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Léon TOLSTOÏ
La Guerre et la Paix
Titre Original
Voina i Mir, 1999
traduit du russe
par Bernard Kreise
éd. du Seuil,
Coll. Points, 2010
Cette édition se présente en un volume de 1243 pages,et sept parties de 26 chapitres en moyenne.
L'auteur a repris le récit sept fois au total. Le début du roman fut d'abord publié dans le Russkij Vestnik, un journal, en 1865 et en
1866, puis il parut en six volumes en 1868-1869. D'autres versions se succédèrent, jusqu'à celle de 1873, qui est présentée ci-dessous. C'est une version plus courte, les réflexions
philosophiques ont été condensées et l'action resserrée. Les nombreux passages en français dans le texte original sont signalés, et les noms des personnages conservés en russe, contrairement aux
précédentes versions.
Les personnages principaux sont
Le roman commence en juillet 1805 et se termine en 1813 ; le récit s'étend donc sur sept ans, avec de longues ellipses, en alternance avec des
arrêts descriptifs sur des moments importants.
La complexité de l'histoire fait qu’il est difficile d'en faire un résumé ; c'est pourquoi, il est plus intéressant de parler de ce qui ressort en
général de l'œuvre. Le récit tourne principalement autour de deux sujets : la guerre entre la Russie et la France d'une part, et les histoires d'amour entre les différents protagonistes d'autre
part : entre Andréï et Natacha, entre Pierre et Natacha, entre Sonia et Nikolaï, entre Nikolaï et Maria, etc.
Cependant, le premier sujet l'emporte sur le second quant à la place qui lui est accordée dans la narration. Les batailles sont décrites et
expliquées avec précision, notamment pour les plus connues, Austerlitz et Borodino. Les traditions de l'armée, la hiérarchie et les différents corps de l'armée sont présentés, en particulier pour
les cosaques. Tout cela participe à en faire un livre d’histoire, en quelque sorte. Les idéaux des hommes avant la combat, la peur paralysante pendant, et les désillusions après la guerre pour
ceux qui avaient rêvé de gloire structurent le récit.
Le roman traite également de la société de Saint-Pétersbourg et de Moscou, particulièrement la Cour, mais aussi les serfs, le clergé et les sociétés
secrètes telle la franc-maçonnerie. Au fil du récit, on découvre les salons mondains, les relations très codées entre les nobles, les bals et autres réceptions. À ces occasions, le français est
la langue de référence, aussi bien pour parler que pour penser. On découvre également les relations entre nobles et serfs qui ne reçoivent aucune éducation ; l'idée d'affranchissement est
introduite avec le personnage de Pierre Bézoukhov.
Les personnages sont traités en profondeur, et on assiste à leur évolution psychologique. Évolution due à la maturation, aux aléas de leurs vies et
à la guerre. Ils perdent progressivement leur tendance à la superficialité ou à la vanité, et prennent conscience de la fragilité du bonheur causée par les malheurs de la guerre.
Léon Tolstoï s'écarte parfois de la fiction pour insérer plusieurs paragraphes dans lesquels il énonce et développe ses propres réflexions
philosophiques, entre autres à propos du rapport de l'homme au pouvoir, du libre arbitre, de la volonté, etc. :
« [...] Le roi est l'esclave de l'histoire, d'un événement cataclysmique, et il possède moins de libre arbitre que les autres hommes. Plus il a de
pouvoir, plus il est lié aux autres hommes, et moins il a de libre arbitre. Il y a des actions nécessaires qui concernent la vie instinctive de l'homme ; il y a des actions contingentes, quoi
qu'en pensent les physiologistes et quelle que soit l'exactitude de la recherche dans le domaine des nerfs. Un argument irréfutable contre eux est le fait que je peux maintenant lever le bras et
je peux ne pas le lever. Je peux continuer d'écrire ou m'arrêter. C'est indéniable. Mais puis-je savoir ce que je dirai en étant au milieu de la mer, puis-je savoir ce que je ferai en étant à la
guerre, puis-je savoir lors d'un conflit avec autrui, dans une action où, d'une manière générale, l'objet de mon action n'est pas moi même, puis-je savoir ce que je ferai alors ? [...]
