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18 novembre 2012 7 18 /11 /novembre /2012 07:00

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Marguerite DURAS
La Douleur
1ère édition : P.O.L., 1985
éditions Gallimard
Collection folio, 2012



 

 

 

 

 

 

Marguerite Germaine Marie Donnadieu. Duras est un nom de plume, c’est le village où se trouve la maison paternelle, dans le Lot-et-Garonne. Née en 1914 à Saïgon, Indochine française, morte en 1996 à Paris. Elle est parfois associée au mouvement du Nouveau Roman.



L’autofiction : une forme d’écriture privilégiée par Duras

On peut retenir deux œuvres où elle évoque sa jeunesse : Un barrage contre le Pacifique (1950), L’Amant (1984), prix Goncourt.

Toile de fond des deux œuvres : 1928, la mère de Marguerite achète une terre en Indochine (colonisation), le père est mort depuis 1921. Les terres sont inondées, toutes les récoltes sont perdues, la famille est ruinée. 1930, Marguerite est en pension et au lycée à Saïgon.

 

 

  • Un barrage contre le Pacifique (se déroule en 1931).


La biographie : La lutte pour survivre à cause d’une terre inondée, la construction d’un barrage inutile, les usuriers qui réclament de l’argent. Une mère peu aimante, qui lutte pour sa terre. La vie coloniale.

La fiction : La fille, Suzanne, rencontre un homme riche mais laid, M. Jo, il la séduit par de nombreux cadeaux mais elle n’est pas intéressée. La mère et le fils cherchent à les marier. M. Jo est aussi retenu par un père autoritaire. Un jour il offre une bague ornée d’un diamant à Suzanne, la mère s’en empare afin de payer ses dettes mais elle découvrira que le diamant ne vaut pas grand-chose.

 

 

  • L’Amant (se déroule dans les années 1929-1930)

 

La biographie : Une mère enseignante, Marguerite est en pension à Saïgon.

La fiction : La rencontre entre une jeune fille de 15 ans ½ et un homme riche de 36 ans sur un bac traversant le Mékong. L’homme est dans une limousine noire, il intrigue la jeune fille. Il lui parle et lui propose de la ramener au pensionnat. Il tombe amoureux d’elle, ils se voient régulièrement chez lui. Une relation étrange et passionnelle se noue, ils savent qu’ils n’ont aucun avenir ensemble. Le récit avec l’amant est entrecoupé de souvenirs de sa vie avec les conflits familiaux.

C’est ainsi que se déroule le début de la vie de Duras dans les colonies indochinoises, cela l’a profondément marquée. La violence de la vie, la complexité des relations familiales, le passage à l’âge adulte, des thèmes qui reviennent dans ces deux œuvres.



Le cinéma, miroir de sa personnalité

Adaptations de ses romans

  • Un barrage contre le Pacifique adapté au cinéma en 1958, réalisé par René Clément, et en 2009 par  Rithy Panh, avec Isabelle Huppert et Gaspard Ulliel.
  •  L’Amant, projet de Claude Berri et Duras (scénariste). Mais elle tombe gravement malade. Jean-Jacques Annaud réalise le film. Elle sort de l'hôpital en 1989 et reprend le projet en cours. La collaboration tourne court et le film se fait sans elle. Se sentant dépossédée de son histoire elle s'empresse de la réécrire : L'Amant de la Chine du Nord (1991), juste avant la sortie du film.



Duras scénariste (Des films qui ont un rapport avec son vécu, la Seconde Guerre mondiale)

  • Hiroshima mon amour (1959), Alain Resnais.Une actrice se rend à Hiroshima en 1957 pour tourner un film sur la paix. Elle y rencontre un architecte japonais qui devient son amant, son confident, pendant quelques heures de sa vie.
  •  Une aussi longue absence (1961), Henri Colpi.Puteaux (Ile de France), 1969, une femme croit reconnaître son mari, déporté quinze ans plus tôt, sous les traits d’un clochard. Patiemment elle cherche à apprivoiser cet inconnu sans mémoire.



Duras réalisatrice

« Je fais du cinéma par lassitude du cinéma de consommation, pour ne pas le subir. C’est un acte de rupture, de refus ».

