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25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 19:00



I-  Qu’est-ce que l’Afrique Subsaharienne ?

Afrique-subsaharienne.gif

1) Situation géographique


L’Afrique Subsaharienne ou Afrique Noire désigne tous les pays se situant au Sud du Sahara. Elle comprend 48 pays répartis en Afrique de l’Ouest, en Afrique Centrale, en Afrique de l’Est et en Afrique Australe
.

2) Contexte politique, démographique, économique et social

Depuis les années 80, l’Afrique Subsaharienne est entrée dans un processus de démocratisation, qui prend des formes diverses selon les pays. Malgré cela, il s’agit de l’un des espaces les plus pauvres du continent africain, surtout en ce qui concerne l’Afrique Centrale.
 
Tout d’abord, la population est majoritairement constituée de jeunes, qui ont des besoins spécifiques vis-à-vis des connaissances du monde, mais qui n’ont pas toujours accès à la culture (problèmes d’ordres financier et géographique). Le taux de natalité est très élevé du fait de la polygamie et du manque de moyens de contraception.

De plus, le nombre de personnes illettrées ou analphabètes est important, surtout en ce qui concerne les femmes. En effet, l’éloignement de certaines populations vivant en milieu rural (et donc éloignées des lieux culturels) explique ce « déficit culturel ».

Cette partie du continent possède tout de même des liens forts avec des pays plus développés d’Europe, et, plus particulièrement, avec la France et les pays anglophones : certains pays ont une communauté francophone et anglophone non négligeable (exemple du Sénégal et du Mali). Cela entraîne donc des difficultés au niveau linguistique : le français (ou l’anglais) et les langues locales sont « en conflit » car tout le monde ne parle pas deux langues couramment (diglossie). Néanmoins, l’Europe apporte une aide économique et culturelle aux pays d’Afrique Subsaharienne.


3) La place du livre et de la culture en Afrique

La culture et le livre ne sont pas souvent considérés comme une priorité en Afrique du fait que ne sont pas satisfaits les besoins matériels les plus élémentaires (logement, nourriture). Les ressources financières manquent. Le livre est cher et l’oralité est privilégiée (même si, aujourd’hui, les nouvelles générations remettent en cause cette vision d’une civilisation africaine basée sur l’oral, considérant cela comme une caractéristique raciste).
 
Il existe des prix littéraires ; des critiques et des salons du livre se déroulent dans les grandes capitales, mais le livre ne connaît pas d’essor en Afrique, contrairement à d’autres médias, tels que la télévision et la radio. La plupart des auteurs africains, plus ou moins reconnus, sont édités en France ou aux Etats-Unis (Moussa Konaté constitue une exception : il vit de son écriture et de sa maison d’édition « Le Figuier » au Mali).

Les librairies d’Afrique constituent plus des dépôts littéraires et les maisons d’édition africaines ont des difficultés à subsister sans développer de partenariat avec des éditeurs européens ou américains. C’est dans ce contexte que nous étudierons le cas des bibliothèques d’Afrique Subsaharienne. 

 
II- Les bibliothèques d’Afrique Subsaharienne

On les distingue des services d’archives et de documentation qui font partie des services administratifs et des grandes industries. Les bibliothèques se sont développées grâce aux anciens pays colonisateurs dés le XIXe
siècle, et grâce à l’aide d’organismes, comme l’UNESCO (Organisation des Nations Unies pour l’Education, les Sciences et la Culture). En 1966, cette dernière a signé un accord pour la réalisation d’un projet de bibliothèque scolaire à Lagos avec le Gouvernement Fédéral du Nigéria. Elle a aussi apporté un soutien financier pour la constitution d’un fonds de livres. Ce fut également le cas pour le British Council et le Programme Colonial de Développement de Bibliothèques (PCDB).

Les bibliothèques constituent des services ouverts à un public hétérogène et qui doivent représenter l’ensemble de cette population. Il en existe plusieurs types.

