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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 08:00

Entretien avec Eric Latouche & Robert Serrano, 

directeurs de la publication

 

LES-HESITATIONS-D-UNE-MOUCHE.jpg

 

En quelle année a été créée l'association L'écrit de la mouche et dans quel but ?

Tout d'abord, il ne faut pas confondre l'association et la revue, même si toutes deux sont intimement liées. Cette dernière (Les hésitations d'une mouche) est née en juin 1997. Pour des raisons économiques, juridiques, logistiques, bref pour qu'il n'y ait pas de ... hic, l'association (L'écrit de la mouche) a été créée officiellement le 15 janvier 2000. Elle sert de base arrière à la revue d'un point de vue comptable et décide des orientations à suivre, impulsées par ses membres actifs.


Quelles actions mène actuellement votre association ? Qui sont vos partenaires ?

Encore une fois, l'obligation première et prioritaire de l'association consiste à publier tous les trimestres, et ce, depuis 12 ans, la revue littéraire. Ce qui occupe une bonne partie du temps. Pour le reste, nous n'avons pas de partenaires attitrés. Par déontologie, l'association a décidé de se passer de subventions, de deniers publics, de partenariats privés, de mécénat, se débrouillant seule et n'ayant de comptes à rendre à personne, si ce n'est à ses adhérents.


Marina MorgantiniComment vous est venue l'idée de créer la revue Les hésitations d'une mouche ? Pourquoi avoir choisi ce titre ?

L'idée s'apparentait à l'époque à une véritable utopie qui, aujourd'hui encore, finalement, perdure dans nos esprits, preuve que l'on peut vieillir sans renier son idéal de départ. À l'origine nous avions constaté combien de nombreux textes de gens qui écrivaient par passion, dormaient, selon le cliché éculé, dans des tiroirs. L'idée nous est donc venue de leur offrir une vitrine. Tout simplement. Quant au titre, on le doit à Françoise Sagan dans Bonjour Tristesse. Cherchez bien, vous y trouverez cette association de mot pour laquelle nous avons, comme on dit en langage djeun, flashé.


Illustration de

Marina Morgantini

 

 

Comment faites-vous votre communication mis à part les nombreux salons auxquels vous participez et votre référencement sur le site de l'ARPEL  ?

 On n'a jamais rien inventé de mieux depuis la nuit des temps que le bouche-à-oreille. Outre qu'il facilite le rapprochement entre genre humain, il a le mérite de travailler durablement et de s'instiller dans un coin de l'esprit. Sinon, époque moderne oblige, nous avons un site Internet , incontournable de nos jours.

 


Faites-vous du dépôt ?

Du dépôt vente ou du dépôt légal ? L'un mais pas l'autre assurément. On préfère accompagner la Mouchephysiquement, dans la mesure du possible. Bien que d'un âge raisonné, elle mérite encore et toujours, l'attention et l'affection de ses parents.


Comment vous êtes-vous fait connaître à l'étranger ? Quelles sont les répercussions ?

Dire que l'on s'est fait connaître à l'étranger paraît présomptueux. La Mouche a voyagé, certes, en Afrique, sur les deux continents américains, un peu partout en Europe francophone, mais essentiellement parce que les auteurs publiés étaient natifs de ces contrées. Pour le reste, vous avez le don de poser, finalement, plusieurs questions dans une, mais concernant les répercussions, à ce jour, pour être bref, on dira aucune. Simple précision puisque vous n'aviez pas songé à cet aspect-là : l'association se ruine en frais d'expédition dès lors qu'il nous faut franchir nos belles frontières. En un mot comme en cent, une revue expédiée à l'étranger nous coûte assurément plus qu'elle ne nous rapporte, même si nous n'en faisons pas une question d'argent.

 
En lisant votre revue, il nous a semblé qu'il y avait une tendance fantastique dans les textes choisis ainsi qu'un certain engagement politique. Malgré votre volonté de donner une chance à tous, avez-vous une ligne éditoriale ? Comment choisissez-vous les textes qui seront publiés et les artistes qui illustrent la couverture de la revue ?

Aucune tendance ni engagement politique (apportez-nous les preuves). Après, chacun y voit ce qu'il a envie de voir, interprète à sa manière, analyse, dissèque, absorbe, ingurgite, digère, tous les mots qui s'étalent avec fracas dans nos pages. Pas de ligne éditoriale, mais une ligne jaune à ne pas franchir sur quelques aspects qui nous sont chers, la tolérance par exemple, la liberté d'expression n'étant pas synonyme d'un grand n'importe quoi qui s'affranchit des règles de bienséance. Tout le monde a sa chance, quel que soit son âge, sa raison sociale, sa fortune, l'auteur étant jugé sur ses écrits qui passent de main en main au sein d'un classique comité de lecture qui, par la suite, fait la synthèse des avis, favorables ou non. Idem pour les illustrations.