  • India Song (1975), présenté au festival de Cannes. Dans un palais à Calcutta, la vie de la femme de l’ambassadeur de France. Les acteurs ne parlent pas c’est une voix off qui parle pour eux et qui commente tout ce qui se passe (le temps qu’il fait, les sentiments des personnages…), grande lenteur de la caméra qui filme chaque détail.

 

  • Le Camion (1977), sélectionné au festival de Cannes, avec G. Depardieu et Marguerite Duras. Dans une salle à manger une scénariste lit à un acteur son scénario : c’est l’histoire d’une femme prise en stop par un camion. On ne voit pas la femme mais seulement le camion et des paysages. Le comédien commente le scénario.




La Douleur

La Douleur fait partie d’un ensemble d’écrits composés entre 1940 et 1945 réunis dans les « cahiers de guerre ».

 

 

Contexte

M. Duras rencontre en 1936 Robert Antelme (poète et résistant) nommé Robert L. dans La Douleur. Ils se marient en 1939. Dans la capitale occupée (Paris), Robert est engagé à la préfecture de police. Marguerite est enceinte. Elle accouche d'un garçon mort-né dont elle ne saura jamais faire son deuil. 1942, elle trouve un emploi au Comité d’organisation du livre. Elle y est chargée d'attribuer ou non les autorisations aux éditeurs, travail contrôlé par les Allemands. C'est dans cet emploi qu'elle fait la connaissance de Dionys Mascolo qui devient son amant (surnommé « D. » dans La Douleur). 1943, elle rejoint la résistance avec Robert et Dionys dans le réseau dirigé par François Mitterrand (alias Morland dans La Douleur). Juin 1944, leur groupe tombe dans un guet-apens. Robert est arrêté par la Gestapo. Secourue par Mitterrand, Duras réussit à s'échapper. Au lendemain du débarquement des alliés, elle apprend que son mari a été emmené à Compiègne d’où partent les trains pour les camps de concentration.


L’histoire

« J’ai retrouvé ce Journal dans deux cahiers des armoires bleues de Neauphle-le-Château. Je n’ai aucun souvenir de l’avoir écrit. »

Le texte se déroule en avril et mai 1945, il est découpé en deux parties, « L’attente » et « Le retour ».

 

 

« L’attente » (se déroule en avril)

Plusieurs thèmes émergent.

L’Histoire

Le quotidien est marqué par des faits historiques ; les journaux que Marguerite achète relatent l’avancée des Alliés, les villes libérées, Berlin sous les feux de l’armée Rouge. Elle passe devant les queues des magasins avec des gens qui ont des tickets de rationnement.

En outre, elle travaille à Orsay où se trouvait le BCRA (bureau central de renseignement et d’action, service de renseignement clandestin créé par le général de Gaulle). Elle y travaille pour un journal, Libres, et glane des renseignements sur les déportés pour les familles. Elle est à peine tolérée dans cet endroit. Le BCRA recevait les déportés et les prisonniers politiques après leur libération pour les interroger. Duras se faufile parmi les libérés pour chercher des informations sur Robert L., son mari. Elle voit des familles attendre, certains sont là pour le spectacle. Elle assiste à l’arrivée des femmes volontaires pour le STO, elles se font huer et seront emprisonnées.

Elle évoque la libération des camps de concentration avec la découverte d’êtres humains décharnés, de corps morts encore chauds. La déchéance physique après le retour des camps qu’on voit à travers les yeux de Marguerite quand elle observe Robert L. Le camp de Dachau, infesté du typhus, où D. et Beauchamp vont chercher Robert L.

D’un point de vue politique il y a la présence de François Mitterrand dit Morland. Mais aussi le gouvernement qui annonce que la guerre est finie alors que les camps ne sont pas libérés et qui ne parle pas de l’horreur du système concentrationnaire.


L’attente

Une attente oppressante. Tout d’abord lorsque Duras attend pendant des heures des convois de déportés à Orsay, l’angoisse qui monte de voir Robert L. mais aussi de ne pas le voir. Elle observe les visages, les réactions, elle décrit les longues files de prisonniers. Il y a aussi l’attente près du téléphone, elle ne veut plus le vivre mais c’est plus fort qu’elle, elle doit rester près du téléphone.

