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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 13:00

Mathias Enard Parle leur de batailles

 

 

 

 

 

 

 

 

Mathias ÉNARD
Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants
Actes Sud, 2010
 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’auteur

Parcours universitaire

Auteur français né en 1971 à Niort, il a suivi des études d’arabe et de persan à l’INALCO et a fait plusieurs séjours au Moyen-Orient. En 2010, il enseigne l’arabe à l’Université autonome de Barcelone.



Parcours littéraire
 
Il publie chez Actes Sud, dès 2008, son premier roman Zone, qui est une seule phrase de 500 pages.

Il participe aussi au comité de rédaction de la revue Inculte.

Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants est publié en 2010 et a reçu plusieurs prix, dont le Goncourt des lycéens.

Mathias Énard a publié Rue des voleurs en août 2012.



Le roman

Le titre du livre est inspiré par un extrait du Rudyard Kipling dans l’introduction d’Au hasard de la vie

« Puisque ce sont des enfants parle-leur de batailles et de rois, de chevaux, de diables, d’éléphants et d’anges mais n’omets pas de leur parler d’amour et de choses semblables ».



Résumé

En débarquant à Constantinople en 1506, Michel-Ange sait qu’il brave la colère et la puissance  de Jules II, pape guerrier et mauvais payeur, dont il a laissé en chantier l’édification du tombeau, à Rome. Mais comment ne pas répondre à l’invitation du sultan Bayazet qui lui propose – après avoir refusé les plans de Léonard de Vinci – de concevoir un pont sur la Corne d’or.



Entre fiction et réalité

L’inspiration de l’auteur est venue après la découverte d’un projet de pont sur la Corne d’or signé par Michel-Ange mais qui n’a jamais été réalisé.

Il s’agit donc, comme précisé sur la première de couverture, d’un roman, mais basé sur des événements réels. À la fin du livre, l’auteur propose des notes où il détaille tout ce qui est véridique dans son récit.

Il nous précise donc lui-même qu’une partie de son œuvre est inventée, notamment les sentiments entre les différents personnages, caractéristique plutôt romanesque.



Michel-Ange et la ville de Constantinople

Mathias Énard nous présente donc dans ce récit le personnage de Michel-Ange, né en 1475 et mort en 1564, une des figures majeures de la Renaissance. Il nous le présente ici dans une toute petite part de sa vie dont effectivement on ne sait pas grand-chose. Il brosse là un portrait de l’artiste pas très élogieux alors qu’à l’époque l’artiste était considéré comme un messager divin. Michel-Ange est décrit comme « vaniteux, orgueilleux, colérique, névrosé, manquant cruellement d’assurance ». L’auteur cherche ici à montrer que le génie est en réalité un homme. Ce qui permet à l’auteur de jouer avec les différentes émotions de Michel-Ange, de l’émerveillement causé par la contemplation de Constantinople à la peur et à la paranoïa.
  
C’est à travers ses yeux que l’auteur présente la ville de Constantinople et l’univers oriental que l’on découvre à travers les promenades que Michel-Ange fait avec son guide Mesihi. Il découvre les us et coutumes et même les arts lors de la visite de la Basilique Sainte-Sophie.

C’est à travers ces émotions et la variation des différents points de vue que des relations particulières vont s’instaurer entre les différents personnages.



Les relations entre les personnages

L’auteur joue sur le point du vue ; la plupart du temps, le récit est écrit à la première personne et au présent. La première personne intervient quand l’auteur insère les véritables lettres de Michel-Ange à son frère.

Il y a également à plusieurs reprises dans le récit l’intervention d’une première personne assez mystérieuse, qui intervient juste au début du livre ; le lecteur ne connaîtra l’identité du personnage que vers le milieu du récit. C’est une danseuse androgyne par le biais de qui vont se lier les différentes relations ambiguës entre les personnages. Cette femme qui a l’air d’un homme est la source de l’ambiguïté sexuelle de Michel-Ange. Quant à son guide Mesihi, il est clairement attiré par l’artiste. Ce triangle va créer une montée en tension et changer totalement l’atmosphère du roman en lui donnant un aspect plus dangereux et sensuel.

En conclusion ce livre est bien un roman basé sur des faits ayant existé et cela permet à l’auteur de jouer avec les sentiments des personnages. C’est un livre très agréable, avec une écriture assez fluide et la brièveté des chapitres (deux ou trois pages) permet au lecteur de s’y plonger facilement.   


Pauline A., 2e année bib.-méd.-pat.


Lire également l’article de Julie.

 

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commentaires

avis de lecture 12/09/2013 21:40

Je partage ton analyse. Un très beau roman qui donne envie de se documenter sur la réalité!

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