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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 07:00

 

Petit historique de la littérature et des bibliothèques en Tunisie

 

La Tunisie est appelée Régence de Tunis, jusqu’à son passage sous protectorat français en 1881. Ce protectorat peut expliquer pourquoi de 1886 à la date de son indépendance, les ouvrages en langue arabe représentent un faible pourcentage dans l’ensemble des collections des bibliothèques. Les mosquées et mausolées ont souvent joué un rôle d’archives pour ces ouvrages.

Suite à la signature du traité d’indépendance en 1956, la Tunisie s’organise et collecte les documents qui ont été archivés par les édifices religieux. On voit alors se développer deux formes de littérature tunisienne : une littérature en arabe et une littérature en français. Si la littérature arabophone est plus importante en termes de volume, puisque plus ancienne, elle s’essouffle depuis quelques années. La bibliographie nationale ne dénombre que 885 titres publiés en arabe en 2002. Cependant, ce phénomène qui touchait la production littéraire de manière globale semble se dissiper puisque on passe de 1249 livres non scolaires en 2002 à 1700 ouvrages en 2007.

Le tiers de ces ouvrages sont consacrés à la littérature de jeunesse et le budget accordé par l’Etat en 2003 à la production d’ouvrages était de trois milliards de dinars tunisiens soit près d’un milliard six cent mille euros. On dénombre une petite centaine de maisons d’édition en Tunisie aujourd’hui.

Il est difficile de prédire ce que sera l’avenir de la littérature tunisienne, au vu des récents événements de janvier.



Les différentes bibliothèques en Tunisie

La Bibliothèque Nationale

La Bibliothèque Nationale de Tunis a vu le jour suite au décret du 8 mars 1885. Elle se constituait alors de collections offertes par la Direction de l’Instruction Publique ainsi que de la bibliothèque d’un ancien Consul de France en Tunisie, Charles Tissot.

En 1910 elle fut transférée à Al-cattarine ; c’est à cette période, avec l’arrivée d’un nouveau conservateur, Louis Barbeau, qu’elle connut un véritable essor.


C’est en 1956 que la bibliothèque prit le nom de Bibliothèque Nationale de Tunisie. Les ouvrages en langue arabe ne représentaient alors pas plus du sixième de l’ensemble du fonds de l’établissement. Cette situation changea avec la nomination à la tête de la bibliothèque de Othman al Kaâk, qui mit en place le développement de ce fonds.

En 1967, un décret présidentiel entraîna le regroupement de manuscrits conservés dans des mausolées, mosquées et bibliothèques. À la suite de cette décision, les fonds des bibliothèques al Abdallya datant du XVIe siècle et al Ahmadya datant de la première moitié du XIXe siècle, (conservés jusqu’alors dans la bibliothèque de la Grande Mosquée al Zaytuna) furent également transférés à la bibliothèque nationale.


Enfin, en 1975, l’établissement dispose du dépôt légal de toute la production nationale.



Les principales missions de la Bibliothèque Nationale de Tunisie sont

– « collecter, conserver, mettre en valeur et communiquer le patrimoine éditorial tunisien »,
– « assurer aux chercheurs et au grand public l’accès aux savoirs dans les différentes langues et les différents supports de l’information »,
– « assurer des services de conseil et d’orientation bibliographique »,
– « mettre en valeur la richesse de ses collections par le biais des expositions, des rééditions et des moyens offerts par les nouvelles technologies »,
– « organiser des sessions de formation pour les professionnels ».



La structure se compose

 
– d’une salle des manuscrits de 590 m² réservée aux chercheurs et aux personnes munies d’une autorisation spéciale de recherche. Elle compte 40000 titres dont des ouvrages rares et anciens couvrant tant le thème religieux que la littérature, la médecine, la musique, etc.,
– d’une salle de recherche de 1200 m²,
– d’une salle de lecture générale ouverte aux abonnés annuels et à ceux munis d’une carte de chercheur exceptionnelle. Son fonds est consultable en libre accès. Il se compose d’ouvrages en différentes langues (on peut en compter 50 différentes),
– d’une salle des collections spéciales, composée de trois salles de 50 m²,
– de 16 bureaux de recherche d’une superficie totale de 225 m²,
– de laboratoires pour la reliure, la restauration ou encore la numérisation,
– de magasins divisés en différentes tours : une pour les périodiques (5000 m²), trois tours pour les ouvrages et des magasins spécifiques pour les manuscrits,
– d’une salle pour les conférences,
– d’un espace pour les expositions,
– d’un restaurant ouvert à l’équipe de la bibliothèque ainsi qu’aux visiteurs,
– d’un parking,
– d’un espace accueil pour les visiteurs.

Une visite virtuelle de la bibliothèque est possible ici.



Le réseau des bibliothèques publiques

Ce réseau compte 369 bibliothèques, dont 340 fixes et 29 mobiles, dans lesquelles sont recensés 536349 ouvrages en langues arabe et étrangère. On compte 179722 adhérents, dont la majorité sont des étudiants et élèves.

La bibliothèque de la grande mosquée de Kairouan et celle de la mosquée Ezzitouna à Tunis furent les premières à voir le jour en Tunisie et possèdent des fonds important de manuscrits et de documents rares et précieux.

En 1991, la direction de la lecture publique et l’Association tunisienne des documentalistes, des bibliothécaires et des archivistes lancent un plan d’incitation à la lecture avec pour objectif « de sensibiliser l’opinion publique au rôle des bibliothèques et des centres de documentation et d’information et d’enraciner l’habitude de la lecture comme pratique culturelle permanente ».

