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4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 07:00

L'Histoire

Rwanda-carte.gif

http://www.merriam-webster.com/cgi-bin/nytmaps.pl?rwanda

 

Selon la définition de  Larousse.fr, un génocide est un « crime contre l'humanité tendant à la destruction totale ou partielle d'un groupe national, ethnique, racial ou religieux ; sont qualifiés de génocide les atteintes volontaires à la vie, à l'intégrité physique ou psychique, la soumission à des conditions d'existence mettant en péril la vie du groupe, les entraves aux naissances et les transferts forcés d'enfants qui visent à un tel but. »

Le génocide rwandais est né d’une distinction faite par les colons allemands qui considéraient les Hutu comme inférieurs aux Tutsi. Quand les Belges récupèrent la colonie allemande après la Première Guerre mondiale, ils mettent les Tutsi à la tête du pays, même dans la partie du pays où les Hutu étaient majoritaires.

En 1931, le gouvernement belge impose une carte d’identité comprenant l’appartenance ethnique de l’individu : tutsi, hutu ou twa. Cette carte joue un rôle déterminant dans la discrimination du peuple tutsi qui est contraint à l’exil en 1959. La même année, les Hutu fondent leur propre parti politique, le Parmehutu. Les Tutsi commencent alors à être recherchés et poursuivis ; des massacres isolés ont alors lieu.

On considère que le premier massacre des Tutsi a lieu en 1963 : 8 000 à 12 000 Tutsi auraient été assassinés. En 1972, au Burundi, un massacre perpétré par les Tutsi au sein de l’armée burundaise aurait fait, selon les Hutu, 200 000 victimes hutu. Après ce massacre, le premier président du Rwanda, Grégoire Kayibanda, souhaite réunifier le Rwanda contre la menace tutsi. C’est ainsi que les enseignants tutsi sont peu à peu renvoyés des écoles et les institutions scolaires deviennent des lieux de massacre de Tutsi.

En 1973, Juvénal Habyarimana prend le pouvoir après un coup d’état. Pour apaiser les consciences européennes devenues curieuses, la France comprise, le président rwandais passe des accords avec les pays européens pour la coopération militaire. Dans les années 1980, le Rwanda dispose d’un quota de Tutsi à avoir dans le secteur administratif et les massacres de Tutsi restent légaux.
 
Les auteurs qui se sont intéressés au génocide rwandais considèrent que si le génocide a pu se dérouler aussi rapidement c’est notamment à cause d’un conditionnement des esprits réalisé par le gouvernement. De plus, les médias hutu ont joué un rôle déterminant dans la préparation de ce génocide en diffusant des messages de haine envers les Tutsi.
 
Le génocide trouve son origine dans l’attentat commis le 6 avril 1994 contre l’avion du président rwandais transportant également le président burundais (à ce jour, on ignore encore qui sont les responsables de cet attentat). Les spécialistes considèrent également qu’un premier massacre a déjà eu lieu en 1959, la « Toussaint rwandaise », qui a fait des dizaines de milliers de morts. Les colons belges se sont rendu compte que les Tutsi, à qui ils avaient confié le pouvoir, réclamaient leur indépendance et ont laissé les Hutu gérer la situation. Une campagne médiatique, relayée par la Radio des Mille Collines dans les années 1960, stigmatisait déjà les Tutsi.
 
Le lendemain de l’attentat, la première ministre rwandaise, Agathe Uwilingiyimana, est assassinée, ainsi que le commando chargée de la protéger. Dès ce jour et pendant trois mois, les massacres sont organisés dans tout le pays. Toutefois, les historiens considèrent que les rebelles ont pris une semaine pour s’organiser, mettant en échec les forces armées rwandaises qui tentaient d’arrêter le massacre.

« Abattez les grands arbres »

Suite à l'annonce de l'attentat, la radio des Mille Collines, radio hutu, diffuse sur ses ondes le signal du début du génocide. Pendant près de trois mois, la radio et la télévision des Mille Collines encouragent le génocide, n'hésitant pas à révéler où les Tutsi se cachent. Le nombre de victimes dénombrées par le Rwanda est d’un million de personnes et huit cent mille pour l'ONU. La cruauté fut extrême.

Il y eut quelques tentatives pour mettre fin au génocide mais elles ont toutes échoué. Le 30 avril 1994, Le FPR (Front Patriotique Rwandais) publie un communiqué demandant aux forces internationales de ne pas intervenir puisque le génocide serait presque terminé. Pourtant, les massacres ne s'achèvent réellement qu'en juillet et les historiens estiment que 80% des massacres ont été accomplis courant mai. Malgré les nombreuses tentatives pour mettre fin au génocide, les assassinats ne s’arrêteront qu’en juillet 1994. On estime que le nombre de victimes tutsi et hutu modérés (ceux qui étaient contre ce génocide ou aidaient les Tutsi) dépasse le million de morts. Ce manque de précision résulte du fait que bon nombre des victimes ont été enterrées ou jetées dans les rivières, rendant difficile le macabre décompte.



