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24 février 2010 3 24 /02 /février /2010 19:00
Dalembert-L-autre-face-de-la-mer.gif














Louis-Philippe DALEMBERT
L'Autre Face de la mer

Stock, 1998
Serpent à plumes, coll Motifs, 2005












Dalembert01.jpg


Biographie de l'auteur

Louis-Philippe Dalembert est né le 8 décembre 1962 à Port-au-Prince (Haïti) qu'il quitte à l'âge de 23 ans. Véritable globe-trotter, il a notamment parcouru tout le continent américain, africain, européen... Il est diplômé de l'École normale supérieure de Port-au-Prince ainsi que l'École normale supérieure de journalisme de Paris. Entre 1994 et 1995, il séjourne en qualité de pensionnaire à la Villa Médicis ; depuis lors, il ne cesse d'aller de pays en pays (Andes, Israël, Palestine, Égypte, Jordanie...).



L'auteur était présent au salon Lire en poche 2009.


L'Autre Face de la mer

Découpé en trois parties, L'Autre Face de la mer nous fait découvrir à travers les yeux d'une grand-mère et de son petit-fils tout un pan de l'histoire haïtienne du XXe siècle.

« Longtemps, j'ai rêvé de traverser l'océan... »

Le roman débute avec « le récit de Grannie » où elle nous raconte comment, petite fille, elle aimait à regarder les bateaux s'amarrer dans le port de Port-au-Prince, s'imaginant alors quels avaient pu bien être leurs itinéraires. Comment, avec sa famille, elle avait dû quitter sa ville natale pour se retrouver esclave dans une plantation de canne à sucre et comment ils avaient fui cette oppression à leurs risques et périls.

« Ils sont vingt, trente. Ils paraissent des milliers. (…) Les regards ont quelque chose qui n'appartient plus à la race des hommes. »

La seconde partie, nommée « la ville », nous montre Port-au-Prince bien des années après à travers le regard de Jonas, le petit-fils de Grannie. Balade inquiétante dans des rues sombres, lapidation d'un homme, tel est le programme du personnage. On dénote une certaine incompréhension, le personnage, présent et absent en même temps, ne prend pas part à ce qu'il voit, comme détaché de la réalité.


« Et cette marée humaine marchait en direction de la mer. (…) Cap sur la nouvelle terre promise. »

La troisième et dernière partie revient un peu dans le temps ; elle nous raconte cette fois-ci l'enfance de Jonas, ses rêves, ses premiers amours, etc. En parallèle, l'auteur, toujours en finesse, nous fait entrevoir le système dictatorial qui règne alors ainsi que l'exode que connut la population haïtienne dans les années 60-70..

Commentaires sur le texte

Les récurrences


– Chaque partie évoque différemment l'exil, la fuite, que ce soit pour échapper aux colons espagnols ou à une politique répressive comme si le peuple haïtien ne devait jamais connaître le répit. Ce leitmotiv est personnifié par « l'homme au passeport », un pauvre être qui erre dans l'aéroport sans jamais aller nulle part.

– Chaque chapitre commence par des textes en prose indépendants du roman qui font l'apologie de la mer. De plus, l'auteur insère dans son récit des petits textes en haïtien (proverbes, chansons...)

– L'homme est très souvent abaissé au rang d'animal, plusieurs fois dans le texte, l'auteur prend le parti-pris de comparer les hommes à des cochons.


Avis

Il y a des fois où le hasard est cruel, une semaine après que j'eus replacé ce livre sur mon étagère, un séisme frappait l'île, la plongeant alors dans un état d'extrême détresse.

J'ai bien aimé ce texte qui, sans prétention, nous fait voir la vie à Haïti du côté de ses habitants. Le roman ne tombe jamais dans un pathos larmoyant, ce qui est un véritable exercice de style quand on commence à s'intéresser au sujet.

Lucie, 2e année Ed.-Lib.

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