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21 octobre 2011 5 21 /10 /octobre /2011 07:00

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Laurent MAUVIGNIER
Ce que j'appelle oubli
Éditions de Minuit, 2011
 
 



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Laurent Mauvignier est né en 1967. Diplômé en arts plastiques, il signe son premier roman, Loin d'eux, en 1999. D'autres comme Seuls en 2004 ou Des Hommes (2009) viendront étoffer une œuvre remarquable.
 
« Ce que j'appelle oubli » : les premiers mots d'une longue phrase de soixante-deux pages évoquant les derniers instants d'un homme de vingt-cinq ans, Michaël Blaise, Martiniquais battu à mort par quatre vigiles zélés, monstrueux d'avoir sanctionné d'une telle manière le  vol (puis la consommation) d'une canette de bière dans un supermarché.

Tout cela est arrivé à à Lyon en décembre 2009 mais Laurent Mauvignier ne relate pas un fait divers. Au contraire, le narrateur s'adresse au frère de la victime et ne donne aucun nom. L'auteur n'est en aucun cas journaliste, encore moins présentateur de journaux télévisés et le patronyme, tout comme l'origine du tabassé à mort importent peu ; ce sont la victime et sa souffrance qui sont mis en avant. Mauvignier cite les brèves de journaux pour frapper, comme l'a été le pauvre homme dans la réserve du magasin, la conscience des lecteurs endormis dans leur quotidien.

Le texte a beau se lire d'une traite et être court, à l'instar des minutes passées par les bouledogues en costume-cravate bon marché et mal ajusté à briser ces os et à enfoncer cette cage thoracique, le temps vécu par la victime, de l'interpellation jusqu'au coup final (fatal ?), défile au ralenti ; chaque rayon, chaque article, chaque caddie de supermarché est perçu comme si tous les détails, dans un instant de peur puis de douleur extrême, avaient leur importance. Car ces futilités, le texte semble les montrer comme l'antithèse du parcours vers la réserve. Elles sont la vie, quotidienne et insouciante au point que nul ne voit ce qui se trame.
 
Laurent Mauvignier délivre donc un texte sorti de nulle part, comme extrait d'une longue histoire et dont la ponctuation manquerait (pas une seule majuscule ni un seul point), écrit d'un seul souffle, comme lorsque la respiration d'un homme se bloque à cause de la violence des coups. Juste avant l'arrêt cardiaque.
 
 
Guillaume A., 2e année Bib.-Méd.-Pat. 2010-2011.

 

 

Laurent MAUVIGNIER sur LITTEXPRESS

 

Laurent Mauvignier Ceux d'à côté 

 

 

 

Article de Margaux sur Ceux d'à côté.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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