En publiant les textes, élaborez-vous un ordre de préférence, de coups de cœur comme par exemple sur la quatrième de couverture ?

Absolument pas. La quatrième de couverture est réservée, par nécessité à des textes d'une certaine longueur. Mais on peut y voir, effectivement, un privilège, que d'être ainsi exposé. Pour le contenu des 16 pages, celui-ci répond à une savante alchimie, entre textes longs et courts, avec des sujets que l'on espère variés afin de ne pas sombrer dans le désespoir ou le béat contentement au long d'un même numéro. Il s'agit là de l'exercice le plus périlleux. Le succès de la revue en dépend. On est des Domenech : il nous faut sélectionner et mettre en musique avec une certaine unité l'ensemble des textes.


Suivez-vous certains auteurs et artistes ?

Oui. Nous nourrissons parfois des relations épistolaires ou autres, tant avec les auteurs que les lecteurs. Généralement, la démarche doit venir de l'intéressé, car par manque de temps essentiellement, on ne peut pas se permettre d'effectuer un sondage auprès de tous, ni les relancer pour savoir s'ils ont bien reçu la revue, une fois qu'ils ont été publiés, car parfois, revers de la médaille oblige, on n'entend plus parler de ceux que l'on nomme des « mercenaires » (on les repère vite cependant), pour qui la publication ne sert qu'à alimenter un CV et parader ainsi, auprès de qui d'ailleurs ? on ne sait pas trop. Globalement, en un esprit de fraternité avéré, nous aimons tous nos auteurs, nous en sommes toujours très fiers, prêts à les soutenir si nécessaire.


Faites-vous parfois vous-même appel à des auteurs et des artistes ?

Franchement non, nous n'en voyons pas l'intérêt. Pas de passe-droit au motif que la personne est connue et/ou reconnue, cela n'entre pas dans notre philosophie, d'autant que la liste d'attente pour être publié enfle énormément. En ce moment, ça bouchonne sérieux comme dirait Bison Futé !


Certains se sont-ils fait connaître et/ou publier grâce à vous ?

Oui nécessairement. Ce sont là nos petits bonheurs personnels et une reconnaissance du travail accompli. Si nous adorons travailler dans l'ombre, que certains aient pu avoir accès à la lumière, nous ravit franchement.


Les auteurs s'engagent à ne pas réclamer de droits d'auteur, mais y a-t-il une alternative pour la protection de leurs textes ou illustrations ?

 Rien n'empêche un auteur, et c'est souvent le cas, de s'entourer de précaution avant toute publication. L'arsenal législatif existe même s'il n'est pas à la portée de toutes les bourses. De notre côté, nous sommes clairs en annonçant clairement la couleur à travers notre règlement.
Mouche-couv-52.jpg

En ce qui concerne la mise en page, est-ce volontaire de rester sobre ? Est-ce une façon de donner effectivement une chance à chaque auteur en ne faisant aucune distinction particulière entre les textes ? Est-ce tout simplement dû à un manque de moyens ?

La fin justifie les moyens, c'est bien connu. Nous restons sobres parce que l'univers des lettres n'est pas forcément olé-olé et nous non plus d'ailleurs. Notre longévité crédibilise notre manière de faire, de penser, d'agir, ne serait-ce qu'à notre modeste niveau, parce qu'effectivement nous ne roulons pas sur l'or, même si encore une fois, l'argent n'est pas notre moteur. Sous notre capot, l'envie et la passion guident notre rythme de croisière et la vitesse de pointe.

 
Enfin, souhaitez-vous développer et diversifier votre revue ? Quelles sont vos ambitions futures ou éventuelles ?

Ouf, voici la fin de l'interrogatoire ! Pouvez-vous nous rendre nos effets personnels, nos lacets, nos portables  ?... Notre seul credo : continuer à exister. Chaque jour on s'en donne les moyens, afin de sans cesse progresser, de toujours s'améliorer, se bonifier et tendre vers l'excellence. C'est notre manière de témoigner. Croyez-moi, la Mouche n'a pas dit son dernier mot.

 
Propos recueillis par Delphine et Camille, L.P.
 


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Published by Delphine et Camille - dans Entretiens
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