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28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 07:00

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Luis SEPÚLVEDA
Histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler
Titre original
Historia de una gaviola y del gato que le enseño a volar
Traduction :
Anne-Marie Métailié
Illustrateur :
 Miles Hyman
Métailié, 2004













Résumé

Zorbas est un chat qui mène une vie tranquille jusqu’à ce qu’un jour une mouette mazoutée s’échoue sur son balcon, mourante, et lui fasse jurer de couver l’œuf qu’elle va pondre avec ses dernières forces, de protéger le poussin et de lui apprendre à voler. Zorbas, pour apaiser la mouette, lui promet de le faire et se retrouve alors malgré lui à devoir assumer le rôle de mère. Avec l’aide des autres chats du port, il va élever la petite Afortunada – qu’ils ont baptisée ainsi parce qu’elle a eu de la chance d’être tombée sous leur protection – et non seulement il réussira à tenir ses promesses mais il découvrira aussi la tendresse et l’amour.



Roman d’apprentissage

Histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler est un roman sur l’apprentissage de la vie en communauté ; il véhicule des notions comme le respect de l’autre et de ses différences ou la  protection des plus faibles. Les chats du roman élèvent une mouette, la respectent et l’aiment, non pas malgré sa différence mais justement pour cette différence. Zorbas dit à Afortunada qu’« il est très facile d’accepter et d’aimer ce qui nous ressemble, mais quelqu’un de différent c’est très difficile et tu nous as aidés à y arriver. » Zorbas élève Afortunada sans chercher à effacer ses différences et à en faire une semblable, il attend qu’elle trouve sa voie avant de lui apprendre à voler et ne l’empêche pas de partir à la fin du roman pour rejoindre ses pairs, ce qui est une très belle preuve d’amour de sa part.

D’ailleurs, le personnage de Zorbas évoluera beaucoup au cours de l’histoire. Au départ, c’est un chat attaché à son indépendance et à sa liberté qui ne se laisse pas marcher sur les pattes et n’hésite pas à recourir à la violence. Mais après sa promesse, il se trouve contraint d’endosser le rôle de mère, il doit couver, protéger l’œuf et nourrir le poussin. Malgré les railleries des autres chats, il met de côté sa fierté pour accomplir ces tâches et n’hésite pas à braver les dangers pour sa protégée, en faisant par exemple un pacte avec les rats pour qu’ils la laissent tranquille. En côtoyant quelqu’un de différent, il apprendra beaucoup et découvrira ce que sont la tendresse et l’amour ; il considère Afortunada comme sa propre fille. L’auteur dit ainsi qu’il la prend « délicatement entre ses dents » pour la transporter, comme le ferait une chatte avec son chaton.

C’est aussi un roman sur la quête d’identité ; Afortunada va devoir apprendre à s’accepter elle-même tout au long du récit. Elle fait partie de la communauté des chats et cherche donc à leur ressembler mais elle ne peut y parvenir, elle se sent différente et sera toujours considérée comme telle. Elle admire en secret la grâce des autres mouettes et décide finalement de « quitter le nid », de suivre sa propre voie et d’apprendre à voler malgré sa peur. Avec l’aide des chats, elle fera plusieurs tentatives infructueuses, puis y arrivera finalement en se jetant dans le vide du haut de la tour d’une église. Zorbas dira : « Au bord du vide, elle a compris le plus important […] que seul vole celui qui ose le faire ».



Roman sur la société

Le roman, qui est raconté du point de vue des chats, porte un regard très critique sur la société humaine, notamment sur l’absence de considération des hommes envers la nature et les animaux. Les chats voient en l’homme un danger. Ainsi, comme des milliers d’oiseaux chaque année, la mère d’Afortunada va succomber par la faute des hommes. Elle est prise dans une nappe de pétrole et l’on ressent la panique qui la saisit quand elle s’englue dans ce que les mouettes du roman appellent la « peste noire » ou « la malédiction des mers ». Elle se résigne alors à mourir lentement asphyxiée par le pétrole, en se disant que c’est « la plus terrible des morts » qui l’attend. Plus tard, Vent debout, un des chats, qui a l’habitude de naviguer, dira qu’« en mer il arrive des choses terribles » et que « parfois [il se] demande si quelques humains ne sont pas devenus fous, ils essayent de faire de l’océan une énorme poubelle. » Les animaux se moquent des contradictions de la société humaine et ne comprennent pas, par exemple, que les humains parlent tous des langues différentes mais parviennent quand même à se comprendre ou que des bateaux déversent des milliers de litres de pétrole en mer quand d’autres bateaux, pilotés aussi par des humains, essayent de les en empêcher.

Histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler décrit aussi la société animale, plus particulièrement la « communauté » féline. Il s’agit en effet d’une vraie communauté, régie par des valeurs de solidarité et d’entraide, par des lois comme l’interdiction de parler aux humains, par des rites – les chats enterrent la mère d’Afortunada et baptisent la jeune mouette – et par un code d’honneur – tout au long du roman, le chat Colonello ne cessera en effet de répéter qu’« une promesse sur l’honneur faite par un chat du port engage tous les chats du port ». Les chats vivent en accord avec les autres animaux et parlent la même langue qu’eux. Au final, la société féline semble bien plus sage et harmonieuse que celle des humains qui, du point de vue des chats, semble contradictoire, divisée et intolérante.



