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28 mai 2011 6 28 /05 /mai /2011 07:00

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Marjane SATRAPI
Persepolis
L’Association
Collection Ciboulette, 2007

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




satrapi_marjane.jpgL’auteure

Marjane Satrapi est née en 1969 à Rasht (la plus grande ville au bord de la mer Caspienne). Elle est élevée au sein d’une famille aux origines aristocratiques – son grand-père était le fils du dernier empereur d’Iran mais était de sensibilité communiste. D’abord élève au lycée français de Téhéran, elle part pour l’Europe et obtient son diplôme au lycée français de Vienne. De retour en Iran, elle parvient à continuer ses études supérieures en arts graphiques. Mais quelques années plus tard, elle revient en Europe. Elle est admise à l’École supérieure des Art décoratifs de Strasbourg. Là, elle s’intéresse pour la première fois à la bande dessinée d’un point de vue technique. Elle préfère le côté manuel et donc abandonne « avec joie » tout travail à l’ordinateur.

Depuis ses débuts en 2000, elle s’est montrée très prolifique. Elle est l’auteur de 11 ouvrages. Le monovolume Persépolis a été publié pour la première fois en 2007 par l’Association. Il reprend les quatre tomes publiés de 2000 à 2003 au rythme d’un par an. Vous pouvez trouver sa bibliographie  ici.
 


Quelques éléments de compréhension

Un des points intéressants de Persépolis est la découverte de la culture perse qui nous est peu connue. Quelques informations sur le pays et son histoire permettent une meilleure compréhension du texte.

Iran
Capitale : Téhéran
72,5 millions d’habitants
1 648 195 km2
Langue officielle : le persan
Monnaie : le rial
3° producteur de pétrole et 2°exportateur mondial
2° réserve naturelle de gaz et 6° producteur mondial

Quelques dates
1921 : Renversement du pouvoir impérial. Reza Khan devint Reza Chah Pahlavi
1976-1979 : Révolution iranienne qui aboutit à l’exil du Chah
1er avril 1979 : la République islamique d’Iran est instaurée avec à sa tête l’ayatollah Khomeini
1980-1990 : guerre Iran-Irak
1990-1991 : guerre du Golfe



L’œuvre

L’histoire


Marjane Satrapi a découpé sa vie, de son enfance à son départ définitif d’Iran, en quatre parties. Dans le premier volume, elle adopte le point de vue d’une  petite fille de huit ans sur la révolution iranienne, l’école, ses parents et ses amis. Dans le tome suivant, Marjane a dix ou douze ans. Elle voit la République Islamique se mettre en place à travers les changements que vit l’école. Son quotidien est également marqué par la guerre Iran-Irak dont les bombardements atteignent Téhéran. Elle fait face enfin à ses premières désillusions : ses parents.

   Satrapi bijoux


Le troisième voit Marjane grandir – ce volume représente quatre année de sa vie d’adolescente –, s’installer en Europe et en repartir. Elle doit subir le poids de l’exil et s’intégrer malgré les idées préconçues. De retour en Iran et après avoir vécu selon le rythme européen, elle doit se réacclimater. De plus, l’Iran est toujours en guerre mais cette fois-ci c’est la guerre du Golfe. Toutefois ce n’est pas l’état de guerre qui la marque mais la transformation de Téhéran : tous les noms des rues reconstruites ont été changés pour des noms de martyrs. Au-delà de la toponymie, la vie à Téhéran s’est métamorphosée et pas pour le mieux. Marjane doit souvent faire face à des situations absurdes.