Journalisme et littérature

Une abondante littérature de témoignages et d'essais historiques s’est développée après le génocide. Ces rescapés du génocide, parfois des acteurs, veulent accomplir par l'écriture leur devoir de mémoire et faire partager au monde les souffrances qu'ils ont vues et vécues ou faire éclater des vérités parfois contestées, tant les clivages de ce génocide sont encore présents.

Il est difficile d’obtenir un témoignage extérieur, totalement objectif, sur le génocide rwandais. Prendre de la distance par rapport au conflit serait être passif et prendre part au crime. De plus, les différents témoins, journalistes, survivants peuvent difficilement rester objectifs devant les faits, la nature de ce qu’ils ont observé et vécu sur le terrain.

Une première forme serait le reportage écrit. Il s’agit ici de faire connaître l’événement par l’aspect catastrophique et scandaleux. On emploie une forme narrative longue pour recomposer les faits, avec des conversations restituées, des citations, des documents d’archives et des témoignages. L’auteur y ajoute des réflexions personnelles. Cela devient une forme de récit bouleversant, mais ne constitue pas vraiment une forme littéraire. Un exemple : Stories from Rwanda, Philip Gourevitch.

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Certains journalistes présents sur le terrain ont aussi écrit une forme de témoignage. Patrick Saint-Exupery, journaliste connu qui a aussi couvert de nombreux événements – au Cambodge, au Togo, au Liberia, etc. – a écrit L’Inavouable, sur le massacre rwandais. L’ouvrage, adressé au ministre des Affaires étrangères, s’intéresse surtout à la responsabilité de la France pendant le conflit, notamment lors de l’opération Turquoise (opération de l’ONU menée par des forces françaises et visant à mettre un terme au conflit). C’est donc un ouvrage politique. L’auteur s’appuie sur des témoignages de militaires pour énoncer les faits. Il ne s’agit pas ici de faits d’actualité, mais de la reconstitution de la vie des témoins et de leurs points de vue sur le conflit. L’ouvrage et donc subjectif et engagé.


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D’autres auteurs comme Emmanuel Goujon, dans Nouvelles du génocide français, fictions, préfèrent utiliser la fiction pour rendre compte du génocide. L’auteur s’inspire de récits de survivants, à partir desquels il imagine les ressentis, la souffrance. Les faits se mêlent à la sensibilité de l’auteur qui ne prétend pas ici à l’authenticité, il cherche ici à témoigner différemment.

Gil Courtemanche est un journaliste et écrivain québécois. Il s'est intéressé à la politique étrangère, particulièrement en Afrique : Un dimanche à la piscine à Kigali. La forme de la fiction permet à l'auteur de renforcer l'humanité des victimes, de leur donner un visage, alors que l'utilisation de témoignages lui permet de s'appuyer sur des faits précis, et de donner plus de crédibilité, plus de réalisme à l'histoire. C'est le livre engagé d'un observateur occidental qui pourtant place le « Blanc » comme acteur indirect du génocide par sa passivité.

 

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Boubacar Boris Biop, Murambi, le livre des ossements.

Si l’auteur adopte la forme de la fiction, c’est pour mieux être dans la tête du tueur, pour à l’imagination de donner une image à celui-ci, à partir de témoignages recueillis par les victimes, pour rester au plus près de la réalité

Tierno Monenembo L Aine des orphelins

 

 

 

 

 

 

 

 

Tierno Monenembo, L’Aîné des orphelins.
L’auteur s’inspire dans cet ouvrage d’un fait réel, mais utilise la forme de la fiction pour restituer son interprétation du génocide.

 
Lire  la fiche de lecture d'Anaïs.

 

 

 

 

 

 

 

Yolande Mukagasana

Yolande MukagasYolande-Mukasanaga-Rwanda-n-aie-pas-peur-de-savoir.gifana est un auteur rwandais qui a participé activement à la mémoire du génocide à travers la littérature. Infirmière anesthésiste au centre hospitalier de Kigali, en 1994, elle est victime du génocide rwandais. Elle y perd ses trois enfants, son mari, son frère et ses sœurs. C’est en Belgique, qu’elle se retrouve après quatre mois d’errance. Un travail d’écriture lui permet alors d’honorer la mémoire du génocide. Elle reçoit en 2002 le prix Colombe pour la paix, à Rome. Elle aujourd’hui la nationalité belge.