Elle vit au jour le jour, l’attente est de plus en plus insoutenable car elle voit les camps se libérer peu à peu. Elle ne pense plus à se laver ni à manger. Elle ne sait plus si elle dort. Elle se considère comme lâche de se laisser aller. Elle avoue qu’elle veut disparaître car l’attente est inhumaine : « En mourant je ne le rejoins pas, je cesse de l'attendre ».

Le 24 avril elle reçoit un appel, l’espoir renaît. Des camarades de Robert L. sont à Paris et ils l’ont vu vivant deux jours auparavant. Le mot « vivant » la tétanise, elle est entre appréhension et excitation. Sommes-nous à la fin de l’attente ? D. les interroge mais les hommes n’ont pas de souvenirs précis. Le même jour, un espoir plus concret, un appel de Morland. Robert L. a été vu il y a huit jours avec un homme qui a réussi à s’évader. Duras compte les jours, elle pense qu’il ne devrait pas tarder à rentrer.

Début mai l’attente se réduit. Un autre appel de Morland annonçant que Robert L. est vivant, qu’il est à Dachau et qu’il peut mourir d’une minute à l’autre. D. et Beauchamp partent rapidement. Il y a l’angoisse de ne pas le retrouver vivant, la peur que toute cette attente n’ait servi à rien. Le voyage du retour vers Paris est très long avec des arrêts fréquents (Robert L. a une dysenterie). Marguerite entend des pas dans l’escalier, des bruits. C’est la fin de l’attente, le retour de Robert L.


La douleur

Une grande douleur morale parcourt l’œuvre. Marguerite imagine sans cesse comment il pourrait être mort : dans un fossé, abandonné, piétiné, oublié, son état de détresse. Elle imagine l’Allemand qui l’a tué. Des questions reviennent, lancinantes : où est-il ? Que fait-il ? Est-il fatigué ? Elle se persuade qu’il est mort.

Elle se laisse dépérir, ne mange plus, ne dort plus. Elle décide de ne manger que lorsqu’il reviendra. Mais l’espoir s’amenuise lorsqu’elle voit les prisonniers de guerre affluer en masse à Paris et Robert L. n’est jamais parmi eux.

Il y a aussi la douleur insoutenable de l’attente.

 

« Il est mort depuis trois semaines. C’est ça, c’est ça qui est arrivé. Je tiens une certitude. Je marche plus vite. Sa bouche est entrouverte. C’est le soir. Il a pensé à moi avant de mourir. La douleur est telle, elle étouffe, elle n’a plus d’air. La douleur a besoin de place. »

 

Les ravages de la guerre sont omniprésents ; des hommes et des familles anéantis, l’horreur des camps, son enfant mort-né car le médecin n’a pas pu se déplacer à cause du manque d’essence.

La douleur qui persiste au retour de Robert L., car Marguerite voit l’homme qu’elle a aimé à moitié vivant. S’ajoute la douleur physique du corps de Robert L. qui commence une lutte contre la mort.



« Le retour » (se déroule en mai)

L’attente du retour fait place à l’attente de la vie ou de la mort.

Au début de cette partie le rythme est soutenu, le temps est mesurable heure par heure. Il y a d’abord le voyage pour aller chercher Robert L. au camp de concentration, le temps est compté avant qu’il ne meure. Puis il y a le voyage du retour, les arrêts fréquents, car Robert L. est malade. Enfin, il y a ce corps qui meurt et qui ne tiendra peut-être pas jusqu’à Paris.

Les heures s’étirent quand Robert L. arrive à Paris, le temps est mesurable en jours.

 

« La lutte a commencé très vite avec la mort. Il fallait y aller doux avec elle, avec délicatesse, tact, doigté. Elle le cernait de tous les côtés. […] mais la vie était quand même en lui, à peine une écharde […] La mort montait à l’assaut. »

 

Marguerite compte dix-sept jours de fièvre et de dysenterie durant lesquels elle observe et décrit organe par organe le corps de Robert L. qui se débat contre la fatalité. Elle fait la description des selles de son mari, l’aspect et l’odeur, afin de rendre compte de l’état de cet homme, elle montre un corps réduit à quelque chose de simple mais de vital.

