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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 07:00
Longtemps qualifié de « sous-genre », le roman policier acquiert aujourd’hui ses lettres de noblesse, avec un nombre incalculable de collections et d’auteurs phares. Aujourd’hui, le polar attire un public toujours plus large. Par conséquent, la plupart des éditeurs accordent une place de plus en plus importante au polar et plus particulièrement au polar étranger. Après l’émergence de pays comme l’Islande ou la Suède dans le développement du polar, on peut également constater que le continent africain tend progressivement à se faire une place au sein de la littérature policière.


Le polar en Afrique noire

Depuis quelques années, les auteurs africains prouvent qu’ils peuvent faire aussi bien voire mieux que leurs homologues occidentaux, puisqu'une vraie littérature émerge du continent africain ainsi qu’une littérature « noire » (sans mauvais jeu de mots).

Le dynamisme de l’Afrique dans le domaine du polar se ressent d’autant plus que des pays comme le Sénégal organisent de grandes manifestations autour du roman policier.



« Polar à Dakar »


Premier festival de cette envergure sur le territoire africain, il a néanmoins attiré de nombreux amateurs du genre en février 2000.

Entre projections cinématographiques, ateliers d’écritures et divers débats sur la légitimité de l’Afrique en tant que continent de littérature policière et sur les influences de la culture africaine sur le roman policier. Des nouvelles furent écrites au terme de ce festival qui permit à de nombreux auteurs sénégalais de rencontrer le public, de se faire connaître et de faire connaître leur travail.

 Ainsi, des auteurs ont pu s’imposer comme les chefs de file du polar africain.


Abasse Ndione


 Ndione-La-vie-en-spirale.gifNé en 1946 au Sénégal, Abasse Ndione publie pour la première fois La vie en spirale  aux Nouvelles éditions africaines. Ce roman est publié en deux partie, la première en 1982 et la seconde en 1987.

En 1998, ce texte est repris par les éditions Gallimard, qui l’intègre dans la collection « Série noire ».

Ce roman met en scène le périple de cinq garçons de la campagne sénégalaise dont le principal loisirs consiste à consommer du cannabis (yamba). Jusqu’au jour où ils se retrouvent en rupture de marchandise. C’est alors que l’un d’eux, Amuyaakar Ndooy prend la décision d’entrer dans la spirale infernale du trafic de drogue. Il met le doigt dans l’engrenage et devient un sipikat (trafiquant).

Par sa thématique principale, ce roman provoqua un véritable scandale à sa sortie. Il s’est pourtant vendu à plus de 5000 exemplaires et est également étudié dans certaines classes. Par la présence du thème du cannabis tout au long du roman, Abasse Ndione dut se justifier à de nombreuses reprises et se défendre d’avoir voulu faire une apologie de cette drogue dans son roman.

Ndione Ramata
Après avoir pris une retraite anticipée de son métier d’infirmier, Abasse Ndione se consacre à l’écriture et publie un deuxième roman : Ramata.


D’abord publié chez Gallimard dans la collection « Noire », ce roman parait en poche chez Folio Policier en 2008.
   
Enfant de la campagne, Ramata Kaba devient l’épouse du procureur général de Dakar et accède ainsi au statut de femme respectée dans la haute bourgeoisie sénégalaise. Ce roman raconte la vie de ce personnage, qui par son arrogance, a bien du mal à nous paraître sympathique, ainsi que son destin tragique. Mais outre la destinée de Ramata, ce roman est aussi celui de la haute bourgeoisie sénégalaise, dont les manipulations, les vices et les excès de corruption gangrènent le pays. C’est donc le pessimisme qui règne sur les pages de ce roman noir, salué par la critique.
Lucio-Mad.gif


Cependant d’autres auteurs comme Lucio Mad s’illustrent sans le polar. En effet, c’est sous forme de clin d’œil à son ami Abasse Ndione qu’il reprend le thème du cannabis dans son roman Dakar en barre. Il est également l’auteur de Paradis B, Les Trafiqueurs, publiés eux aussi en « Série noire » Gallimard.








Polar et Maghreb


Il n’y a pas que l’Afrique noire qui investit le domaine de la littérature policière. Le Maghreb n’est pas en reste avec une identité à part et des représentants tels que Yasmina Khadra.


Identité et guerre d’AlgérieAkkouche-Avis-decheance.gif

Les auteurs de polar maghrébin sont tiraillés entre leur statut d’immigrés, leurs difficultés au quotidien et la nostalgie de leur pays d’origine. Ces polars ont pour cadre la guerre d’Algérie ou les banlieues françaises où la vie d’immigré n’est pas de tout repos.
   
C’est en 1998 que Gallimard publie dans la « Série noire » deux romans ayant le Maghreb comme trame principale. Mouloud Akkouche raconte dans Avis Déchéance, l’enquête dans les milieux toxicomanes de Paris de son héroïne, une femme flic d’origine maghrébine. Le second roman est le fruit du travail d’une journaliste, Catherine Simon, qui raconte la guerre d’Algérie sur un ton caustique et cynique dans Un baiser sans moustache.


Khadra-quatuor-algerien.gifYasmina Khadra

Cet auteur-phare originaire d’Algérie a choisi le polar pour raconter son pays d’origine. Ses romans sont d’abord publiés aux éditions la Baleine dans la collection « Instantanés » avant d’être publiés en poche en Folio Policier. Son héros, le commissaire Llob nous entraîne par ses enquêtes, à la découverte d’une Algérie meurtrie par la guerre, mêlant le tragique au surréalisme dans les romans Morituri, Double blanc ou encore L’automne des chimères.

Dans Morituri, le commissaire Llob se lance à la recherche d’une jeune femme, Sabrine, avec pour seul indice, une photographie de celle-ci.

Cette enquête nous plonge au cœur de la ville d’Alger, entre cicatrices de la guerre civile et fanatisme religieux.



CONCLUSION

On peut désormais affirmer que le continent africain occupe une place grandissante dans la littérature policière. Avec une augmentation du nombre de collections chez les éditeurs et des auteurs talentueux, l’Afrique donne un souffle nouveau au polar en lui apportant une part de son identité.


Julie, L-P Librairie.


 
A noter également : Mali : Moussa Konaté





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