Elle est l’auteur et coauteur de quatre ouvrages, écrits en français. La mort ne veut pas de moi (avec Patrick May en 1997) et N’aie pas peur de savoir- Rwanda : une rescapé tutsi raconte (1999) sont deux ouvrages autobiographiques, inspirés de son expérience du génocide Rwandais. Elle participe également à un ouvrage témoignage, proche du documentaire : Les Blessures du silence. Témoignages du génocide au Rwanda (2001) en collaboration avec Médecins sans frontières. En 2003 elle publie un recueil de contes : De bouche à oreille. Le théâtre est aussi un moyen de témoigner de son expérience. Elle coécrit avec Jacques Delcuvellerie et le Groupov, la pièce de théâtre Rwanda 94.
 
« N'aie pas peur de savoir »
« Je leur raconte mon histoire. C'est la première fois que j'écris mon histoire. C'est la première fois que je découvre vraiment que le temps est irréversible et que les morts ne reviendront plus. Mais je ne suis pas Écrivain. Le stéréotype, il n'y a que ça qui sort de ma tête. »
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Véronique Tadjo
Véronique Tadjo est poète, romancière et peintre française, de père ivoirien. Elle est publiée en France aux éditions Actes Sud. Elle a vécu une grande partie de sa vie sur le continent Africain. Son œuvre littéraire est grande et diversifiée. Elle ne s’attache pas uniquement au devoir de mémoire du génocide rwandais. Elle n’a d’ailleurs pas vécu cette tragédie.

Son parcours universitaire explique en partie son intérêt pour l’Afrique et son histoire. C’est à Abidjan puis à Paris, à la Sorbonne qu’elle étudie le domaine anglo-américain. Elle est par la suite, auteur d’une thèse portant sur le processus d’acculturation des Noirs à travers l’esclavage. Après avoir enseigné l´anglais au lycée moderne de Korhogo dans le Nord de la Côte d´Ivoire, elle a occupé le poste d´assistante au département d´anglais de l´université nationale de Côte d´Ivoire.

Ses ouvrages abordent son histoire familiale, l’histoire africaine avec notamment le génocide rwandais. Suite à une conférence réalisée au Rwanda en 1998, Véronique Tadjo prend conscience des ravages du génocide rwandais. Dans son ouvrage L´ombre d´Imana - voyages jusqu´au bout du Rwanda, elle publie son témoignage et ceux de nombreuses victimes.

« Je partais avec une hypothèse : ce qui s'était passé nous concernait tous. Ce n'était pas uniquement l'affaire d'un peuple perdu dans le cœur noir de l'Afrique. Oublier le Rwanda après le bruit et la fureur signifiait devenir borgne, aphone, handicapée. C'était marcher dans l'obscurité, en tendant les bras pour ne pas entrer en collision avec le futur. »

On peut également citer d’autres ouvrages centrés sur l’Afrique et/ou sur son histoire personnelle : Latérite (1984) ; Champs de Bataille et d´Amour, Présence Africaine (1999) ; Reine Pokou - concerto pour un sacrifice (2004) ; Loin de mon père (2010). Des ouvrages pour la jeunesse composent aussi son œuvre.

Elle a reçu de nombreux prix récompensant son œuvre. Notamment le prix littéraire de l´Agence de Coopération Culturelle et technique en 1983, ainsi que celui du Grand Prix d´Afrique Noire en 2005.

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Réverien Rurangwa
 Réverien Rurangwa est un auteur rwandais, qui écrit essentiellement des témoignages sur le génocide. Un événement qu’il a vécu. Seul rescapé d’une famille de 44 personnes, il est recueilli par l’association « Sentinelles » , après avoir subi de nombreuses mutilations. Il est rapatrié en Suisse pour une convalescence de trois mois. Il revient dans son pays en 1996 pour essayer de retrouver des membres de sa famille même si son retour est risqué. Ses agresseurs ont été libérés par la justice et désirent se venger. Menaces et agressions deviennent alors quotidiennes.

Son ouvrage-témoignage, Génocidé, exprime avec violence et vérité une tragédie qui a marqué sa vie et l’histoire de tout un pays. Il fut publié en 2006.

Révérien Rurangwa, 27 ans, est aujourd'hui réfugié en Suisse, où il se bat pour rendre hommage aux victimes, obtenir réparation pour les rescapés, et justice alors que des milliers de criminels demeurent impunis. Cependant, la nationalité suisse ne lui a toujours pas été accordée. Son statut de réfugié l’empêche de travailler et de d’obtenir un diplôme. Un comité de soutien a été mis en place pour permettre sa naturalisation.

