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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 07:00

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Marcel AYMÉ
Le Passe-muraille,1943
Gallimard
Folio, 1973


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Marcel Aymé est un auteur français du XXe siècle (1902-1967). Il est écrivain aussi bien de romans, de nouvelles, que de théâtre et d'essais. Il est l'auteur de nombreux ouvrages : deux essais, dix-sept romans, plusieurs dizaines de nouvelles, une dizaine de pièces de théâtre, plus de cent soixante articles et des contes. À travers ses œuvres, Marcel Aymé dépeint l'homme et la société dans laquelle il vit : hypocrisie, avidité, violence, injustice, mépris, mais aussi camaraderie, amitié, bonté, indulgence et dévouement. Il décrit les structures sociales de façon très réaliste. L'auteur français a été plusieurs fois récompensé au cours de sa carrière (prix du roman populiste, prix renaudot en 1929). (cf.  wikipédia pour plus d'informations)



Le Passe-muraille est le cinquième recueil de nouvelles de l'auteur, écrit en 1943. L'ouvrage contient dix nouvelles trèss différentes les unes des autres : « Le passe-muraille », « Les Sabines », « La Carte », « Le Décret », « Le Proverbe », « Légende poldève », « Le percepteur d'épouses », « Les bottes de sept lieues », « L'huissier » et « En attendant ». La date d'écriture est significative dans le recueil puisque plusieurs nouvelles évoque la Seconde Guerre mondiale et ses conséquences. La structure des nouvelles du recueil est plutôt classique (situation initiale, péripétie et dénouement). Enfin, le recueil a donné lieu à plusieurs adaptations cinématographiques, dont une du « Passe-muraille » avec Bourvil ; cette même nouvelle a inspiré Jean Marais dans la création d'une statue à Montmartre, place Marcel Aymé, représentant un homme traversant un mur.


le_passe_muraille.jpg


Résumé des nouvelles

 « Le passe-muraille » : un homme parvient à passer à travers les murs.

 « Les Sabines » : une femme se multiplie autant de fois qu'elle le souhaite et a autant d'amants que de multiplications d'elle-même.

 « La carte » : le gouvernement crée des cartes de temps et tickets de vie. Les personnes inutiles n'ont pas le droit de vivre plus que quinze jours par mois ; à la fin du quinzième jour, elles disparaissent du monde pour ne réapparaître que le premier jour du mois suivant. Un marché noir s'installe, les riches achètent des tickets de vie aux pauvres, certains vivent jusqu'à soixante jours par mois.

 « Le décret » : un saut dans le temps est décrété pour en finir avec la guerre, le temps avance donc de dix-sept années.

 « Le proverbe » : un père tyrannique en a assez que son fils soit dernier de la classe et que son collègue se moque de lui parce que son propre fils est premier de la classe ; le père aide donc son fils à faire son devoir.

 « Légende poldève » : une femme ayant dévouée sa vie à la religion et à l'aide de son prochain meurt mais se retrouve quand même sur liste d'attente au paradis.

 « Le percepteur d'épouses » : des maris doivent payer leurs impôts avec leur femme.

 « Les bottes de sept lieues » : une paire de bottes magiques permet à un écolier de sortir de la misère.

 « L'huissier » : un huissier doit retourner sur terre pour accomplir de bonnes actions auprès des pauvres afin d'accéder au paradis.

 « En attendant » : devant une épicerie, quatorze personnes évoquent chacune leur vie difficile pendant la guerre.

Il y a deux sortes de nouvelles dans le recueil Le passe-muraille : les nouvelles réelles et plausibles (« Le proverbe », « En attendant ») et les nouvelles irréelles et fantastiques. Avec les thèmes récurrents du recueil, nous assistons à un véritable mélange des genres. Tout d'abord, le fantastique est très présent dans le recueil. Il se manifeste dans la nouvelle « Le passe-muraille » avec l'homme qui passe à travers les murs, dans « Les Sabines » avec la femme qui peut se multiplier autant de fois qu'elle le souhaite, dans « Le Décret » qui fait avancer le temps de dix-sept années et dans « La Carte » avec les tickets de rationnement sur la vie des gens « inutiles ». Marcel Aymé réussit à faire entrer le fantastique dans la réalité avec tellement de simplicité que cela n'a presque rien de surprenant qu'un homme puisse passer à travers les murs ou que l'on avance le temps de dix-sept ans. Entre fantastique et merveilleux, il y a la dure réalité de l'occupation et ses conséquences (misère, rationnement, marché noir, les riches s'en tirent mieux que les pauvres avec les cartes de vie qu'ils rachètent aux pauvres). L'humour est également présent dans le recueil, spécialement dans la nouvelle « Légende poldève » et son dénouement. Enfin, la réalité quotidienne de l'époque fait partie intégrante du recueil. Ainsi, Marcel Aymé introduit du fantastique dans une vie des plus banales. Le fantastique devient donc réaliste.

De plus, il y a différents niveaux de fantastique dans le recueil, celui-ci se manifeste de différentes façons. Tout d'abord, nous trouvons des nouvelles entièrement fantastiques et irréalistes, c'est le cas de « Le passe-muraille », « Les Sabines », « La Carte », « Le Décret » et « L'huissier ». Mais on trouve également des nouvelles comiques et peu communes comme « Légende poldève » et « Le percepteur d'épouses ». Il y a aussi du merveilleux, à la manière des contes : « Les bottes de sept lieues » et des nouvelles fantastiques faisant référence à la guerre et à l'occupation, c'est le cas de « La Carte » et « Le Décret ». Enfin, il y a le fantastique d'anticipation avec la nouvelle « Le Décret ».



Impressions de lecture

Le plus surprenant et agréable dans le recueil est la manière dont Marcel Aymé intègre avec simplicité le fantastique dans une vie quotidienne marquée par la guerre et la collaboration. L'auteur parvient à nous dépeindre la société et la vie de l'époque par segments dans les différentes nouvelles du recueil. La vie quotidienne est ainsi rendue fantastique, elle paraît donc moins misérable et difficile à surmonter. Certaines situations prêtent à rire alors même qu'elles sont vécues par les personnages comme un véritable obstacle dans leur vie. C'est le cas du dénouement de « Légende poldève » ou encore des hommes qui en viennent à payer leur impôt en donnant leur femme au gouvernement dans « Le percepteur d'épouses ».


Morgane R., 1ère année Éd.-Lib.

 

Marcel AYMÉ sur LITTEXPRESS

 

Marcel AYME La Bonne Peinture

 

 

 

 

 

Article de Romain sur La Bonne Peinture

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

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Published by Morgane - dans Nouvelle
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commentaires

Emmanuel 30/03/2012 12:23

Intéressante chronique. Effectivement, fantastique et réalité son brillamment mêlées par Marcel Aymé à tel point que la frontière entre les deux disparaît. A-t-on le droit de parler de réalisme
magique, à l'instar des écrits de Garcia Marques et autres auteurs Sud américains de la deuxième moitié du XXe siècle ? Je serais tenté de répondre positivement, à moins que le contexte de guerre
et le cynisme dont fait preuve l'auteur dans la plupart de ses nouvelles incitent, en clin d'oeil, à adopter le terme de "pessimisme magique" !

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