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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 07:00

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Michel BUSSI
Nymphéas noirs
Presses de la Cité
Coll. Terres France, 2011

 

 

 

 









Michel Bussi (né le 29 avril 1965 à Louviers – Haute Normandie) est un auteur français de romans policiers et professeur à l’Université de Rouen.  



Synopsis

Un meurtre a eu lieu ce matin à Giverny, le petit village tranquille où le peintre Monet avait élu domicile. Ce meurtre est celui de Jérôme Morval. L’ophtalmologue du village n’avait rien à se reprocher ou presque… Bien que marié il collectionnait les femmes aussi bien que les tableaux et ne s’en cachait pas. Deux pistes que l’inspecteur Laurenç Sérénac et son adjoint Sylvio Bénavidès vont suivre… À moins que l’explication ne réside dans cette carte postale retrouvée dans la veste de la victime. Une carte d’anniversaire pour un enfant de 11 ans sur laquelle figure un second message : « Le crime de rêver je consens qu’on l’instaure. » Une dernière piste s’offre aux inspecteurs. Un enfant est mort de la même façon que Jérôme Morval, au même endroit et selon le même procédé. Un enfant de 11 ans et quelques mois, Albert Rosalba. Le souci ? Ce meurtre s’est produit en 1937 et notre récit se déroule en 2010.



Les personnages

Il y aurait bien trois personnes qui pourraient aider les inspecteurs à démêler cette histoire.

Fanette est la première. Du haut de ses onze ans c’est aussi la plus jeune. Très douée pour la peinture elle est passionnée par Monet. Elle compte d’ailleurs présenter sa version des Nymphéas au concours « Peintre en herbe » de la Fondation américaine Robinson. Pour cela elle reçoit l’aide de James, un vieux peintre américain qu’elle retrouve en secret et qui la conseille. Fanette rêve de parcourir le monde pour peindre aux côtés de son amoureux Paul. Des rêves de petite fille qui sont pourtant menacés. C’est James qui trouve la menace gravée dans sa boîte un peinture : « Elle est à moi ici, maintenant et pour toujours ». Le message se termine par une croix, telle une épitaphe.

Stéphanie Dupain est la seconde. L’institutrice du village de Giverny fait tourner la tête de bien des hommes par sa beauté. Le premier était Jérôme Morval. Le deuxième s’appelle Sérénac Laurenç, il est l’inspecteur chargé de résoudre le meurtre commis. Le dernier enfin n’est autre que Jacques Dupain, le mari jaloux de Stéphanie. Mais cet amour n’est pas réciproque. Pour l’institutrice, Jacques Dupain « était là. Pas pire qu’un autre. » La belle Stéphanie attend son prince charmant, celui qui viendra la délivrer et lui permettre de quitter Giverny. Dernière la beauté et le sourire de cette femme se cache une personne mélancolique, une femme en détresse, piégée elle aussi.

La sorcière ou la vieille : c’est ainsi que les habitants de Giverny la surnomment. On ignore sa réelle identité, on sait seulement qu’il s’agit d’une vieille femme de plus de 80 ans. Elle est née en 1926 : l’année de la mort de Monet. Elle habite le Moulin des Chennevières, aussi appelé le donjon de la sorcière, une tour de quatre étages qui fait office de point d’observation. Elle est celle qui conduit le récit, les personnages, elle nous conte son histoire. Principale narratrice, elle est omnisciente et sait des choses qu’elle ne devrait pas savoir. C’est elle qui découvre en premier le corps de Jérôme Morval ; elle en connaît d’ailleurs l’assassin. Si elle renonce à se rendre à la police elle confie le nom du tueur à Patricia Morval, la veuve. Bien que d’apparence insignifiante au vu de son physique et de son âge avancé celle vieille femme est au centre de l’histoire. Elle voit tout, connaît tout, même cet enfant assassiné dans les mêmes conditions que Jérôme Morval : Albert Rosalba, dont elle garde une photo…

Ces trois femmes représentent les trois âges de la vie ; à elles trois, elles retracent l’ensemble d’une vie. Elles sont liées par une volonté commune : quitter Giverny. Elles rêvent toutes de partir mais dès les premières pages la vieille femme nous avertit que de ces trois femmes une seule partira tandis que les deux autres devront mourir. Cette menace pèse sur ces femmes dès le commencement du livre et prendra différentes formes au fil des pages. Stéphanie et son mari jaloux, Fanette et celui qui menace le vieux peintre, la vieille femme et ses démons. Ces trois personnages sont également liés par leur goût pour la peinture. Fanette est douée pour la peinture, l’institutrice s’intéresse beaucoup aux artistes et sollicite sa classe pour le concours « Peintres en herbe ». Quant à la vieille femme, elle conserve caché un mystérieux tableau de nymphéas noirs… Toutes trois ont des relations plus ou moins difficiles avec les hommes. Elles ont leurs plaies et leurs romances.