1) Typologie des bibliothèques

  • Les bibliothèques nationales. Elles ont le même rôle que la BNF en France, ou la Library of Congress aux Etats-Unis. Elles doivent assurer l’acquisition, la conservation, la mise en valeur et la communication auprès du public des documents publiés au niveau national. Elles doivent être le reflet de l’identité nationale. Cependant, en Afrique, ces bibliothèques sont un peu « oubliées » (par exemple, elle n’existe que depuis 2002 au Sénégal) et leurs fonds sont relativement pauvres. Beaucoup d’auteurs africains publiés à l’étranger ne remettent aucun exemplaire de leurs ouvrages à la bibliothèque nationale, malgré l’obligation de dépôt légal. Ces bibliothèques ne disposent bien souvent pas de locaux adaptés à leurs missions.
  • Les bibliothèques scolaires. Elles ont une fonction de documentation (à destination des élèves du primaire et du secondaire) et de bibliothèques publiques (à destination de tous). Elles sont relativement bien présentes dans le primaire, tout comme dans le secondaire (équivalent des Centres de Documentation et d’Information des collèges et lycées français).
  • Les bibliothèques universitaires. Elles sont ouvertes aux étudiants et aux enseignants et proposent des fonds plutôt riches (surtout dans les domaines de la médecine et de l’agriculture). Les documents scientifiques constituent une part importante des collections et sont séparés de la fiction.
  • Les bibliothèques de lecture publique. Elles sont peu nombreuses et pauvres. Elles relèvent bien souvent d’associations humanitaires ou de centres culturels. Les fonds manquent parfois d’actualisation Asso-Apis-Togo.jpget de richesse. Pendant l’été 2006, une bibliothèque a été mise en œuvre à Agou Klonou, au Togo. Un habitant disposait d’un local et a souhaité l’aménager en bibliothèque. Il a pu mener à bien ce projet grâce à l’aide financière (pour les travaux et le salaire du bibliothécaire) et matérielle (apport de livres) de l’Association humanitaire « Apis Togo ».(photo ci-contre)  D’autres structures naissent d’un jumelage : c’est le cas de la bibliothèque d’Agou Tavie Tomegbé (le 27 décembre 2007), issue de l’union du village de Tomegbé (situé au Nord-Ouest de Lomé, la capitale du Togo) et de l’association « Compagnie » de Bordeaux. Par ailleurs, l’Association Valentin Haüy, créée en 1889 par Maurice Sizeranne (basée en France, à Paris), apporte une aide internationale aux pays d’Afrique francophones pour constituer des bibliothèques proposant un fonds sonore et en braille développé. Cette association est au service des personnes aveugles et malvoyantes.  Marguerite ABOUET, scénariste de la bande dessinée Aya de Yopougon (dont le premier tome est paru en 2005 et pour lequel elle a reçu le premier prix au festival d’Angoulême), a aussi créé une association nommée « Des livres pour tous » en 2008. Son but est de permettre l’ouverture de bibliothèques dans les quartiers défavorisés des grandes villes africaines. Elle espère que la première sera réalisée à Abidjan, dans son quartier d’origine : Yopougon.
  • Les bibliothèques mobiles. Elles sont généralement gérées par des organismes étrangers. Les « Bibliothèques mobiles de soins infirmiers » (créées par le Conseil International des Infirmières, qui regroupe 130 associations nationales d’infirmières dans le monde entier) jouent un rôle très important dans la diffusion de connaissances de santé auprès des infirmières africaines et des populations qu’elles servent. En 2001, plus de 250 bibliothèques mobiles ont été livrées à des infirmières travaillant dans 17 pays africains.
2) La formation du personnel des bibliothèques

Il existe des écoles de formation et des associations de professionnels qui assurent la transmission de leurs savoirs aux personnels des bibliothèques d’Afrique Subsaharienne.

