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9 septembre 2011 5 09 /09 /septembre /2011 07:00

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ANONYME
Le Livre sans nom
 

Traduit de l'anglais

par Diniz Galhos

éditions Sonatine, 2010

Livre de poche, 2011

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les origines du livre

Le Livre sans nom est un livre publié en 2010 par les éditions Sonatine, à l'origine paru sur Internet durant l'année 2007. L'auteur est resté anonyme même aujourd'hui et, au fur et à mesure du succès de sa trilogie (Livre sans nom, Œil de la lune et Cimetière du Diable), a gagné le surnom de « Bourbon Kid » (le nom de son « héros »). Il a expliqué récemment les origines de l'œuvre dans une interview par e-mail. Au début, aucun éditeur ne voulait le publier, à cause de sa volonté de rester anonyme et du genre de l'histoire qui ne correspondait à aucun autre, d'où sa diffusion sur Internet, sur le site  lulu.com. Le livre a ensuite été vendu en ligne et par le bouche-à-oreille publié en anglais sous le titre de Book with no name par Michael O'Mara Books Ltd et finalement en France en 2010.

Dans une interview, Bourbon Kid lève le voile sur de nombreux mystères. Le refus d'un pseudonyme, tout simplement pour coller à l'histoire qui parle d'un livre sans nom à l'auteur anonyme, créant ainsi un effet d'abyme. Il avoue aussi être un grand cinéphile, révélation peu étonnante car le livre est truffé de références populaires, que ce soit dans les discours des personnages ou leur attitude.



Le livre

Histoire

L'histoire se déroule à Santa Mondega, une ville d'Amérique du Sud complètement coupée du reste du monde ; à l'instar de  Sin City, c'est la ville de tout les péchés, la mafia locale y est impitoyable, ses habitants sont tous des criminels, c'est le lieu de rendez-vous de tout les plus grands chasseurs de primes et tueurs du monde et certaines rumeurs parleraient même de créatures démoniaques.

Un peu à la façon de Pulp Fiction, le récit conte l'histoire d'une multitude de personnages dont les destins vont se croiser ,voire se « heurter » car comme l’indique « The Booklist » sur le quatrième de couverture : « Plus on avance dans le livre et plus une angoisse nous étreint : y aura-t-il assez de survivants dans l'histoire pour qu'on ait le plaisir de lire une suite ? ». On fait donc la connaissance de Sanchez, le barman bourru, de Bourbon Kid, le sérial killer à la réputation démoniaque, Kyle et Peto les moines karatékas, Jefe le chasseur de prime mexicain, El Santino, le parrain local, Dante et Kacy, le couple de voyous, Miles Jensen, le policier du paranormal et bien d'autres comme un sosie d'Elvis Presley tueur à gages.

C'est dans ce bouillon de personnages qu'apparaît l'intrigue, l'enquête concernant le Bourbon Kid et une pierre précieuse à la valeur inestimable, « l'Œil de la Lune » que tout le monde veut s'approprier car elle aurait en plus des pouvoirs magiques. Pendant ce temps une jeune femme se réveille de cinq ans de coma et découvre que le Bourbon Kid a essayé de la tuer.



Analyse

La publication du livre se heurtait au problème du style ; en effet, en lisant le premier chapitre, on jurerait avoir affaire à un western ; tous les éléments du genre sont réunis : le Tapioca est un bar miteux tenu par Sanchez, un barman patibulaire ; il n'y a pas beaucoup de règles dans ce bar, à part l'obligation de fumer et d'être armé. Un étranger fait son entrée et attire l'attention de Ringo, une raclure mal rasée, qui menace tout de suite l'étranger avec son revolver. L'étranger nullement intimidé commande un bourbon, le boit... et, d'après ce qu'on apprend quelques chapitres plus loin, massacre tout le monde dans une rage quasi schizophrène. Ce n'est que l'apparition d'une voiture et de Miles Jensen, inspecteur dans le paranormal, qui nous replace dans le roman policier du XXIe siècle pour enfin finir dans le roman fantastique avec sa fournée de vampires, épouvantails, légendes religieuses comme le Graal, la Sainte Croix et plusieurs immortels.

La force du livre est de relier tous ces éléments entre eux. A priori, on se demande comment tous les personnages peuvent cohabiter dans une histoire cohérente. Réponse : il suffit que cette histoire parte dans tous les sens. Cependant, même si elle est tirée par les cheveux, on ne peut pas s'empêcher de lire la suite. Chaque chapitre ou presque se termine par ce qu'on pourrait appeler dans la fiction un cliffhanger, (littéralement « suspendu à une falaise ») une situation où le héros est sans le savoir confronté à un grand danger : « c'est à ce moment-là que quelqu'un fracassa la porte et se rua dans sa direction » ou bien une phrase annonçant que l'action va bientôt arriver comme « Ce qui se passa cette nuit restera gravé à jamais dans l'histoire de Santa Mondega ». Le livre finit d'ailleurs sur une touche d' « à suivre... » avec les paroles du Bourbon Kid. Il m'est même arrivé à la lecture des premières lignes d'un chapitre d'être accroché et de ne pas pouvoir reposer le livre.

Le style d'écriture de Bourbon Kid est très accrocheur car il utilise  un langage très familier.

Despérado, The Ring, Pulp Fiction, Kill Bill, Indiana Jones, True Romance, Star Wars, Buffy contre les vampires, Terminator, les codes des films de western, des films de karaté, autant de références culturelles que s'approprie « Bourbon Kid » pour farcir son livre. Il ne se veut pas sérieux mais complètement décalé, parodique. Le Livre sans nom tourne en dérision ses références mais en même temps leur rend hommage ; l'un des plus grands plaisirs pour le lecteur est ainsi de s'amuser à retrouver et reconnaître ses références. « Vous désespérez de trouver un équivalent littéraire aux films de Quentin Tarantino, de John Carpenter, de Robert Rodriguez ? Lisez le Livre sans nom. À vos risques et périls. », lit-on au dos du livre. En effet, on peut comparer le livre aux œuvres de ces réalisateurs car tout est très exagéré, les personnages sortent une cigarette et l'attrapent au vol avec leurs lèvres, les armes sortent de leur holster pour n'importe quelle occasion et les cadavres sont cloués au plafond ou coincés dans le ventilateur.

« Juste au-dessus de la mare de sang se trouvait un ventilateur.[...] Il tournait très lentement en partie parce qu'il n'allait jamais bien vite, mais aussi parce que, en l'occurrence, le cadavre de Rodéo Rex y avait été attaché » (chapitre 47).

En conclusion, c'est un livre sur lequel (comme l'espérait l'auteur) je me suis jeté aveuglément et que je prends toujours plaisir à relire, la fin réussit le pari d'être encore plus déroutante que le reste du livre et j'attends avec impatience la parution du troisième volet en France.


Alexis, 1ère année Bib.-Méd. 2010-2011

 

 

 

 

 

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