»
Ou encore :
« [...] Existe-t-il un seul vice, un seul mauvais côté de la nature humaine qui ne soit pas adapté aux conditions de la vie militaire ? Pour quelle
raison la condition de militaire est-elle donc respectée ? Parce qu'elle représente le pouvoir suprême. Et le pouvoir a ses flatteurs.[...] »
C'est une œuvre profondément philosophique et morale ; même si le roman expose une vision assez déterministe sur la guerre et les choix des hommes,
il reste optimiste ; en effet, après les épreuves et les mésaventures que connaissent les personnages, ces derniers mettent de côté leurs remords et leurs tourments pour repartir du bon
pied.
Le texte est très agréable à lire, l'écriture est fluide, entrecoupée de dialogues, le vocabulaire recherché et le point de vue est celui d'un
narrateur omniscient. Les descriptions sont nombreuses mais ne découragent pas pour autant le lecteur, au contraire, sauf peut-être en ce qui concerne les récits de batailles : allergiques à la
stratégie militaire, s'abstenir !
S’il faut définir les grandes caractéristiques de cette œuvre : roman très long, description de la guerre et de la société, réflexions sur l'Homme,
la religion, le pouvoir. C'est un récit profondément social et revendicateur, qui invite à plus d'égalité, à un retour à l'essentiel, à l'éducation et à l'affranchissement des serfs.

Le roman a été adapté de multiples fois au cinéma et pour le petit écran. La plus connue est War and Peace de King Vidor avec Henry Fonda
et Audrey Hepburn, en 1956 , qui condense extrêmement le récit et peut décevoir à cause de l'interprétation peu crédible d’Audrey Hepburn. En revanche, le petit écran a proposé en 2007 une
adaptation intéressante de l'œuvre, intitulée Guerre et Paix, en quatre épisodes, et coproduite par sept pays européens, réalisée par Robert Dornhelm, avec Clémence Poésy et Alessio
Boni. Malgré une prise de liberté avec des changements dans le récit et une importance moindre accordée aux combats, le téléfilm reste très fidèle au ton et à la finalité du roman. Pour voir le
générique, aller à cette adresse :
http://www.youtube.com/watch?v=idEoomo6Abw
Biographie rapide de l'auteur
Léon Nikolaïevitch Tolstoï est né en 1828 au sein d'une famille appartenant à la noblesse russe. Il devient rapidement orphelin et son éducation est
donc assurée par sa tante. Il découvre la littérature française et prend goût à l'œuvre de Jean-Jacques Rousseau. Il entre dans l'armée pendant un moment puis rencontre Tourgueniev. Il écrit son
autobiographie en trois volumes puis se lance dans l'écriture des Cosaques et de La Guerre et la Paix, début d'une longue liste de romans, nouvelles, essais, et pièces de
théâtre. Par la suite il se penche sur les grands philosophes et se convertit au christianisme. Il décède en 1910 dans la solitude, des suites d'une pneumonie attrapée après avoir choisi
l'errance. Il décide de reverser tous ses droits d'auteur au peuple russe dans la misère.
Pour une biographie plus complète consulter Wikipedia.
Bibliographie
Romans et récits
Nouvelles
Théâtre
Divers
Souvenirs et Récits
Journaux et carnets, vol.1 (1847-1889)
Journaux et carnets, vol.2 (1890-1904)
Journaux et carnets, vol.3 (1905-1910)
Lettres, vol.1&2 (1828-1879 1880-1910)
Guy de Maupassant
Pourquoi les hommes usent-ils de stupéfiants ?
Qu'est-ce que l'art ?
Confession
Pour une bibliographie plus complète, consulter Wikipedia.
Catherine, 1ère année Bib.-Méd.
Blogs littéraires
B.D.
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