Au début, les formations étaient apportées par les anciens pays colonisateurs. Puis des écoles se sont développées en Afrique pour répondre aux besoins de la main d’œuvre dans le domaine de la bibliothéconomie. Pendant un temps, les formations relevaient de l’Ecole des Bibliothécaires, Archivistes et Documentalistes de Dakar (EBAD) et la Fondation Rockfeller soutenait l’Ecole de Bibliothécaires à Kampala dans leur formation. Aujourd’hui, on trouve des formations universitaires au Mali, au Cameroun et au Bénin. La première école de bibliothécaires d’Afrique subsaharienne fut fondée en association avec le British Council, au Ghana (ex Côte d’Or) en 1944, soit 13 ans après celle d’Afrique du Sud (qui fut la première de toutes les écoles de bibliothécaires conçues sur le continent africain). La première école d’Afrique de l’Est est, quant à elle, née en Ouganda en 1963. L’UNESCO et l’IFLA (International Federation of Library Association) apportent une aide à ces formations.

Petit à petit, des associations de bibliothèques sont nées, en même temps que ces formations se sont développées. L’Association des bibliothèques des pays d’Afrique Subsaharienne a été fondée en 1930, afin de regrouper toutes les personnes intéressées par l’avenir du service des bibliothèques (réflexion et concertation pour développer les bibliothèques).

Les formateurs doivent transmettre aux professionnels les connaissances bibliothéconomiques et culturelles de base, mais également la façon de se servir des informations disponibles sur Internet et de les analyser afin qu’ils puissent orienter leur public, sans se limiter à une simple mise à disposition des outils informatiques.


3) Les pouvoirs publics et les bibliothèques


Le Conseil national des bibliothèques n’existe pas, même s’il apparaît comme un élément essentiel dans le développement du livre et de la culture au niveau national.

Cependant, la création du Conseil de la Bibliothèque de la Côte d’Or (suite à l’ordonnance de 1949, en 1950) a influencé l’élaboration de Conseils de Bibliothèques pour les autres bibliothèques du continent africain et leur a fourni un modèle. Ce Conseil avait pour « fonctions d’établir, équiper, gérer et entretenir les bibliothèques », selon Evlyn Evens, bibliothécaire du British Council, qui a implanté le Conseil de la Bibliothèque de la Côte d’Or. Des pays tels que la Sierra Leone, le Tanganyika et le Kenya créèrent leur Conseil de Bibliothèques en 1959, 1963 et 1965 (respectivement). Au fur et à mesure, ces Conseils ont mis en œuvre des services spécifiques, notamment en direction des bibliothèques publiques (Conseil de la Bibliothèque Publique en Ouganda, en 1964).


Conclusion

Malgré la présence de différents types de bibliothèques en Afrique Subsaharienne et les réflexions faites autour de leur éventuel développement, elles demeurent disparates et dans une situation précaire (manque de financement et de soutien de la part des pouvoirs publics). L’Association pour le Développement des Bibliothèques en Afrique, fondée en 1957, continue d’organiser des journées d’étude pour tenter de trouver des solutions (cf. « Association pour le développement des bibliothèques en Afrique », BBF, 1959, n° 12, p. 574-575). Parallèlement, les bibliothèques d’Afrique du Sud semblent plus développées. Ceci vient essentiellement de leur passé commun avec les Etats-Unis.

Bibliographie et sites Web

 http://www.ifla.queenslibrary.org/IV/ifla73/papers/144-Ranasinghe-trans-fr.pdf

 
http://www.infirmiers.com/actualites/actualites/afrique-des-bibliotheques-mobiles-de-soins-infirmiers.html


 http://www.aib.ulb.ac.be/colloques/2007-brazzaville/fulltext/2007_04_blanquet.pdf

 http://www.afriquejet.com/actualites/education/atelier-a-lome-sur-les-bibliotheques-en-afrique-subsaharienne-200806247490.html

 http://www.apis-togo.org/action-2006-bibliotheque.html

 http://www.avh.asso.fr/ : site de l’Association Valentin Haüy

« Association pour le développement des bibliothèques en Afrique », BBF.- 1959, n° 12, p. 574-575.

 ABOUET Marguerite et OUBRERIE Clément, Aya de Yopougon, tome 1.- Gallimard : Paris, 2005.- 96 p. (Bayou).


Aurélie, L.P. Bibliothèques


  Voir le programme de la Biennale des littératures africaines sur OULIBO.




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