 

« Une fois assis sur son seau, il faisait d’un seul coup, dans un glou-glou énorme, inattendu, démesuré. Ce que se retenait de faire le cœur, l’anus ne pouvait pas le retenir, il lâchait son contenu. Tout, ou presque, lâchait son contenu, même les doigts qui ne retenaient plus les ongles, […] »

 

Un matin, la vie reprend ses droits, Robert L. a faim. Mais il ne peut pas encore manger d’aliments solides sinon c’est la mort. Trois jours plus tard, il se nourrit presque normalement. Il mange de manière insatiable, il ne veut rien gâcher et ramasse les miettes par terre. Il pleure quand la nourriture n’arrive pas assez rapidement et vole dans le réfrigérateur.

 

 

La douleur, toujours présente mais qui s’apaise.

 

« Quand j’ai perdu mon petit frère et mon petit enfant, j’avais perdu aussi la douleur, elle était pour ainsi dire sans objet, elle se bâtissait sur le passé. Ici l’espoir est entier, la douleur est implantée dans l’espoir. »

 

On vit la douleur physique de Robert L. dans le regard de Marguerite, on voit ce corps qui reprend des formes peu à peu grâce à la nourriture et ceux qui l’entourent. Mais il ne retrouvera jamais sa force passée.

La douleur morale persiste. Marguerite voit l’être aimé comme un étranger, lorsqu’elle le découvre après le camp de concentration elle ne le reconnaît pas. Pendant les jours de convalescence de Robert L. elle n’entre jamais dans sa chambre, elle l’observe de loin. Mais la douleur est plus vivable quand elle le contemple debout et réellement vivant. La mort continue de frapper quand Robert L. apprend la disparition de sa sœur, mais aussi quand Marguerite évoque Hiroshima.


L’amour et sa fin

Cette œuvre est un témoignage d’amour d’une femme qui attend son mari sans faillir. On ressent l’amour dans sa douleur car elle souffre moralement et physiquement pour celui qu’elle aime, elle est prête à mourir. Il y a un profond amour dans ses yeux quand elle l’observe quelques années plus tard :

 

« Chaque jour elle croit que je pourrai parler de lui, et je ne peux pas encore. […] j’avais écrit un peu sur ce retour. […] j’avais essayé de dire quelque chose de cet amour. Que c’était là, pendant son agonie que j’avais le mieux connu cet homme, Robert L., que j’avais perçu pour toujours ce qui le faisait lui, […], que je parlais de la grâce particulière à Robert L. ici-bas […] »

 

Mais c’est aussi la fin d’un amour. Dans un premier temps lorsqu’elle ne reconnaît pas son mari quand il rentre du camp de concentration, c’est comme si elle reniait sa personne. Elle voit un étranger et n’ose pas le regarder, c’est cruel pour l’être aimé. La demande de divorce clôt une certaine forme d’amour pour Robert L., l’amour est transformé en bonheur de le voir vivre, sourire, marcher, elle l’observe tendrement.
 

 

« Les forces sont revenues encore davantage. Un autre jour je lui ai dit qu’il nous fallait divorcer, […] Il m’a demandé s’il était possible qu’un jour on se retrouve. J’ai dit que non, que je n’avais pas changé d’avis depuis deux ans, depuis que j’avais rencontré D. […] Il ne m’a pas demandé les raisons que j’avais de partir, je ne les lui ai pas données. »

 

 

 

L’écriture de Marguerite Duras

Marguerite Duras veut nous donner la sensation d’une œuvre non construite, on a le sentiment qu’elle écrit en fonction des souvenirs qui lui viennent à l’esprit. Pourtant La Douleur a une structure, celle d’un journal intime. Au fur et à mesure que l’œuvre avance dans le temps l’auteure est plus précise, cela débute avec simplement le mois d’avril, puis s’ajoutent les dates et les jours. On a l’impression que plus le retour de Robert L. est proche plus ses souvenirs sont rattachés à un moment fixé dans son esprit. Pendant l’attente du retour, sa conscience est ailleurs, elle est avec l’être aimé. Duras nous mène au fil de ses pensées dans la guerre, la souffrance morale, au fil de sa vie qui s’écoule lentement. Quand le retour approche, la vie s’accélère et prend plus d’importance. Lorsqu’il est enfin près d’elle le temps se resserre, car toute son attention est maintenant portée sur une seule chose.

