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30 décembre 2009 3 30 /12 /décembre /2009 19:00
Laurent Gaude Le Soleil des Scorta



Laurent GAUDÉ
Le soleil des Scorta

Actes Sud, 2004 (prix Goncourt 2004)

Babel, 2006
J'ai lu, 2007







"La chaleur du soleil semblait fendre la terre. Pas un souffle de vent ne faisait frémir les oliviers. Tout était immobile. Le parfum des collines s'était évanoui. La pierre gémissait la chaleur... sur un chemin de poussière, un âne avançait lentement. Il suivait chaque courbe de la route, avec résignation. Rien ne venait à bout de son obstination. Ni l'air brûlant qu'il respirait. Ni les rocailles pointues sur lesquelles ses sabots s'abîmaient. Il avançait. Et son cavalier semblait une ombre condamnée à un châtiment antique."








1875  Sud de l’Italie





Luciano Mascalzone, bandit de grand chemin libéré de prison après dix-sept années, retourne à Montepuccio afin de revoir Filomena Biscotti, qu’il convoitait avant sa condamnation, et surtout pour de se venger. Une jeune femme qu'il croit être celle qu’il désire (mais qui est la jeune sœur de Filomena décédée des années auparavant) le laisse entrer et s'abandonne à lui sans résistance. Accusé de viol par les habitants de Montepuccio, Luciano meurt lapidé. De cette « rencontre » naît la lignée des Scorta-Mascalzone (créé par Rocco, fils de Luciano et de la sœur de Filomena, c’est un « nouveau nom, mélange du patronyme de son père et de celui des pêcheurs qui l'avaient recueilli ») victime dès son origine de la malédiction. Malgré une grande pauvreté, ce « clan » fait preuve d’une rage de vivre à toute épreuve. Sur les collines sèches de Montepuccio, entre le tabac familial et la mer, ces « mangeurs de soleil » partagent et se transmettent secrets de familles et une grande force de caractère. Sous la chaleur écrasante et durant quatre générations, les Scorta tentent de planter leurs racines dans cette terre rocailleuse de l’Italie du Sud aux odeurs d’huile d’olive et de la sueur de ses habitants. Chaque chapitre se termine par le  témoignage de la vieille Carmela, petite fille de Luciano, qui, avant de perdre la mémoire, se confie à l'ancien curé de Montepuccio sur sa vie passée de Scorta (son voyage à New York avec ses frères, la création du bureau de tabac de Montepuccio…). 
 

On doit ce livre à Laurent Gaudé (né à Paris en 1972), diplômé d’études littéraires, qui a également écrit de nombreuses pièces de théâtre, deux nouvelles — « Dans la nuit Mozambique »  (2006), « Sang négrier » et quatre autres romans – Cris (2001), La Mort du roi Tsongor (Prix Goncourt des lycéens en 2002), EldoradoLa porte des enfers (2008) — tous publiés chez Actes Sud.

Plus qu’une simple saga familiale, ce roman évoque l’importance des « racines » et de la terre. Le style sobre et dépouillé, la description picturale du paysage solaire et aride de l’Italie du Sud ainsi que la « soif » de vivre des personnages, pourtant maudits, qui s’accrochent à leur terre et parviennent à prendre racine, confèrent à ce roman une dimension humaniste et nous donnent à réfléchir sur le sens de la vie et des valeurs familiales.
 

Anne-Sophie, 2e année BIB-MED-PAT


Laurent GAUDÉ sur LITTEXPRESS
gaude.jpg



Article de Sébastien sur La Porte des enfers.

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commentaires

Luna 15/06/2011 10:56


Je ne suis pas déçue d'avoir découvert "le soleil des Scorta", c'est vraiment très bien écrit et j'ai beaucoup aimé la façon qu'on a de perçevoir cette famille. Elle est lointaine, mais elle à tout
pour être crédible : elle ressemble à cette région où elle vit... Je ne me suis pas ataché à elle, mais j'étais curieuse de leur destin.

C'est vraiment une très belle découverte !

Si ça t'intéresse, je viens de publier mon avis sur ce livre de Laurent Gaudé...

Joli article, je reviendrais ;)

Bonne continuation !!


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