètre relativement réduit donc praticable et propice au déclic, l'électricité entre les gens. La qualité des invités et des interventions est à souligner. Tous les genres sont représentés et même le hors-genre, ce qui est salutaire. C'est toujours vivifiant de rencontrer également des auteurs et éditeurs étrangers. Une manifestation où on passe par degrés d'une chose à une autre, d'une rencontre à l'autre contre l'ordinaire, au profit d'une réalité chaque fois plus profonde et plus artiste. Un ensemble exhaustif de propositions et de confrontations.
Jerome-Bertin-Le-patient.gif


La seconde lecture fut celle de Jérôme Bertin avec son ouvrage Le Patient. Il fut accompagné par un d.j. mixant des sonorités de jeux vidéos comme ceux de la game boy. Cela donnait une atmosphère à mi-chemin entre poésie et rap. Des phrases très courtes, répétitives, un lexique assez cru, avec un jeu très prononcé autour de la sonorité de la langue.

Ensuite ce fut au tour de Stéphane Nowak-Papantoniou de lire des extraits de son dernier ouvrage, Tentaculeux & tuberculaires. Ces trois manifestations ont été conclues par le concert d'une sorte d'homme-orchestre. Ce dernier avait inventé un système de pédale pour actionner une arche venant pincer les cordes d'un violon disposé au sol, tout en jouant en même temps de la flûte et des percussions.

N'a Qu'1 Œil avait installé un petit comptoir où il était possible de consommer de la bière, du vin et quelques mets préparés auparavant. J'ai eu l'occasion de discuter avec la directrice de l'association, Carole Lataste, qui me confiait qu'elle était contente de cette soirée, et du public qui était au rendez-vous.


Louis, AS Édition-Librairie


Liens


http://www.naqu1oeil.com/

http://al-dante.org/


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Published by Louis - dans Poésie
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