Dans les Nymphéas noirs on jongle entre ces trois femmes, leurs récits se croisent et s’enchaînent. Les vies de ces femmes semblent bien distinctes, cloisonnées à la façon d’un triptyque et pourtant elles se croisent tout au long du roman.


Un autre personnage mérite d’être développé car il est difficile de résoudre un meurtre sans un agent de police.

Inspecteur Laurenç Sérénac : Sérénac est un amateur de peinture qui affiche des tableaux de maîtres dans son bureau. Sa venue ne ressemble en aucun cas à une coïncidence. Avant d’être nommé au commissariat de Vernon en Normandie il a enquêté dans le milieu du trafic d’art. Le hasard semble bien lourd et le confronte dès sa première enquête au meurtre d’un collectionneur à Giverny. Il s’agit là d’une grosse coïncidence, tellement évidente qu’elle sera soulevée par son adjoint. L’inspecteur Sérénac n’est pas un policier très à cheval sur les mesures. Il aime se fier à son instinct et à ses impressions plutôt qu’aux preuves physiques qui lui sont fournies. Ses démarches ne sont pas très morales ; en témoigne son obsession d’accuser Jacques Dupain tout en courtisant sa femme.

Les narrateurs : le narrateur est changeant. Tantôt la vieille femme, tantôt l’inspecteur ou encore Fanette. On a accès à leurs pensées, leurs sentiments. Pour la vieille femme et Fanette, la narration se fait à la première personne du singulier tandis que le récit des autres narrateurs se fait à la troisième personne. Le style d’écriture selon le narrateur. L’utilisation de la troisième personne du singulier donne un effet de distance entre le lecteur et le narrateur alors que Fanette et la vieille femme ont des styles particuliers (enfantin pour l’une, acide et moqueur pour l’autre). Mais la narratrice principale reste la vieille. C’est elle qui nous interpelle, nous questionne, mais aussi répond à nos questions. « Il n’existe aucune coïncidence dans toute cette série d’événements. Rien n’est laissé au hasard dans cette affaire, bien au contraire. »



Giverny

Présentation

 

Le village de Monet est le lieu principal de l’intrigue, il renferme bien des secrets. Mais ce livre est également un moyen de découvrir et de visiter le village du peintre. Les rues, la rivière, les champs, l’étang aux nénuphars, tout y est décrit précisément. Et au fil des pages on voyage dans ce village. L’histoire de Giverny nous est également expliqué. Les personnages nous content les difficultés de Monet à construire son étang, à racheter des terres pour empêcher qu’on en coupe les champs. Les décors de ses peintures Claude Monet les a achetés et à sa mort Giverny s’est vu figé à l’époque de ce peintre disparu. Pendant plus de cinquante ans après la mort de Monet les jardins ont été fermés et délaissés. Leur réouverture a transformé Giverny en un site touristique mondialement connu. Des peintres américains sont venus à Giverny au siècle dernier avant que cela ne devienne cette plate-forme touristique. Ils venaient rechercher le calme et la concentration ce qui n’est plus possible aujourd’hui.

Les sources et le travail d’écriture : pour traiter avec exactitude du village de Monet l’auteur a effectué un travail de pré-écriture et de recherches. La préface mentionne ce travail :

 

« les descriptions de Giverny se veulent les plus exactes possible. Les lieux existent, qu’il s’agisse de l’hôtel Baudy, du ru de Giverny, de l’église Sainte-Radegonde et du cimetière, de la rue Claude-Monet, du chemin du Roy, de l’île aux Orties. Il en est de même pour les lieux voisins, tels le musée de Vernon, celui des Beaux-arts de Rouen, le hameau de Cocherel. »

 

Dans ce roman policier Michel Bussi introduit, en dehors de Monet, les autres artistes qui ont été proches du village. Parmi eux on trouve Louis Aragon. « Le crime de rêver je consens qu’on l’instaure.»  Le vers de la carte d’anniversaire cité plus haut  provient d’un poème de Louis Aragon, « Nymphée ». Aragon était un habitué de Giverny, ce poème y ferait d’ailleurs référence. C’est l’un des premiers poèmes à avoir été censuré en 1942 par Vichy.