« Depuis que, le 20 avril 1994, vers 16 heures, je fus découpé à la machette avec 43 personnes de ma famille sur la colline de Mugina, au cœur du Rwanda, je n'ai plus connu la paix. J'avais 15 ans, j'étais heureux. Le ciel était gris mais mon cœur était bleu. Mon existence a soudainement basculé dans une horreur inexprimable dont je ne comprendrai probablement jamais les raisons ici-bas. Mon corps, mon visage et le plus vif de ma mémoire en portent les stigmates, jusqu'à la fin de ma vie. Pour toujours. »
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Annick Kayitesi

Annick Kayitesi est née au Rwanda en 1979. Le génocide lui enlève sa mère. Elle et sa sœur survivent et se retrouve expatriées en France. Le rapport qu’elle entretient avec l’histoire de son pays est pendant longtemps très conflictuel. A l’âge adulte, elle retourne au Rwanda par deux fois. Ce n’est que lors de sa seconde visite qu’elle prend conscience de son rôle à jouer pour la mémoire de sa famille et du pays.

En 2004, elle publie aux éditions Michel Lafon Nous existons encore, un ouvrage autobiographique. Deux autres auteurs collaborent à l’ouvrage : Albertine Gentou (romancière) et André Glucksmann (philosophe et essayiste). Annick Kayitesi vit aujourd’hui en France.

 

 

 

 

 

scholastique Mukasonga La femme aux pieds nus

 

Scholastique Mukasonga

Scholastique Mukasonga est un auteur rwandais francophone. La mémoire du génocide conditionne l’ensemble de son œuvre littéraire. Sa vie est fortement marquée par cette période. Après la déportation de sa famille, elle reste la seule survivante. Elle poursuit des études et réussit le concours d’entrée à l’école d’assistante sociale de Notre-Dame de Citeaux à Kigali. Elle finit par quitter le Rwanda en 1973. Elle rencontre un ethnologue français avec qui elle se marie. Elle est aujourd’hui assistante sociale en Normandie.

Elle retourne au Rwanda deux fois, en 1986 et en 2004. C’est douze ans après qu’elle publie chez Gallimard, un récit autobiographique : Invenzi ou les cafards, au sein de la collection consacrée à la littérature africaine francophone, « Continents Noirs ». Par la suite elle publiera trois ouvrages chez le même éditeur : en 2008,  La femme aux pieds nus (qui remporte le prix Seligmann), L’Iguifou en 2010 et Notre-Dame du Nil en 2012.
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Vénuste Kayimahe
 
Il s'est exilé en France lors du génocide, où il a été rejeté. Il a alors émigré vers le Kenya. À la fin du génocide, il a réintégré son poste au Centre culturel français. Il a été licencié quelques mois plus tard pour son absence trop longue. Il parle de la corruption des hutus. L'auteur travaillait dans le centre culturel français de Kigali. Son témoignage est avant tout politique. Il montre dans son témoignage, la montée de la haine raciale, les collusions entre les deux régimes (Rwanda/France), la trahison française lors du génocide et l'abandon du personnel rwandais. Il écrit des essais historiques sur le génocide comme témoin privilégié de l’opération militaire française « Amaryllis », décrivant ce qu'il a vu et perçu des coulisses (françaises) du génocide.

 

 

 

 

 Élodie, Justine, Marlène, Bastien, 2e année Ed.-Lib.


Sitographie
 
 http://www.bibliomonde.com/auteur/jean-hatzfeld-160.html (Jean Hatzsfeld)
 http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Hatzfeld_%28journaliste%29 (Jean Hatzsfeld)
 
 http://www.lmda.net/din/tit_lmda.php?Id=17361
 http://www.africultures.com/php/index.php?nav=personne&no=3322
 http://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9nocide_au_Rwanda (historique)
 http://etonnants-voyageurs.com (Scholastique Mukasonga)
 http://marc.oberle.pagesperso-orange.fr/genocide-rwanda.html
 http://www.veroniquetadjo.com
 http://www.babelio.com/auteur/Reverien-Rurangwa/6292
 http://vegane.blogspot.com

Bibliographie
 
Une saison de machettes, Jean Hatzfeld
Dans le nu de la vie. Récits des marais rwandais, Jean Hatzsfeld
L’Ombre d’Imana. Voyage jusqu’au bout du Rwanda, VéroniqueTadjo
France-Rwanda : les coulisses du génocide. Témoignage d’un rescapé, Venuste Kayimahe,
Rwanda : le génocide, de Gérard Prunier
Rwanda, le réel et les récitsKatherine Coquio
L’inavouable, Patrick Saint-Exupéry

 


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Published by Elodie, Justine, Marlène, Bastien - dans Littératures africaines
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