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L’écriture

Marjane Satrapi est quelqu’un qui ne mâche pas ses mots. Son éducation libre – dans la limite du convenable – lui a appris à dire ce qu’elle pense sans faux-semblants. Persépolis, elle l’a d’abord écrit en persan mais, pour les détails, elle s’est contrainte à écrire en français. Elle n’utilise pas de couleur car elle se dit trop bavarde. L’action se compose essentiellement de joutes verbales. La bichromie allège les pages. De plus, elle préfère les compositions en noir et blanc, « alors pourquoi s’en priver ». Un autre élément à noter dans sa composition est la taille des cases. Cette dernière est fonction des choses qu’elle a à dire. Enfin les dessins peuvent paraître rudimentaires mais en fait, chaque élément fait signe.

 Satrapi-voile.jpg

Marjane Satrapi nous raconte sa vie à travers les yeux de la Marjane contemporaine des événements. Dans le premier tome, Marjane, qui n’est qu’une enfant, a tendance à répéter tout ce qu’elle entend. Cela crée des situations cocasses d’autant plus que le discours du régime et donc des maîtresses ne ressemble en rien à celui de ses parents. Mais parfois, en voix-off, Marjane-auteure ne peut s’empêcher de glisser quelques commentaires, le plus souvent désobligeants. Elle fait preuve d’une grande honnêteté en ne nous cachant rien, que ce soit ses tentatives de suicide ratées dont les idées sont issues des grands mélodrames hollywoodiens, le rejet lâche de ses origines ou comment elle a fait arrêter un innocent afin de détourner l’attention. À travers sa vie, elle nous raconte aussi l’histoire de son pays. Persépolis, c’est l’Iran raconté par une Iranienne à des « non-Iraniens ».

Marjane Satrapi, au travers de ses œuvres/textes, est quelqu’un de profondément drôle. Elle parvient à tourner des situations qui devraient être des tragédies en comédies sans enlever aucune valeur au texte. Les quelques extraits montrent bien cette joie de vivre dont sont emplies les pages. Le rire rend la lecture fluide. L’œuvre est peine commencée que la dernière page se tourne.



Conclusion

Ce livre n’a pas été traduit en persan. Cela n’a jamais été l’intention de Marjane Satrapi quand elle l’a écrit. Elle l’a voulu à destination des étrangers afin qu’ils comprennent ce que voulait dire être iranien. Ce projet est né du manque d’intérêt constant des Européens à l’égard de sa culture. Elle a décidé de prendre sa revanche en truffant les tomes de références gastronomiques, de coutumes. Le lecteur est « contraint » d’apprendre ce qu’il dédaignait et de le « regretter » amèrement. Et au-delà de sa culture, elle voulait montrer ce que signifiait être étranger avec le problème de la langue, des références culturelles et ce manque cruel de patience des deux côtés.

Dans aucun de ses tomes, elle ne se présente comme une victime. Le ton ironique, voire satirique, de ses textes permet de mettre le propos à distance. On ne peut s’abstenir de s’attacher à Marjane. On est témoin du passage de l’enfance à l’âge adulte d’une personne à l’humour irrésistible.

 Satrapi-legume.jpg

Persépolis, aujourd’hui

Le premier tome a reçu le prix Alpha’ art Coup de cœur du festival d’Angoulême de 2001. En moins d’un an, il s’est vendu à 13 000 exemplaires. Il en est aujourd’hui à son dixième tirage. Chaque tome avait dépassé les 50 000 exemplaires en 2007, ce qui a dû encore changer avec l’adaptation cinématographique réalisée cette année-là et qui obtenu le prix du jury du festival de Cannes.

Floriane, 2e année Éd.-Lib.

Sources : série d’interviews « Carnet de bord » d’Arte Radio dont vous pouvez retrouver les retranscriptions ici.

http://mapage.noos.fr/marjane.persepolis/paroles/arte.html

 

 

Marjane SATRAPI sur LITTEXPRESS

 

Marjane Satrapi Persepolis

 

 

 

 

 

 

 

Article d'Angélique sur Persépolis.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Marjane Satrapi Broderies

 

 

 Etats d'âme en Iran : Zoyâ Pirzâd et Marjane Satrapi, article de Claire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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Published by Floriane - dans bande dessinée
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