Le traitement de Giverny dans l’œuvre

Nymphéas noirs est un huis-clos qui se déroule à Giverny. L’intrigue, les meurtres s’y produisent, faisant du village le centre de l’histoire. Si la beauté des lieux est longuement décrite, tout comme la richesse de son histoire, l’image de Giverny est mise à mal dans ce livre. Sa principale détractrice est la vieille femme qui est l’œil critique du village. Elle en dénonce les idées reçues et démonte ce décor en carton. La vieille femme représente l’évolution du village depuis la mort du peintre. Elle est la mémoire de ce village mais elle n’a pas évolué avec lui, elle ne le comprend plus car ce n’est plus le Giverny du peintre et des impressionnistes mais celui des touristes désormais. Cette vieille femme qualifie le Giverny de 2010 de parc d’attraction mais aussi de « parc d’impressions ». Désormais Giverny c’est quatre gros parkings et la campagne de Monet est comparée à un décor d’hypermarché. Cette impression d’un faux Giverny est accentuée par la création d’une réplique exacte de la maison de Monet au Japon. Dans Nymphéas noirs, les personnages peinent à différencier le vrai du faux quand il s’agit de photographies, de simples images sur Internet. Si le village est si figé c’est parce qu’il s’est arrêté d’évoluer à la mort du peintre. A l’exception des parkings et du musée, le paysage est resté le même pour que les touristes puissent reconnaître les décors des peintures de Monet. C’est un emprisonnement à des fins touristiques, patrimoniales et financières

Dans cet ouvrage le village est associé à une prison. On a le sentiment d’un effet d’inertie autour de Giverny. Ses habitant peinent à en sortir voire sont condamnés à y rester. Il y a un paradoxe avec cette prison dorée qui s’oppose à la forte fréquentation du lieu par les touristes. Seul le va-et-vient des bus perturbe  cette impression de tableau figé dans le temps où les Givernois sont aussi figés que leur village. Des hommes et des femmes du monde entier se déplacent en masse pour venir passer quelques heures à Giverny tandis que les personnages de ce roman ne rêvent que d’en sortir. Pour l’institutrice, Stéphanie Dupain : « Ici, ce sont les pierres et les fleurs qui voyagent… Pas les habitants ! » Ce village-prison est aussi associé à un tableau dont on ne peut franchir le cadre. Plus qu’une prison, Giverny est un piège dans lequel les personnages de ce roman sont enfermés. C’est de l’intérieur que provient la menace qui plane dans ce récit.



Monet

Tout comme le village dans lequel il a passé la moitié de sa vie, Claude Monet est au cœur de ce roman policier. On y apprend des éléments sur la vie de l’artiste et son art. La démarche artistique de l’impressionniste est expliquée par les personnages principaux qui maîtrisent le sujet mais aussi par l’intervention d’un spécialiste du peintre qui est interrogé par l’un des inspecteurs. L’exploration de la piste du trafic d’art sert de prétexte à une meilleure connaissance de l’artiste. Le parallèle entre Monet et Giverny est aussi un élément récurrent dans ce roman. L’œuvre de Claude Monet est née d’une vie contemplative vouée à la nature. Sa série des Nymphéas en est la parfaite illustration.  Monet a peint des nénuphars dans le même étang jouxtant sa maison pendant vingt-sept ans. Toutes ces informations on les trouve au fil des pages de ce livre. Il y a une réelle documentation autour de Monet, des impressionnistes et de la peinture en général. Tout comme pour Giverny, les informations sur Claude Monet sont authentiques, qu’elles concernent sa vie, ses œuvres ou ses héritiers. C’est aussi le cas pour celles qui évoquent d’autres peintres impressionnistes, notamment Theodore Robinson ou Eugène Murer. Les vols d’œuvres d’art évoqués sont des faits divers réels.

Il y a donc une association de faits réels et fictifs. Dans l’affaire du vol de tableaux du 27 novembre 1985, quatre Monet, dont le célèbre Impression soleil levant, et deux Renoir, sont volés au musée Marmottan à Paris. Toutes les toiles seront retrouvées en 1991 à Porto-Vecchio. Dans Nymphéas noirs l'énigme du vol est résolue par le commissaire Laurentin, l’un des personnages du roman.

Le titre de cet ouvrage est directement lié à Claude Monet. La légende raconte que dans ses derniers tableaux l’artiste impressionniste lutte contre sa propre mort. Début décembre 1926, quand Monet a compris qu’il allait mourir il aurait peint un ultime tableau des nymphéas en utilisant la seule couleur qu’il se refusait à utiliser. L’absence de couleur mais aussi l’union de toutes : le noir. Cette légende aurait pu rester au titre de simple mystère, mais voilà dans ce livre on apprend très tôt que la vieille femme possède un tableau qu’elle cache tout en haut de sa tour. Un tableau de nymphéas, les Nymphéas noirs. Comme exergue à ce roman policier on trouve une citation qui fait étrangement écho à ce titre : « Non ! Non ! Pas de noir pour Monet, voyons ! Le noir n’est pas une couleur ! », mots prononcés par Georges Clemenceau, au pied du cercueil de Claude Monet.