L’écriture

Histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler est un conte d'abord destiné à la jeunesse. Sepúlveda l’a écrit pour ses enfants, du temps où sa famille vivait à Hambourg, lieu où se déroule l’intrigue. Le roman se lit très facilement et l’écriture est simple mais puissante et de qualité. L’auteur aborde des thèmes profonds comme l’amour, la poésie, le respect de l’autre ou la préservation de la nature. Certains de ces thèmes, qui lui sont chers, sont également présents dans son roman le plus célèbre,  Le vieux qui lisait des romans d’amour.
 
Bien qu’écrit pour des enfants, ce roman, qui fourmille de références, offre plusieurs niveaux de lecture. La mère d’Afortunada, lorsqu’elle a les ailes goudronnées, se rappelle le mythe d’Icare et cherche à se rapprocher du soleil pour faire fondre le pétrole de ses ailes, les chats utilisent les plans de la machine à voler de Léonard de Vinci pour apprendre à voler à la jeune mouette ; et dans l’écriture même, Sepúlveda introduit des clins d’œil à d’autres auteurs, comme quand il décrit le bazar qui sert de quartier général aux chats en faisant un inventaire à la Prévert.

Histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler est un roman empreint de poésie. Tout d’abord dans le thème de l’histoire : les chats sont normalement prédateurs des oiseaux, or, ici, ils décident d’élever une mouette et la considèrent comme leur propre fille. On retrouve aussi cette dimension poétique dans l’écriture et les images utilisées, par exemple lorsque Afortunada,confiante, va prendre son envol pour la première fois du haut de la tour Saint Michel, l’auteur dit que « les projecteurs la baignaient de lumière et [que] la pluie saupoudrait ses plumes de perles. »

La poésie occupe aussi une place importante dans l’intrigue : pour apprendre à voler à Afortunada, Zorbas va faire appel à un humain mais pas à n’importe quel humain ; il demandera de l’aide à un poète en donnant l’explication suivante : « il ne sait peut-être pas voler avec des ailes d’oiseau, mais en l’entendant j’ai toujours pensé qu’il volait avec ses mots ». Le poète est celui qui est le plus à même de les aider car il est cultivé, ouvert d’esprit et a une sensibilité particulière, quand les chats viennent le voir et lui parlent ; il croit rêver  mais aime à penser que cela est possiblec ar il trouve que « c’est un très beau rêve ». Il cite à Zorbas le poème « les mouettes » de Bernardo Atxaga et c’est ce poème qui leur fera comprendre comment aider la mouette à voler : après l’avoir entendu, Zorbas se rend compte qu’il doit laisser Afortunada s’en aller, il l’encourage à « voler de ses propres ailes » car personne ne peut le faire à sa place, il la laisse se forger sa propre expérience.



Le récit est également plein d’humour ; les chats qui accompagnent Zorbas dans sa mission présentent des caractères humains et s’expriment parfois comme eux. Par exemple, l’un d’eux félicite Zorbas après la naissance du poussin et lui demande combien il pesait à la naissance. Ils sont décrits de manière caricaturale et sont souvent ridicules : Colonello miaule en italien et représente une autorité chez les chats du port alors que ses conseils ne résolvent jamais rien ; il s’approprie les idées de son secrétaire et lui reproche de toujours lui ôter les miaulements de la bouche. Secretario accepte qu’on lui confie toutes les tâches ingrates en échange de nourriture. Jesaitout cite toujours l’encyclopédie avec un ton pédant et fait des dissertations interminables mais aucune des solutions qu’il propose n’est adaptée à la situation, un des chats le lui fera d’ailleurs remarquer. Vent-debout est un chat marin avec un ciré jaune à sa taille qui se déplace en « chaloupant » de gauche à droite ; il parle le dialecte de Hambourg et raconte ses voyages en jurant. Deux chats « voyous » font plusieurs apparitions cocasses dans le roman. Lorsque Afortunada n’est qu’un poussin, ils la voient sans surveillance et veulent la manger, mais Zorbas arrive et les menace ; alors ils prennent peur et affirment être végétariens, puis ils s’attendrissent devant le poussin « qui sera un très beau chat ».



Avis personnel

Mes parents m’ont emmenée au cinéma voir le dessin animé tiré du roman lorsque j’étais à l’école primaire, au moment de la catastrophe de l’Erika. On trouvait alors sur les plages de nombreux oiseaux ayant subi le même sort que la mère d’Afortunada et le sujet m’avait beaucoup touchée à l’époque. J’ai donc décidé de lire le roman lorsque j’ai vu qu’il était dans ma bibliothèque.

Histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler est un livre optimiste et émouvant, il dénonce les travers de notre société avec acuité et humour et aborde des thèmes importants sans tomber dans le pathétique ou la leçon de morale. L’écriture est humble, sensible et poétique et les personnages sont drôles et attachants. On finit le livre avec un sourire sur les lèvres et l’envie de le faire lire à nos futurs enfants.


Anaig Trebern, 1ère année bib.

 

LUIS SEPÚLVEDA sur LITTEXPRESS

 

Sepulveda Le Monde du bout du monde Métailie

 

 

Article de Delphine sur Le Monde du bout du monde 

 

 

 

 

 

 


Luis Sepulveda Le Vieux qui lisait des romans d amour


Article d'Héloïse sur Le Vieux qui lisait des romans d'amour.





sepulveda.jpg


Articles de Julie et d'Hortense sur Journal d'un tueur sentimental

 

 

 

 

 

 

LUIS SEPULVEDA la lampe d'aladino

 

 

 Article d'Agathe sur La Lampe d'Aladino.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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Published by Anaig - dans jeunesse
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commentaires

ffsdtr 05/03/2016 13:25

Quelle est la date d'écriture svp?

rdfffdg 03/05/2015 14:38

bien

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