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8 octobre 2011 6 08 /10 /octobre /2011 07:00

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Vendredi 30 septembre 2011, à l’occasion du Salon Lire en Poche de Gradignan (33), Christian Ginisty, consultant multimédia, a parlé du livre numérique, ou plutôt de la numérisation du livre, du contenu et non du contenant.


Mercredi 09 mars 2011, François Bon évoquait déjà le livre numérique, mais sous son aspect physique cette fois-ci, et non plus intellectuel. Cela se passait à la faculté de Lettres et Langues de l’université de Poitiers (86), lors d’une conférence intitulée « Littérature et  Numérique ».

À deux cent cinquante kilomètres de distance, à sept mois d’intervalle, deux hommes ont traité du même sujet, ou presque. Ils se sont tous les deux mis d’accord pour ne parler que d’une partie du livre numérique. Alors, pour une fois, réunissons-les, et voyons quelques-uns des enjeux du livre numérique dans son entièreté.

On pourrait commencer par évoquer la passion, et même la frénésie, que suscite l’idée de numériser des livres et de pouvoir les transporter sur un support plutôt léger, maniable, et surtout pouvant contenir une bibliothèque complète.

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FB : Et pourquoi pas par l’histoire ? Le passé est très important pour comprendre le présent et l’avenir. Tout a commencé avec Rabelais et ses contemporains. Ils espéraient faire de l’université un lieu, non seulement d’enseignement, mais aussi de travail. Car, pour eux, réunir des personnes donnerait lieu à un mouvement, à une évolution, qui…


CG : François, tu pars encore dans tes digressions, alors qu’on vient juste de commencer. Et quitte à étudier d’abord le plan historique, pourquoi nous parles-tu de Rabelais et de l’université ? On parle de livre, pas de l’école ! Le passé du livre numérique, il serait plus logique de le chercher au temps de Gutenberg, et de l’apparition de l’imprimerie. Le livre a suivi une évolution constante depuis cette époque. Et l’on peut alors faire un parallèle avec les événements actuels : le livre évolue de nouveau grâce aux médias.


FB : Je tenais à évoquer le livre comme dépositaire de la culture dans l’esprit collectif. Et par là, que le livre en tant qu’objet a une valeur très importante. Avec la numérisation et la création de « liseuses » ou de tablettes numériques, on pourrait penser que les gens s’offusqueront de la perte de cet objet, si symbolique pour eux.


CG : Et ce n’est pas le cas ? Pourtant, les liseuses coûtent beaucoup plus cher qu’un livre de poche. Tout semble nous conduire vers une privatisation du contenu littéraire ; on est passé d’un monde où l’important était de posséder l’objet, à un monde où l’important est de posséder l’accès à l’objet. De plus, les nouvelles technologies évoluent tellement vite qu’il faut toujours inventer de nouveaux supports, qui deviennent à leur tour obsolète. Au contraire du parchemin, qui est toujours lisible.


FB : Si le parchemin, ou même le papier, était si supérieur au livre numérique, pourquoi les imprimeries fermeraient-elles de plus en plus depuis deux ou trois ans ? Pourquoi les métiers de l’édition se réinventeraient, comme ils le font depuis 1990, autour du numérique ?


CG : Tu sembles oublier que la numérisation permet aux petites maisons d’édition de distribuer leurs ouvrages plus facilement, en contournant les médias traditionnels.


FB : Bien sûr. Les éditeurs trouvent des parades, ils ne baissent pas les bras. Ils s’intéressent de très près à toutes ces discussions, et entre autres au format des tablettes : il est spécialement pensé pour ressembler aux livres. Un I-Pod a la taille d’un Missel, tandis qu’un I-Pad est aussi grand qu’un livre de poche. Tout est conçu pour que les lecteurs n’y voient que des avantages. Un autre étant l’interactivité. Même si numériser un texte poétique peut casser sa structure, et donc tout son effet, la possibilité d’être connecté à internet ouvre des portes. On peut ainsi, d’une pression du doigt, vérifier la définition d’un mot dans le dictionnaire.


CG : Et bien plus encore. On peut conserver et partager les textes, donner son avis, ou être conseillé. La base d’internet est le partage. C’est son moteur, et ce depuis sa création. Le monde numérique est un sédiment de diversité. Et ce qui est le plus étonnant à ce sujet, c’est que, tout en ayant cette vocation de lien et de conservation, internet est le média de l’instant par excellence. C’est assez paradoxal.


FB : Un autre paradoxe : la vente de livres auprès des étudiants et des enseignants, puisque c’est le public que j’ai observé, a diminué ces temps-ci par quatre. Pourtant on n'a jamais autant lu. Mais ces lectures se font sur Facebook, par SMS. Tous ces supports sont supports de texte.


CG : Ces interfaces sont devenues familières à tout un chacun. Les grandes firmes sont moins chez elles sur internet que n’importe qui, parce que chacun s’est approprié ce média. Et ils se feront facilement aux nouvelles versions du livre. Le principal problème, actuellement, reste les questions des droits d’auteur. Les lois ne sont pas encore adaptées à la numérisation. Et nous parlions des petites maisons d’édition un peu plus tôt : certaines, même parmi les plus grandes, aimeraient bien numériser leur catalogue. Elles pourraient alors bien mieux se diffuser et se faire connaître de public pour certaines.  

N. B. : Ces  deux personnages ne se sont aucunement rencontrés pour avoir un tel échange. Les dialogues sont fictifs, mais représentent les idées avancées par chacun. En outre, je décline toute responsabilité si ces personnages en viennent aux mains dans les coulisses, pour cause de divergence d’opinion. Il arrive parfois que l’invention échappe à son créateur.

 

 

Alicia, A.S. Bib.-Méd.

 

 

 

Le livre numérique sur LITTEXPRESS 

 

 Entretien avec François Rannou, éditeur de poésie (La Rivière échappée).. Propos recueillis par Marion.

 

 Entretien avec Stéphane Michalon, directeur d'ePagine, propos recueillis par Caroline et Élise.

 

 Entretien avec Paul Otchakovsky-Laurens, propos recueillis par Inès et Louise.

 

 


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Published by Alicia - dans EVENEMENTS
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