Les associations des amis des bibliothèques et du livre en Tunisie, sont également très actives dans la mise en valeur du livre et de la lecture. La première fut créée en 1977 et on en compte aujourd’hui 27 réparties dans tout le pays. Elles sont présentes dans toutes les manifestations culturelles ou journées d’études. Elles proposent égalent des journées de formation pour les personnels des bibliothèques, afin qu’ils puissent s’adapter au mieux aux différents changements technologiques importants dans leur métier.



Les Archives Nationales de Tunisie

En 1847 fut créé le « centre des correspondances de l’État », sous la tutelle du Grand Ministère, il avait pour mission de s’occuper des archives. Pour cela, il collectait les documents publics auprès des hauts fonctionnaires et des dignitaires de l’État. La Tunisie fut le second pays, après l’Égypte, à organiser ses archives.


Durant le protectorat français, le système de classement des documents administratifs suivait celui établi en France. Des archives ont été créées dans les différents services de l’État Tunisien.

En 1883, le « Centre des correspondances de l’État » devient « Les Archives générales du gouvernement » qui conservent les documents « après la fin de leur utilité administrative ». C’est le Secrétaire général du gouvernement qui est en charge de ce service.

En 1955, elles deviennent « Archives générales », puis « Division des Archives générales et de la Documentation » en 1967. Elle est alors « chargée de la centralisation et de la conservation des archives générales de l’État. Elle procède à l’établissement d’un répertoire général des archives de l’État et à sa mise à la disposition des chercheurs en vue de son exploitation ».

Avec la création en 1970 du Premier ministère elles sont renommées « Division des Archives générales » puis en 1971 elle devient une sous-direction.

Dans les années suivantes, les archives ne reçoivent plus aucun document et leur mission reste cantonnée à la mise à disposition des documents déjà à leur disposition.


Cependant, les documents s’entassent dans les différents bureaux, et par un décret de 1988, sont instituées les « Archives nationales », sous la tutelle du Premier ministère.

 

 

 

Les archives nationales ont pour missions

– « d’œuvrer à la sauvegarde du patrimoine archivistique national »,
– « de veiller sur la constitution,  la conservation,  l’organisation et l’utilisation de tous les fonds d’archives des services relevant de l’Etat, des collectivités locales, des établissements et des entreprises publics, des organismes privés chargés de la gestion d’un service public et des officiers publics »,
– de « collecter, conserver et communiquer les sources archivistiques se rapportant à la Tunisie et se trouvant à l’étranger. »

Le fonds conservé par les « Archives nationales » couvre la période de la fin du XVIIe jusqu’à aujourd’hui et se découpe en quatre groupes : la période précoloniale, la période coloniale, la Tunisie indépendante et les fonds documentaires.

Une visite virtuelle est possible ici.



Les bibliothèques universitaires

On compte à ce jour près de 200 bibliothèques universitaires dont 173 inscrites dans le réseau informatisé des bibliothèques universitaires tunisiennes BIRUNI. Le projet développé à partir de 1997 est concrétisé en 2004. Son objectif principal est « de constituer le catalogue collectif regroupant les fonds documentaires des bibliothèques universitaires et de les doter de moyens nécessaires et d'un système d'information performant, permettant un accès ergonomique et le plus exhaustif possible aux documents y existants ».



Il vise à


– « Promouvoir la consultation à distance des fonds documentaires universitaires via le portail documentaire dédié www.biruni.tn auprès des enseignants, étudiants, chercheurs, bibliothécaires,… »,
– « Constituer un catalogue collectif regroupant tous le fonds documentaires universitaires (catalogue universitaire tunisien) »,
– « Informatiser la gestion des Bibliothèques Universitaires ;  unifier les procédures de travail et la politique documentaire du secteur en accord avec les normes internationales ».

Aujourd’hui, le catalogue des bibliothèques universitaires membres du réseau compte pas moins de 1.350.000 titres.

 

Sources

http://www.bu.turen.tn/v-fr/accueil.php
http://www.bibliotheque.nat.tn/fr/default.aspx
http://www.archives.nat.tn/fr/default.asp
http://fr.wikipedia.org/wiki/Tunisie
http://fr.wikipedia.org/wiki/Litt%C3%A9rature_tunisienne
Masson, André, « La lecture publique en Tunisie », BBF, 1968, n° 6, p. 271-274

 

 


Aurélie Giros, Mélanie Dero, L.P. Bibliothèques

 

 

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Published by Aurélie et Mélanie
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Aurélie Giros et Mélanie Dero 10/03/2011 15:40


Bonjour,

tout d'abord merci pour votre commentaire. En ce qui concerne l'avenir de la littérature en Tunisie, la question que nous nous posions n'était pas de savoir si celle ci disparaitrait mais plutôt
quelle sera l'influence de cette révolution sur la littérature tunisienne et comment elle va évoluer dans le futur.

Encore merci,

Aurélie et Mélanie


OLGIATI Danielle 10/03/2011 12:32


J'ai lu votre article avec intérêt. On a souvent lu que le niveau d'instruction du peuple tunisien avait favorisé une démarche populaire contre la dictature. Votre article donne des informations
utiles à mieux connaître et soutenir le réseau des bibliothèques.
En fin de votre introduction, vous dites "Il est difficile de prédire ce que sera l’avenir de la littérature tunisienne, au vu des récents événements de janvier." On croit comprendre, mais je me
trompe sûrement, que la démarche de démocratisation actuelle ferait courir un risque à la littérature tunisienne.
Plus technique : deux liens au coeur du message étaient fautifs.


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