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7 avril 2012 6 07 /04 /avril /2012 07:00

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Max AUB
Crimes exemplaires
Traduction de Danièle Guibbert
Phébus Libretto, 2000
Réédition 2011.



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce qui importe c’est de faire la paix entre les hommes et de la maintenir. Si pour y parvenir il faut en arriver là (et il fit un geste qui embrassait toute la salle), nous le ferons !


Voilà qui donne le ton. De confession en confession, Max Aub a retranscrit ce « matériau de première main, passé simplement de la bouche au papier en égratignant l’oreille. »


De petites tirades, parfois pieuses ou enragées, souvent indifférentes, sur la cause et l’effet. La provocation et la réaction. Qu’est-ce qui nous pousse à tuer ?

Recueillies en Espagne, en France et au Mexique, ces explications n’ont pas vocation à innocenter leur auteur… Ce dernier sait lui-même qu’il est coupable. Il ne se justifie pas, il raconte sa haine, son agacement, sa lassitude face aux petites contrariétés que nous créent les autres, indifférents à nous. Vient donc un moment où la réaction s’éloigne de la correction pour devenir éradication. Sans problème, il n’y a plus de problème, n’est-ce pas ? Les ignorés de ce recueil appliquent donc cette philosophie pour le moins efficace, arguant parfois du fait que finalement, ce fut un mal pour un bien, une bonne action pour le bien de tous…

Les meurtres s’enchaînent donc, et l’on découvre qu’il n’est pas nécessaire d’être un psychopathe pour être quelqu’un de « réactif ». Ce sont des tueries du quotidien, du banal. Le mobile n’est pas compliqué, ni réfléchi… Pas de préméditation, juste le résultat du temps, qui amène l’homme à un instant dans sa vie où « c’en est trop ». Un ras-le-bol comme un raz-de-marée, qui percute sa victime sans l’avoir prévenue, ni inquiétée.

Des phrases lapidaires, qu’on aime pour leur franchise, leur naïveté.

Je l’ai tué parce qu’il ne pensait pas comme moi.

Il niait m’avoir emprunté le quatrième tome… Et un trou dans les tripes aussi grand qu’une niche.

Je l’ai d’abord tué en rêve, ensuite je n’ai pu m’empêcher de le faire vraiment. C’était inévitable.

On remercie Max Aub pour sa petite excursion anthropologique, et on se délecte de l’implacabilité presque animale de certains, comme un destin inévitable, celui de l’antilope entre les griffes de la lionne. Un raisonnement rapide et direct qui les mène à la seule solution envisageable : la destruction pure et simple du problème. L’humain est un animal… et certains sont plus humains que d’autres. Le reste, ce sont des cœurs tendres.

Il y avait vraiment de quoi le tuer. Je l’ai fait.

Que je le regrette ou non, c’est un autre problème.


Anne-Laure, 2e année Éd.-Lib.

 

 

 

 

De Max Aub, découvrez Le Labyrinthe magique, Le Zopilote, La véritable histoire de Francisco Franco aux  éditions Les Fondeurs de briques, maison d'édition assocative créée en 2007 et installée dans le Tarn.

 


 

 

 

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