Thématiques

Nous avons commencé à le voir, la peinture est un thème clé dans ce roman. Omniprésente, on la retrouve jusque dans les descriptions qui renvoient souvent à la peinture, notamment la peinture impressionniste. Ainsi le sang du cadavre de Jérôme Morval qui se dilue dans l’eau d’une rivière est comparé à un pinceau que l’on nettoie. « L’eau claire de la rivière se colore de rose, par petits filets, comme l’éphémère teinte pastel d’un jet d’eau dans lequel on rince un pinceau. » Le traitement des couleurs est important dans les descriptions mais aussi dans leurs significations (noir de la mort, les couleurs vives des peintures et de la maison de Claude Monet etc.).

Les personnages principaux ont tous un lien très fort avec la peinture, tout comme la victime Jérôme Morval qui collectionnait les tableaux. L’ophtalmologue avait une préférence pour l’impressionnisme. Son rêve était de posséder un Monet et plus particulièrement un Nymphéas.

Le temps qui passe, qui se fige, les âges qui se croisent jouent un rôle important dans ce roman policier. En dehors de Giverny, un autre lieu cher à Monet est abordé dans cet ouvrage. Il s’agit de la ville de Rouen où Monet a peint pas moins de 28 «  cathédrales ». Ces cathédrales sont toutes différentes selon l’heure de la journée ou le temps, tout comme les personnages de ce livre qui deviennent plus ou moins suspects selon la façon dont ils sont perçus à un instant précis.

Le dernier thème important à mon sens est celui du secret. Il n’est pas surprenant de trouver un tel thème dans un roman policier mais il est toutefois intéressant de le mentionner. Chaque personnage a ses secrets, ceux-ci font partie de la nature humaine mais ces secrets sont plus ou moins lourds. Le poids d’un meurtre n’est pas le même que le secret d’une petite fille qui se cache de ses amis pour aller peindre après l’école. La vieille femme a des remords, non pas d’avoir tué son mari, mais des secrets et informations qu’elle détient. Elle hésite à aller parler à la police.

Au cours du roman, une hypothèse survient : et si tous les Givernois protégeaient un même secret ? Ce secret renverrait en partie à des tableaux d’impressionnistes et de Monet cachés dans la maison de ce dernier et qui constitueraient le secret des Givernois. Les habitants du village seraient au courant des trésors dissimulés dans cette maison.



La structure du texte

L’intrigue se déroule dans un cadre d’espace-temps très précis. L’histoire débute le 13 mai 2010 et finit le 25 mai, soit une durée de treize jours. Chaque chapitre représente un jour de cette période, à l’exception de rares ellipses (le récit du 16 mai ne figure pas dans le roman et il y a un retour au 13 mai 2010 entre le 24 et le 25 mai 2010). En plus de représenter un jour précis, les chapitres sont classés par thématiques, chaque jour est rattaché à un ou plusieurs éléments forts qui se traduisent par un mot en titre de chapitre : « raisonnement », « enterrement », « affolement », « affrontement », etc.

Le roman se découpe également en deux tableaux : le premier se nomme « Impressions » et le second « Exposition ». Le titre du premier tableau fait bien évidemment référence à l’impressionnisme et aux impressionnistes. On peut également l’associer au tableau peint par Monet en 1872 et 1873 : Impression soleil levant, un tableau qui marque le commencement d’une journée, ici d’une histoire, d’un livre. L’impression enfin peut se rattacher à une enquête policière et à l’inspecteur Laurenç qui donne de l’importance aux premières impressions dans le déroulement de l’enquête. Dans le deuxième tableau, « Exposition », un basculement s’opère et on retourne au premier jour. Ce fameux 13 mai 2010 où tout a commencé ; c‘est ici que l’exposition commence réellement. C’est là que l’on commence à comprendre, l’histoire se déroule à nouveau et tous les éléments se dénouent.

Durant la première lecture les indices s’accumulent et on se pose de nombreuses questions alors que les mystères et les personnages s’accumulent sans que l’on arrive à en cerner les liens. Ce n’est qu’à la toute fin qu’un fil rouge viendra tout relier. Les explications sont simples, dramatiquement plus simples mais ce dénouement va venir remettre en question tout ce que l’on sait sur nos personnages.

 

C’est un roman qui joue beaucoup sur les impressions et nous pousse à tirer des conclusions trop hâtives. J’ai longtemps hésité à dévoiler la fin de cet ouvrage, non pas pour en révéler l’assassin mais pour mettre en lumière la structure du texte. En effet ce n’est qu’à la toute fin que l’on perçoit le travail d’écriture, de composition et de recomposition de l’auteur. Une écriture qui n’est pas si simple. Un livre est l’objet final, il découle de versions antérieures et différentes, un travail où chaque élément a du sens.


Marie, 1ère année bibliothèques 2012-2013


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