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25 décembre 2010 6 25 /12 /décembre /2010 07:00

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Marjane SATRAPI
Persepolis
L’Association
Collection Ciboulette, 2007

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

marjane_satrapi.jpgQuelques mots sur l’auteur

Rasht 1969 : naissance de Marjane.


Fille unique d’un couple bourgeois de Téhéran et actuellement scénariste, dessinatrice et réalisatrice de bandes dessinées, Marjane Satrapi grandit au sein d’un Iran fragilisé par la révolution et épuisé par la guerre contre l’Irak en 1980. En réaction contre la république islamique et les règles imposées par les mollahs, elle quitta le pays à l’âge de 14 ans pour s’installer en Autriche où elle obtint son baccalauréat. Titulaire d’une maîtrise de communication visuelle reçue aux Beaux Arts dès son retour à Téhéran, Marjane fuit de nouveau sa terre natale en direction de Paris en 1994, où elle décrocha presque aussitôt une place à l’atelier des Vosges. Ayant intégré le groupe des jeunes auteurs de bande dessinée, elle s’initia à la littérature jeunesse puis, faute de soutien des maisons d’édition, se trourna vers la bande dessinée. Ainsi, c’est encouragée par ses collègues, Joann Sfar ou encore Christophe Blain, et suite à la lecture de L’Ascension du haut mal de David B., que Marjane Satrapi décida de raconter sa vie et son pays dans cet ouvrage intitulé Persepolis vendu à plus de 170 000 exemplaires en France.


Gros plan sur L’Association…

Auteurs de bands dessinée, Jean-Christophe Menu, Lewis Trondheim, David B., Matt Konture, Patrice Killoffer, Stanislas ou encore Mokeït sont à l’origine en 1990 de L’Association, petite maison d’édition indépendante connue essentiellement pour son exigence et son souci de qualité formelle.

Optant pour le noir et blanc, des couvertures soignées ou encore des formats non conventionnels, les publications de L’Association se détachent immédiatement du reste de la production française. En outre, l’absence de code-barre imprimé, le design soigné et les esthétiques variées permettent de reconnaître les ouvrages.
   
Cette petite maison d’édition a permis également de faire connaître au grand public des auteurs contemporains et novateurs tels que Joann Sfar ou encore Marjane Satrapi, dont le succès — Persepolis s’est vendu à plus de 170 000 exemplaires en France — a contribué à la survie de L’Association.
   
Diverses collections, généralistes ou thématiques, sont identifiables au sein de cette maison d’édition. Leurs noms peu communs et leurs différents formats la situent en marge de la logique commerciale. On distingue entre autres Éperluette au format A4, Ciboulette au format « roman », dans laquelle figure Persepolis, Patte de mouche où l’on trouve de courts récits en petit format, et Côtelette dans un esprit carnets pour n’en citer que quelques-unes…
   
Depuis 2005, plusieurs membres fondateurs ont quitté L'Association (David B., Lewis Trondheim, Stanislas et Patrice Killoffer), le comité de rédaction a été dissous, et Joann Sfar a annoncé qu'il cessait sa collaboration.
   
Néanmoins, L'Association reste un modèle associatif d'indépendance et de réussite dans son domaine ; son style émancipé et sa démarche novatrice ont suscité un réel engouement.


Satrapi-Persepolis-1.gifPersepolis, tome 1.

Téhéran 1980.


Petite fille de dix ans, Marjane Satrapi songe à l’avenir et se voit en prophète pour soigner le mal de genoux de sa grand-mère et sauver son pays de la tyrannie. Éduquée par des parents modernes et cultivés, elle imagine un monde meilleur en s’entretenant tous les soirs avec Dieu et en s’instruisant sur le «matérialisme dialectique» pour lequel elle manifeste un fort engouement. Victime d’un Iran en quête d’identité, cette petite fille voit ses rêves s’envoler et ses ambitions disparaître quand l’obligation du port du voile annonce des transformations définitives dans la société iranienne. Ainsi, déterminée à imiter ses parents, elle s’identifie à Che Guevara et commence à manifester avec ses amis dans le jardin en criant : « À bas le roi ! ».

Impressionnée par le récit de son oncle Anoush qu’elle retrouve lors d’un repas de famille, elle voit son imaginaire d’enfant se transformer en un véritable petit univers où il est question de torture et de détermination. Fière d’avoir des héros dans sa famille !

Cependant, la guerre contre l’Irak est déclarée et la petite vie de Marjane bascule très rapidement, laissant place aux bombardements et aux contrôles exercés par les mollahs.

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Tome 2

La situation économique et politique de Téhéran s’aggrave et les espoirs de Marjane s’effondrent quand elle apprend la fermeture des universités :

« plus d’universités… et moi qui voulais devenir chimiste. Moi qui voulais faire comme Marie Curie. […] Misère ! À l'âge où Marie Curie est allée en France pour étudier, j'aurai sans doute dix enfants », écrit-elle.

