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29 novembre 2009 7 29 /11 /novembre /2009 07:00









« Lisez Hélène Bessette ! »
RITOURNELLES 2009

jeudi 12 novembre,
bibliothèque Mériadeck
















Hélène Bessette est un personnage, un caractère, un auteur atypique au ton incisif et libre. Le festival Ritournelles proposait devant un public nombreux, le jeudi 12 novembre à la bibliothèque Mériadeck, une série de lectures de ses œuvres par quatre écrivains contemporains : Julien Doussinault, son biographe, Fred Léal (écrivain, éd .P.O.L.), Laure Limongi, écrivain et directrice de la collection Laureli aux éditions Léo Scheer et Noëlle Renaude, écrivain et dramaturge (éditions Théâtrales).Sa vie et son rapport à l’écriture, intimement mêlés auraient pu faire l’objet d’un roman. Femme de pasteur dans les années 40 en Nouvelle-Calédonie, elle rentre en France où Raymond Queneau remarque son écriture. Elle signe pour dix livres chez Gallimard, maison qu’elle ne quittera jamais, malgré un sentiment d’isolement et d’étouffement progressif. A la fois en marge de la mode du Nouveau Roman porté par les éditions de Minuit et profondément ancrée dans son époque, Hélène Bessette expérimente. Adepte d’une écriture nouvelle, dépouillée et agressive, elle exige de son lecteur qu’il soit actif et qu’il s’extraie des codes de la littérature traditionnelle tout en étant attentif aux nombreux apports que l’auteur emprunte au roman noir. Elle s’attache aux « miettes de langage », aux « conversations molles de la vie », au détail monté en épingle, use  en les assumant de la redondance et des phrases inachevées. Hélène Bessette s’affranchit des carcans, quitte à être impolie ; à la fois drôle et désabusée, elle érige la figure du fou conscient manipulant le langage comme un double d’elle-même. Auteur d’un manifeste littéraire audacieux et sans concessions en plus de treize publications chez Gallimard, elle expose dans "le résumé" sa conception de l’écriture et fonde un mouvement littéraire : le « gang du roman poétique ». Exaltée et paranoïaque, c’est largement incomprise qu’elle cesse d’écrire.


Lectures

Si la lecture des romans poétiques d'Hélène Bessette n'est pas toujours aisée et demande au lecteur une soumission totale, son oeuvre éclate quand les mots résonnent. C'est d'ailleurs en lecture publique que Noëlle Renaude fait découvrir Bessette depuis plusieurs années. Passionnée par son écriture théâtrale et chagrinée par l'impossibilité de retrouver les livres de l'auteur jusqu'à leurs rééditions par Léo Scheer. C'est en faisant des lectures qu'elle a initié le public à cette oeuvre, et celui de la bibliothèque de Mériadeck ne s'y est pas trompé. Le rythme saccadé entraîne avec elle l'auditoire à bout de souffle. Par bribes clairement énoncées, c'est toute la douleur et la difficulté de Garance Rose, une femme en quête d'emploi, refusée de toute part, qui rejaillit sur chacun des spectateurs, des textes d'une force et d'une poésie éclatantes, qui se révèlent dès lors que l'on accepte d'entendre les mots et non plus seulement de les lire. La performance de Noëlle Renaude a su charmer, mais les textes de Bessette ont conquis. Ces oeuvres, sont d'une actualité déconcertante, qu'il s'agisse du désespoir d'une femme au chômage (Garance Rose) ou encore des descriptions d'une Suisse où riche rime avec riche excepté pour la narratrice (Suite Suisse), et le pouvoir d'évocation de cette prose poétique n'a rien perdu de son charme. De plus ces différentes lectures ont bien montré que même en dehors des lectures publiques, simplement pour soi, Hélène Bessette fait partie de ces écrivains qui gagnent fortement à être lus à voix haute, technique qui nous est assez étrangère mais qui mérite d'être pratiquée.


La réédition de ses œuvres par Léo Scheer est l’occasion d’un éclairage nouveau sur cet auteur Injustement oublié alors qu’admiré par les plus grands écrivains contemporains. Il aura fallu trente ans à Hélène Bessette pour conquérir un lectorat enthousiaste.


Bibliographie

Premières éditions

Lili pleure, Gallimard, 1953.
maternA, Gallimard, 1954.
Vingt minutes de silence, Gallimard, 1955.
Les Petites Lecocq, Gallimard, 1955.
La Tour, Gallimard, 1959.
La Route bleue, Gallimard, 1960.
La Grande Balade, Gallimard, 1961.
N'avez-vous pas froid, Gallimard, 1963.
Si, Gallimard, 1964.
Suite suisse, Gallimard, 1965.
Garance Rose, Gallimard, 1965.
Les petites Lilshart, Gallimard, 1967.
Ida ou le Délire, Gallimard, 1973.


Théâtre

Le Divorce interrompu
, Gallimard, coll. « Le manteau d'Arlequin », 1968.

Rééditions

Le Bonheur de la nuit, Éditions Léo Scheer, Coll. Laureli dirigée par Laure Limongi, 2006 (postface de Bernard Noël).
maternA, rééd., Éditions Léo Scheer, Coll. Laureli , 2007.
Suite Suisse, rééd., Editions Léo Scheer, Coll. Laureli, 2008 (postface de Florence Giorgetti et Robert Cantarella).
Ida ou le délire suivi de Le Résumé, Éditions Léo Scheer, Coll. Laureli , 2009.


Aline, Muriel et Sébastien A.S. Ed.-Lib.

Pour en savoir plus sur Hélène Bessette



Hélène Bessette sur le site des éditions Léo Scheer.  Présentation d'Hélène Bessette (PDF) ; vidéo : Laure Limongi présente la collection Laure Limongi - Hélène Bessette.

Revue de presse sur Hélène Bessette ici.
Voir également la présentation de la biographie dHélène Bessette par Julien Doussinault



Ritournelles 2009 sur Littexpress




Article d'Arthur sur Fever et entretien avec Leslie Kaplan








Rencontre Art/littérature Liliane Giraudon et Véronique Aubouy. Article de Maud, compte-rendu de Chloé, Lysiane, Patricia et Romain.






Jérôme Mauche, Electuaire du discount. Lecture performée. Compte-rendu de
Chloé, Lysiane, Patricia, Romain, A.S. ED.LIB.

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Published by Aline - dans EVENEMENTS
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