Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 19:00

Maurice-Pons-Delicieuses-Frayeurs.gif

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Maurice PONS
Délicieuses Frayeurs

Le Dilettante, 2006

Magnard,

Coll. Classiques et contemporains, 2010.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« Avec ironie (« La Vallée », « Noël au champagne »), Maurice Pons se moque de ses personnages et de leur envie de liberté. Il en devient parfois cynique, tout en gardant une légèreté incroyable, et renoue avec la tradition de ces nouvelles aux chutes en une phrase qui vous clouent sur place. »
Mikaël Demets

 

L’auteur

Maurice Pons est né à Strasbourg en 1925. Il a suivi des études de philosophie et, après avoir été comédien amateur, s’est destiné au journalisme. Il a publié quelques œuvres qui reçurent de très bonnes critiques (Métrobate, La Mort d’Éros, Virginales) et certaines seront mêmes adaptées au cinéma (Les Mistons, François Truffaut). Il vit actuellement au Moulin d’Andé dans l’Eure et dit de son travail qu’ « écrire, c’est aligner les voyelles et les consonnes dans un certain ordre pour en faire des corbeilles de beauté ».

 

L’œuvre

Délicieuses Frayeurs, dans la version publiée aux éditions Magnard est un recueil de cinq nouvelles qui ont très peu de liens entre elles et n’ont pas été écrites en même temps. Ainsi, il y a dix ans d’écart entre la parution de « La Fenêtre » et celle de « La Vallée », publiées respectivement dans les années 50 et 60, l’une pour la première page du Figaro Littéraire et l’autre pour les Lettres nouvelles.

Les nouvelles n’ont donc pas été conçues pour être réunies dans un même recueil, et cependant elles disposent de plusieurs points communs comme par exemple la tonalité qui est très sombre. De plus, dans chacune de ces microfictions, l’auteur s’inspire de la réalité pour réinventer le monde avec ses mots, à l’image de Franz dans « La Fenêtre », qui décrit le paysage qu’il voit par la fenêtre de la chambre pour ses compagnons d’hôpital, incapables de bouger, leur permettant ainsi de rêver et de se souvenir de ce qu’était le monde :

« Bientôt, pour évoquer mieux ces images qu’ils connaissaient déjà par cœur – et je veux dire : avec le cœur – Franz inventa des noms pour leurs amis d’au-delà les vitres. Quand il disait qu’Anna Lise attendait sur un banc, chacun espérait que Gerbrant, le marin, ne tarderait pas à venir. »

Dans trois de ces nouvelles, les personnages sont animés par une grande force d’espérance :

– « La Fenêtre » : les malades rêvent de s’approprier le lit près de la fenêtre pour ne pas avoir « pour seul horizon la blancheur des murs ».

– « Noël au champagne » : le jeune matelot, Nansen, au début de sa soirée, croit dur comme fer qu’il est quelqu’un d’important, que tout le monde le respecte : « Eût-il à lui seul libéré son pays d’un joug trois fois séculaire et repoussé de ses mains des colonnes d’envahisseurs blindés, il n’eût pas défilé sur les avenues avec plus de morgue qu’il n’en affichait ce soir-là sur les trottoirs. »

– « La Vallée » : les habitants souhaitent de toute leur âme quitter leur vallée infernale pour atteindre l’Eden dont leur ont parlé deux étrangers de passage et qu’ils s’imaginent être le « pays merveilleux de derrière la montagne, où les mères tricotent pour leurs fils des écharpes blondes aux yeux bleus, où l’on va pieds nus dans des lacs d’eau claire sous un éternel printemps ».

À chaque fois, cette quête du bonheur que fait naître l’auteur sera déçue, brisée. Les personnages devront faire face au poids de la réalité et subir les conséquences de leurs illusions.

Les protagonistes sont souvent des êtres perdus qui ne savent plus où ils en sont. Ainsi, dans « À l’ombre d’un bouleau », Eftychia, la grand-mère, ne comprend pas les implications de l’occupation de son île. Elle reste imperméable à ce qui l’entoure et se contente de poursuivre ses habitudes comme si de rien n’était, comme elle l’a fait toute sa vie. Pourquoi changerait-elle des habitudes vieilles de plus d’un demi-siècle ? Pourquoi n’irait-elle pas voir sa nièce, Aptasie, qui est la meilleure blanchisseuse de tout le pays, pour lui donner son linge ? Pour quelles raisons l’occupant voudrait-il empêcher une vieille femme inoffensive de passer ? Mais voilà, son monde a changé tandis qu’elle reste figée dans son quotidien.

De la même manière, dans « Délicieuses Frayeurs », le narrateur est confus. Il voit, ou croit voir une ambulance hollandaise coincée dans un passage souterrain avec un ambulancier qui lui confie une boîte étrange à remettre à l’hôpital, ce même hôpital qui semble avoir mystérieusement disparu, remplacé par le chantier d’une « luxueuse résidence des Alalouettes ». Et lorsque, curieux et complètement perdu, il se décide à ouvrir la boîte, l’horreur de son passé ressurgit, semant les graines de la folie…

Chacune de ces nouvelles nous montre une facette du désarroi. Chaque personnage sera détruit par l’auteur, qui les fait tous tomber de leur piédestal. Chacun sombrera dans l’horreur de l’existence.

 

Mon avis

C’est une œuvre très simple à lire et très rapide (pas plus d’une après-midi de lecture). L’auteur a un style peu complexe et très prenant, assez agréable. Un livre léger, mais qui ne marque pas forcément.

 

Clémence De Ginestet, 1ère année Bib.- Méd., 2010

 

 

 

 

Maurice PONS sur LITTEXPRESS

 

MAURICE-PONS-LES-SAISONS.jpg

 

 

 

 

 

Article de Matthieu sur Les Saisons.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Partager cet article

Repost 0
Published by Clémence - dans Nouvelle
commenter cet article

commentaires

Recherche

Archives