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5 février 2010 5 05 /02 /février /2010 19:00
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Marie NDIAYE
Trois femmes puissantes

Prix Goncourt 2009
Gallimard, NRF, 2009











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L’auteur


Marie Ndiaye est née en 1967 dans le Loiret, à Pithiviers, d’une mère française et d’un père sénégalais. Celui-ci quittera la famille pour retourner dans son pays d’origine quand Marie aura un an. Son enfance se déroule en banlieue parisienne avec sa mère et son frère. Elle reverra son père à 22 ans au Sénégal lors d’un premier voyage en  Afrique.
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A l’âge de 17 ans, elle attire l’attention de l'éminent directeur des Editions de Minuit, Jérôme Lindon, qui publie son premier roman, Quant au riche avenir.  En 2001, elle reçoit le prix Femina pour son roman Rosie Carpe. La même année, sa pièce de théâtre Papa doit manger est présentée à la Comédie Française. C’est la première femme écrivain à avoir ce prestige de son vivant.  Elle vit actuellement à Berlin.




L’œuvre

Ce sont trois récits qui forment un tout. Trois femmes en sont les protagonistes. Trois femmes dont les destins sont plus ou moins liés.

Le premier récit se passe à Dakar, chez le père de Norah qui l'a appelée. Que va-t-elle chercher ? Quels sont ses liens avec cet homme qui est reparti dans son pays, les laissant, elle et sa mère, en France, préférant garder son fils ? Elle n’en sait rien, sinon assurer la défense du fils adoré, puisqu'elle est avocate. Elle ne sait même pas ce que doit être sa vie en France, à Paris, continuer à vivre avec cet homme, Jakob, ou rester tranquillement avec sa fille, loin de toute influence masculine.

Le deuxième récit se passe en Gironde ; un mari, Rudy Menotti, Français ayant épousé une Sénégalaise, décrit la souffrance de sa femme Fanta qui l'a suivi en France. Il traduit son malaise à travers le sien, cette sensation d’être étrangère, son espoir envolé d’avoir une vie digne « à la française ».

Enfin le troisième et dernier relate l’histoire de Khady Demba, qui, à la mort de son mari, se retrouve traitée comme une moins que rien par sa belle-famille, humiliée pour n'avoir pas eu d'enfant.

Le point commun de ces trois femmes est leur combat respectif pour garder une certaine dignité, obtenir la reconnaissance des maltraitances et humiliations passées ou présentes, tenter de passer outre et d'exister.

Ce roman est un hymne qui pourrait être entonné par toutes les femmes mais aussi tous ceux qui ont à s’affranchir de persécutions quotidiennes, veulent avoir eux aussi leur part de reconnaissance et de respect comme tout être humain. 
Trois voix s’élèvent de cette écriture.  Trois voix de femmes en révolte. Trois voix qui ne font qu’une.

 Trois femmes puissantes est la première œuvre de Marie Ndiaye dans laquelle elle évoque l’Afrique. Elle rend hommage au lieu d'origine des ces trois femmes. Afrique décrite avec ses richesses et sa dureté par rapport au modèle rêvé qu'en donne l’Europe, échappatoire ou… déception.  C’est aussi une remise en cause de l’image du père tout puissant, de la préférence pour le fils par rapport aux filles, des relations entre cultures différentes.

 Partir  ou rester ? Là est toute la question…
 
Ce livre m’a beaucoup plu par sa force, son exigence de dignité, sa simplicité mais aussi la fermeté de  la revendication et du témoignage. C'est au lecteur de percevoir le lien quasi invisible entre les trois femmes.


M.L.,  2° année Bib.-Méd.-Pat.



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