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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 07:00

 

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Louis-René des FORÊTS,
Pas à pas jusqu’au dernier
Mercure de France, 2001
Gallimard, L’Imaginaire, 2006


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pas à pas jusqu’au dernier est une œuvre posthume de Louis-René des Forêts, dans laquelle il exprime ses doutes, ses incertitudes, sa souffrance face à la mort imminente et la douleur qui l’accompagne. On pourrait penser qu’il s’agit d’un énième récit de vie élégiaque, d’un réceptacle débordant de sentiments sombres et accablants, d’un déchaînement de lyrisme. Ce serait mal augurer du vieux compagnon d’Yves Bonnefoy et d’André du Bouchet.

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Petite présentation de l’auteur

Né en 1918, dans un milieu aisé, Louis-René des Forêts a connu la guerre et la perte de plusieurs de ses proches. La douleur marque profondément son œuvre et transparaît dans son style d’écriture.

Mais Louis-René des Forêts c’est surtout l’auteur d’Ostinato, des Mégères de la mer, du Bavard et des Mendiants. S’il n’a pas connu un franc succès auprès du large public et si son œuvre est demeurée restreinte, il n’en reste pas moins un personnage important de la littérature ne serait-ce que par son influence.

Il est entré dans les cercles littéraires de son époque et a participé à la rédaction de plusieurs revues littéraires dont L’Éphémère, La Nouvelle Revue Française. Il s’est lié d’amitié avec Raymond Queneau, fondateur de l’OULIPO, avec qui il participera à la conception de l’Encyclopédie de la Pléiade, mais aussi avec André Frénaud, Michel Leiris, Maurice Blanchot et Georges Bataille.


Pas à pas jusqu’au dernier

Écrite au cours de ses dernières années, Pas à pas jusqu’au dernier est la dernière œuvre de Louis-René des Forêts. Publiée posthumément, à la demande de l’auteur, en 2001 par le Mercure de France, elle livre les dernières pensées du vieil homme.

Il se refuse à laisser libre cours à l’expression débordante de son mal-être, n’hésitant pas à interrompre son récit lorsqu’il s’estime débordé par ses sentiments.

Pour prendre du recul avec l’écriture lyrique dont il se méfie, il n’utilise jamais « je » mais se désigne toujours par la troisième personne du singulier. De même, il ne donne presque pas de détails sur sa vie hormis quelques allusions.

Ainsi, au lieu de s’attarder sur sa personne, il écrit, sous forme fragmentaire, ses réflexions sur la vie, la mort, le langage qu’il considère comme un lien entre les vivants. En se plongeant dans ses réflexions personnelles, il n’oublie pas notre présence, car pour Louis-René des Forêts, écrire c’est vivre, communiquer avec les autres. Comme il l’explique lui-même, quoi qu’il dise, il ne pourra retarder l’échéance de sa mort mais écrire lui permet de soulager son esprit.

Ses phrases très longues et complexes traduisent son besoin de communiquer son angoisse tout en restant pudique, soucieux qu’il est de son lecteur. Il lui avoue sa peur mais ne l’embarrasse pas.

Pourtant, Pas à pas jusqu’au dernier n’est pas à part dans l’œuvre de Louis René des Forêt. Jusqu’au bout il alimentera le vaste débat sur les problématiques de soi, jusqu’au bout il défendra ses positions.

S’il est distant, la retenue n’impose pas la froideur. Malgré le dépouillement lyrique que l’auteur s’impose, les quelques métaphores qu’il utilise laissent des images d’une extraordinaire poésie. Sans le voir, sans le connaître, on imagine Louis-René des Forêts, seul, sur un chemin de campagne.

De même, son caractère tantôt sombre, tantôt jovial transparaît dans son écriture fragmentaire.

Une œuvre à savourer sans précipitation, en prenant le temps d’observer la beauté et la profondeur de ses réflexions.


Marie-Cécile, 2e année Bib.-Méd.-Pat.

 

 

Louis-René des Forêts sur Littexpress

 

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 Article de Valérie sur Le Bavard

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