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23 novembre 2012 5 23 /11 /novembre /2012 07:00

des FORETS Pas a pas jusqu au dernier

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Louis-René des FORÊTS

Pas à pas jusqu'au dernier

Mercure de France, 2001

Gallimard, L’Imaginaire, 2006

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Louis-René des Forêts est un des auteurs français les plus injustement oubliés du grand public au regard de la portée significative de son œuvre. Il ne faut pas pour autant blâmer le lecteur de cette lacune : l'œuvre est réduite. Une dizaine de titres, inachevée, éparpillée au gré des multiples revues dans lesquelles il a publié.

 

Né en 1918, il suit des études de droit et de sciences politiques en plus desquelles il s'investit dans des chroniques sur la musique ainsi que la littérature. Mobilisé pendant un an, de 1939 à 1940, il s'engage dans la Résistance et commence à écrire plus sérieusement.

 

Il est publié chez Gallimard pendant l'Occupation avec Les Mendiants (1941-43) et Le Bavard (1945). L'équipe intellectuelle de la NRF a confiance en ses talents, il continue d'être publié malgré  l'indifférence du grand public. Il y rencontre André Frénaud et surtout Raymond Queneau, qui soutiendra son œuvre.

 

Durant l'année 1945, il travaille pour Robert Laffont en tant que conseiller littéraire puis repart en province. Il reviendra à Paris en 1953 pour participer au projet de l'Encyclopédie de la Pléiade, mené par Queneau. C'est l'occasion pour lui de se lier d'amitié avec les auteurs célèbres de sa génération comme Georges Bataille (dont il a lu l’œuvre) et Maurice Blanchot, avec qui il entretient une connivence intellectuelle qui se ressent dans leurs œuvres respectives.

 

En 1960, après de longues années d'absence, il publie La Chambre des Enfants (prix de la Critique) .

 

En 1967, en collaboration avec notamment Jacques Dupin, il s'engage dans le projet de la revue L’Éphémère. C'est surtout l'année de la publication d'une œuvre des plus marquantes : Les Mégères de la mer, cinq cents pages versifiées qui abordent la thématique du langage, privilégiée dans tous ses livres. La très belle édition du Mercure de France accueille son œuvre phare Ostinato, un titre qui rappelle l'expression de la Renaissance « basso ostinato » qui désigne en musique une composition répétant de façon obstinée un même rythme.

 

Pas à pas jusqu'au dernier est publié à titre posthume au Mercure de France en 2001.

 

L’œuvre de Louis-René des Forêts, peu étendue, a pourtant inspiré de nombreux travaux : critiques, analyse, essais...

 

 

 

L'œuvre

 

Pas à pas jusqu'au dernier rassemble des notes diverses, mais rédigées et organisées par l'auteur avant sa mort. Le texte se présente sous la forme de courts paragraphes, autant d'émaux émotifs d'un auteur qui sent la mort se rapprocher. Bien que ce soient des réflexions personnelles, tout est exprimé à la troisième personne du singulier.

 

Les éclats verbaux qui composent le texte sont plutôt des témoignages d'une recherche littéraire, d'une recherche dans le langage qu'un exposé des vérités auxquelles il aurait accédé avant de mourir. L'ensemble de l’œuvre est très proche d'un essai philosophique, sans en avoir la prétention ni les longueurs explicatives (seulement 127 pages).

 

L'auteur aborde avec subtilité tous les grands thèmes que l'on rapproche de la vieillesse tardive et de la mort. Il se pose – comme tout un chacun – les questions les plus banales et les plus accessibles : y a-t-il quelque chose après la mort ? Suis-je toujours moi, même dans mes derniers instants ? Comment réagit-on face à la mort ?  Mais il quitte aussi les chemins battus dont il ne peut se contenter en renversant les mensonges et les idées reçues.

 

Ses notes battent en brèche nos illusions. Celle d’éviter la mort, aucun moyen ne pouvant nous prémunir contre cette issue. Celle de se préparer à une mort, dont on n’a aucune connaissance. Louis-René des Forêts tient un discours honnête au maximum de ses capacités. La rigueur est un des traits de son écriture. Il est exigeant dans son style mais aussi dans ses propos qui ne peuvent pas relayer des mensonges ou des semi-vérités. Autant qu'il le peut. Car il avoue lui-même l'échec d'une vérité figée. Il dénonce le renoncement et à la fois l’absurdité des remparts que l'on se construit contre la mort. Même si notre protection est un échec, on doit continuer à résister. Il est assez facile de comprendre que Louis-René des Forêts met en avant l'exigence de la résistance d'après son expérience personnelle de la guerre et donc de sa lutte pour la vie.

 

 

 

L'axe principal de sa réflexion éclatée est la question du langage.

 

Louis-René des Forêts s'interroge sur la place du langage aux derniers jours d'une vie. Il relève le paradoxe du silence angoissé face à la mort qui va générer une prolifération verbale, à la fois rempart mais aussi recherche de l'épuisement de la langue. Louis-René des Forêts apparaît comme un auteur taraudé par le langage qu'il cherche à épuiser pour accéder au silence serein de celui qui n'a plus besoin de s'exprimer et qui lui permettrait d'être plus serein face à la mort. Ce « il » présent dans le texte ressemble à s'y méprendre à un personnage de Fin de Partie (de Beckett)  qui cherche à en finir avec ses mots qui perdent de plus en plus leur sens, et qui continue pourtant de parler inlassablement jusqu'à ce que « ça » finisse.

 

Ce qui est certainement le plus marquant dans la prose de Pas à Pas jusqu'au dernier, c'est justement la poésie qui fait corps avec chaque mot. Le discours gagne en profondeur bien sûr par son sujet et son style très élaboré, mais davantage parce qu'il atteint son lecteur dans ce qu'il a de plus intime et de plus universel à la fois : sa relation à la mort. Pas à pas jusqu'au dernier est de ces bijoux littéraires méticuleusement ouvragés, transcendés par l'inspiration et la belle langue, qui éblouissent par leur étonnante clarté, leur transparence inattendue.

 

 

Clotilde, 2e année édition-librairie

 

 

Sources

 

http://www.larevuedesressources.org/hommage-a-louis-rene-des-forets,026.html

http://www.gallimard.fr/catalog/Html/event/forets.htm

http://www.fabriquedesens.net/Louis-Rene-des-Forets-signataire

 

 

Louis-René des Forêts sur Littexpress

 

des-forets-le-bavard.gif

 

 

 

 Article de Valérie sur Le Bavard

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

des FORETS Pas a pas jusqu au dernier

 

 

 

 

 Article de Marie-Cécile sur Pas à pas jusqu'au dernier.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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