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Marie-Aude MURAIL
Oh, boy !
L'école des loisirs
collection Médium, 2000
Une couverture peu orthodoxe
Couverture très intrigante et amusante, elle attire l’attention par sa simplicité, sa pureté et sa naïveté. On ne sait pas trop sur quoi on va
tomber ; instinctivement, on sait que ce seront des problématiques sérieuses mais abordées sur un ton et de façon simple, explicite, avec une certaine fantaisie.
Une rencontre, une histoire
Les Morlevent, ce nom un peu bohème, est porté uniquement par cinq personnes sur terre. Il représentera parfaitement les bourrasques qui viendront
frapper la famille. Des difficultés les percutent de tous les côtés, au fur et à mesure, perturbant leur vie en général ou, dans le cas de Siméon, sa santé. Mais ils s’accrochent à la vie, ils
continuent et se fixent des objectifs.
On observe deux associations : d’une part, Barthélémy et Venise, les deux belles personnes blondes aux yeux bleus avec un QI normal et d’autre part
Siméon et Morgane, les deux surdoués un peu disgracieux. Josiane reste toujours à l’écart, peut être parce qu’elle n’a pas de lien de sang avec les quatre autres protagonistes.
« Les Morlevent ou la mort »
Siméon, jeune adolescent de quatorze ans, surdoué et très mature, prend en main la fratrie Morlevent et les affaires de la famille. Il est le plus
responsable de la famille et la porte jusqu’au jour où le médecin lui découvre une leucémie. Dès ce jour, l’enfant commence à transparaître à travers ce protagoniste qui se révèle fragile et peu
sûr de lui. Un combat contre la maladie débute, ainsi qu’un objectif à atteindre, obtenir son baccalauréat.
Morgane, petite fille de huit ans et déjà un an d’avance à l’école suit pas à pas son idole Siméon. Elle est la petite fille que tout le monde
oublie et délaisse, disgracieuse, intelligente et discrète.
Venise, la poupée, cinq ans, fillette blonde aux yeux bleus, de petites fossettes, adore les câlins, les dessins et les Barbies. Elle est l’objet de
convoitise de Josiane qui, pour l’avoir est prête à accueillir toute la fratrie. Elle provoque la séparation des Morlevent par sa naïveté et sa gentillesse.
« Où les Morlevent attendent un roi mage »
Barthélémy, le grand frère et roi mage qui doit sauver les Morlevent, est un jeune homme sensible, volage, très égoïste qui ne pense qu’à sa vie et
à son petit ami du moment, Léo. Très vite, les jeunes Morlevent sont sous le charme de ce grand frère tombé du ciel et qui s’écrie « Oh, boy ! » à la moindre occasion. Malgré tout, Siméon reste
durant très longtemps sceptique devant les idées et plans loufoques que Bart échafaude pour échapper à ses responsabilités. Bart met beaucoup de temps avant de se prendre en charge, lui, puis les
enfants. C’est la maladie de son frère qui va le responsabiliser petit à petit et qui va lui permettre de s’ouvrir aux autres.
Josiane, l’orthodontiste et demi-sœur de Barthélémy par adoption nourrit depuis l’abandon de son père adoptif jalousie et rancune envers tous les
Morlevent. Elle jalouse plus particulièrement Barthélemy qui a toujours été plus apprécié par son physique, sa sociabilité et sa bonne humeur. Elle ne veut pas des enfants dans un premier temps,
puis tombe sous le charme de la petite Venise et sera prête à tout pour l’avoir.
De grands thèmes
Le combat contre la maladie
On suit toute la maladie du jeune Siméon, de la découverte à la miraculeuse guérison. On voit, pour une fois, la maladie du point de vue de la
famille et plus particulièrement de l’avis de Barthélémy. Ce livre permet une première approche de la leucémie. Tous les stades de la maladie sont abordés, les moments d’espoir, de chute pour la
famille, mais aussi pour les médecins qui s’attachent aux patients malgré eux.
L’homosexualité
Ce qui est mis en avant dans ce sujet, ce sont les a priori de certaines personnes envers les homosexuels. En effet, Bart accepte totalement son
orientation sexuelle mais l’histoire montre que des personnes, de différent corps de métier peuvent porter des jugements hâtifs et qu’il peut y avoir de grandes discriminations
sexuelles.
Les surdoués
Siméon et Morgane sont les deux enfants surdoués de la famille. Tous deux supportent des brimades de leurs camarades et, dans le cas de Morgane, de
sa maîtresse qui ne l’apprécie gère, à cause de ses compétences trop élevées. Ce livre nous permet de voir les difficultés de l’enfant surdoué dans son quotidien, car si on le voit toujours comme
l’élève favori des professeurs, il est aussi brimé par les autres jeunes et parfois même par des adultes, jaloux de ses capacités, ou mal à l’aise.
Les enfants orphelins, la tutelle
Cette œuvre de Marie-Aude Murail montre enfin la complexité du système judiciaire concernant les orphelins. Elle dévoile la mission de chacun, les
éléments à réunir, la longueur de la procédure, la pénibilité pour les enfants et les conditions de placement de ces derniers dans des foyers.
Écriture
Ce sont des situations sont courantes et qui ne sont pas toujours faciles à gérer individuellement. Pourtant, dans cette œuvre, tous ces thèmes sont
abordés de façon simple, explicite, sans excès dans le propos. Le lecteur reste serein lorsqu’il lit cet ouvrage et peut comprendre et apprendre beaucoup de choses grâce au style et à la
technique d’écriture. En effet, les termes restent simples et les deux petites Morlevent sont les vecteurs de la compréhension. L’auteur se sert de Morgane pour expliquer à sa petite sœur
ce dont parle Siméon, le lecteur bénéficie ainsi de ses éclaircissements.
De plus, l’auteur n’hésite pas à mélanger les registres de langue et à inventer de nouveaux mots selon les personnages. Ainsi, l’orthodontiste
parlera avec un langage soutenu ; Siméon, l’assistante sociale, la juge et le médecin de façon courante et le reste de la fratrie dans un langage familier. Cela permet de leur donner de la
profondeur, du relief et de rendre la lecture fraîche et amusante.
Enfin, il n’y a pas beaucoup de passages descriptifs et ceux-ci sont brefs et très peu imagés ce qui permet une lecture plus fluide.
Organisation du livre
Le livre est découpé en seize chapitres. Chacun d’entre eux est précédé d’une petite phrase qui prépare le lecteur à ce qui va suivre :
« Où les Morlevent découvrent qu’ils sont des enfants sans parents. »
« Quand le vent se lève, il faut tenter de vivre. »
« Aimez-vous la tapenade ? »
« Ce que donner veut dire. »
« Qui n’existe pas pour ne pas porter la poisse aux Morlevent. »
…
Tous ces chapitres nous emmènent vers une fin, que je ne raconterai pas mais qui sera inattendue…
« Où la maison Morlevent trouve un toit et où le lecteur doit admettre que la vie, c’est comme ça ».
Laurette, 1ère année Bib.
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B.D.
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