Les codes vestimentaires, les bombardements, la violence exercée par les gardes de la Révolution et les restrictions imposées au peuple font d’elle une adolescente consciente des terreurs que peut engendrer une guerre. La succession des drames, la rigidité de l’école, et l’endoctrinement des jeunes garçons n’effraient pas Marjane. Toujours aussi déterminée, elle se moque avec ses amis des rituels imposés et grandit en conservant son esprit de rébellion à tel point qu’elle commence à défier l’autorité de ses parents et celle du gouvernement. Devenue une jeune fille, elle désire désormais attirer le regard des garçons, s’émancipe en fumant sa première cigarette et en séchant les cours. Voulant également se créer une identité propre, elle porte des chaussures Nike et écoute du Michael Jackson, musique prohibée par le régime totalitaire. De fait, l’Iran est sous surveillance : alcool, jeux de cartes ou encore musique sont interdits au nom d’une religion contrôlée par les mollahs. C’est pour cela, et en raison des bombardements que les parents de Marjane décident de l’envoyer en Autriche en lui promettant qu’ils lui rendront un jour visite.


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Tome 3

À 14 ans, Marjane Satrapi apprend à vivre seule dans un pays étranger. Elle est hébergée chez les bonnes sœurs et redécouvre le plaisir de faire les courses et de vivre librement. Timide et triste, elle s’adapte petit à petit à la nourriture et aux habitudes qu’offre la vie occidentale. Elle entre à l’école et commence à se faire remarquer du fait de ses origines et de ses capacités intellectuelles. S’intégrant dans un petit groupe d’amis, elle  comprend très vite les habitudes des jeunes Occidentaux : sexe, alcool et cigarette. Puis vient sa transformation physique. Marjane grandit et voit son corps se développer. En quête d’identité, elle essaie tout type de coiffure et se rend compte qu’elle trahit les préceptes de son père : « N’oublie jamais qui tu es ». Revendiquant ses origines, elle connaît petit à petit l’amour et la misère, la drogue et les longues nuits dans les rues d’Autriche. Après de terribles épreuves, dont une hospitalisation, elle décide de regagner son pays.

 

 

 

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Tome 4

Après quatre ans passés loin de sa famille en Autriche, elle retourne avec impatience en Iran. Cependant les choses ont changé dans le pays : les décorations murales honorent désormais les martyrs et certaines rues portent leurs noms. Accueillie par sa famille entière, il lui faut tout redécouvrir : ses amis, ses habitudes et SON pays. Cette période de troubles et d’angoisse la fait sombrer dans la dépression et la tentation du suicide. Mais heureusement, elle reprend progressivement sa vie en main, se met à l’aérobic, tombe amoureuse, reprend ses études et enfin se marie… Elle devient une vraie femme et n’a pas peur de dire tout haut ce que les autres pensent tout bas. Elle divorce quelque temps après pour repartir en France en 1994. Après s’être recueillie sur la tombe de son grand père, être partie en voyage avec sa grand-mère et s’être rendue à la prison où a séjourné son oncle, le 9 Septembre 1994, Marjane Satrapi part définitivement pour la France, fière d’être devenue une femme émancipée. « La liberté a un prix… »

 

 

 

 

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Petite réflexion et avis personnel…

Une trame narrative à la fois émouvante, humoristique et réaliste. Persepolis témoigne selon moi d’un véritable travail de réflexion intime. L’auteur d’après ses propos « puise très loin dans ses souvenirs » ( http://mapage.noos.fr/marjane.persepolis) et dévoile ainsi à ses lecteurs l’image d’une société iranienne éloignée de celle qu’imagine l’Occident.


L’emploi de la première personne contribue à nous émouvoir. On ne peut qu’être attendri par les événements vécus par cette jeune fille qui forge son caractère au gré des soubresauts qui agitent son pays. Marjane Satrapi mêle des faits historiques avec des incidents privés, rendant ainsi le récit encore plus attrayant pour le lecteur. L’emploi d’un langage simple permet d’accentuer la force des souvenirs.

Le trait en noir et blanc mêle avec précision le vécu subjectif d’une jeune enfant qui se transforme petit à petit en adulte et l’objectivité des événements. Le dessin parle lorsque le récit des bulles est court ; le lecteur peut facilement inventer l’histoire à la lecture des images aux formes arrondies dont la simplicité sert l’authenticité.

C’est donc une bande dessinée que je conseille vivement car elle est capable de nous transporter tantôt dans un univers d’euphorie, tantôt dans la  tristesse et l’anxiété. L’occasion de découvrir la bande dessinée indépendante à tendance autobiographique.



Site conseillé pour avoir de  plus amples informations sur Marjane Satrapi et ses œuvres :

 http://mapage.noos.fr/marjane.persepolis/


Angélique Bouzage, 2e année Bib.-Méd.-Pat.

 

 

 

 



Marjane SATRAPI sur LITTEXPRESS

 

Marjane Satrapi Broderies

 

 

 Etats d'âme en Iran : Zoyâ Pirzâd et Marjane Satrapi, article de Claire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Angélique - dans bande dessinée
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