La partie de l’œuvre où Duras attend Robert L. se caractérise par un espace temporel réduit. Les jours qui s’égrènent, les heures qui sont mesurables. À cela s’ajoute l’utilisation du présent qui nous fait vivre les événements en direct, qui nous rend plus proche de l’action. Les phrases courtes s’enchaînent et donnent un rythme haletant au récit, mais aussi de la brutalité qu’on retrouve dans les nombreuses répétitions. Le ton est sec mais l’auteure nous fait ainsi ressentir son désarroi.

L’écriture de Marguerite Duras est sobre, elle nous présente les faits tels qu’ils ont été sans ajouter de longues descriptions. La manière dont elle écrit suffit à nous faire ressentir ce qu’elle éprouve. Elle donne parfois un avis acerbe quand cela concerne des faits politiques, notamment sur le général De Gaulle :

 

« De Gaulle, laudateur de la droite par définition […] voudrait saigner le peuple de sa force vive. Il le voudrait faible et croyant […] De Gaulle ne parle pas des camps de concentration, […] il répugne manifestement à intégrer la douleur du peuple dans la victoire, cela de peur d’affaiblir son rôle à lui, De Gaulle, d’en diminuer la portée. »

 

Les œuvres de Duras sont puisées dans sa vie. C’est pourquoi La Douleur n’est pas une douleur quelconque, elle est intime. Mais l’auteure veut la partager, la donner à la postérité comme pour l’évincer de sa vie. Cette douleur est si forte qu’on a des difficultés à croire qu’elle ne se souvient plus de l’avoir écrit, mais il est probable qu’elle ait pu l’occulter pendant un temps.

Pendant l’attente de Robert L. le pronom personnel « je » est très présent, presque obsédant :

 

« Je ne sais plus. Je suis très fatiguée. Je suis très sale. Je passe aussi une partie de mes nuits au centre. Il faut que je me décide à prendre un bain […] J’ai si froid […], j’ai comme une fièvre […] Ce soir je pense à moi. »

 

Ainsi on se rend compte que cette douleur est particulière, elle est sienne. Lorsque Robert L. revient dans sa vie, le pronom personnel « il » prend le dessus. Duras est moins centrée sur elle-même, la douleur est partagée avec l’être aimé. Mais c’est aussi parce qu’elle l’observe de loin, elle détaille son corps décharné organe par organe, elle le regarde dormir, manger.

Cette contemplation passe par la description des selles de Robert L. Cela permet de rendre compte de l’état d’un corps réduit à sa plus simple fonction. Marguerite Duras utilise un vocabulaire prosaïque : « glou-glou », « merde », « gluant », « crachat ». Elle ne recherche aucune esthétique littéraire, ne cherche pas non plus à choquer, ce sont des faits réels qu’elle veut exposer aux yeux du monde, montrant ce qu’ont subi des êtres humains à la sortie des camps de concentration.

La Douleur est un cri de détresse exprimant le mal-être que l’auteure nous fait partager, mais c’est aussi un hommage à la vie, à un homme et à ceux qui n’ont pas pu revenir.

« Écrire c’est aussi ne pas parler. C’est se taire. C’est hurler sans bruit. » Marguerite Duras.


Florence, AS Bibliothèques-Médiathèques 2012/2013

 

 

 

Marguerite DURAS sur LITTEXPRESS

 

 

Marguerite Duras L Amant

 

 

 

 

 

Articles de Cynthia et de Caroline sur L'Amant

 

 

 

 

 

Marguerite Duras La Douleur

 

 

 

 

 

 

Article d'Aurélie sur La Douleur

 

 

 

 

 

 

 

 

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Article d'Inès sur Laure Adler, Marguerite Duras

 

 

 

 

 

 

 

 


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