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1 août 2010 7 01 /08 /août /2010 07:00

Butor-L-Emploi-du-temps.gif

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Michel BUTOR,
L’Emploi du temps
 Les Editions de Minuit
Collection « Double », 1956

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Michel-Butor.jpgL’auteur
 

 

 

Michel Butor, poète romancier, et essayiste français a été professeur en Egypte  et aux États-Unis. À partir de 1950, il devient professeur dans l’enseignement supérieur à Nice et à Genève.                            

 

Surtout connu en tant que romancier, il n’a pourtant écrit que quatre romans : Passage de Milan (1954), L’Emploi du temps (1956), La Modification (1957) et Degrés (1960). Après Degrés, il abandonne le roman afin de se consacrer aux essais et participe  à la réalisation de livres d’artistes ou d’articles de revues artistiques.            

 

La volonté de Michel Butor est d’expérimenter une nouvelle forme de roman, d’inventer une nouvelle forme d’écriture afin de représenter le monde contemporain. A ses débuts, il a été rattaché au mouvement du Nouveau Roman dont Nathalie Sarraute, Claude Simon et Alain Robbe-Grillet ont également fait partie.

 

 

L’histoire
 

 

Jacques Revel est un Français arrivant dans une ville de Grande-Bretagne nommée Bleston, purement imaginaire. Il se rend dans cette ville afin d’effectuer un stage d’un an dans une société appelée Matthews and Sons, qui s’occupe de la correspondance France-Angleterre. Jacques Revel fait lui-même le récit de ses journées en écrivant sur des pages vierges sur lesquelles il note la date de chaque jour. En revanche, il n’écrit jamais le week-end ce qui entraîne de nombreuses ellipses.


Revel commence son récit avec un décalage puisqu’il débute le jeudi 1er mai et s'achève le 1er octobre précédent. Les ellipses et le décalage sont deux premiers facteurs de déstabilisation pendant la lecture. Michel Butor utilise ces nombreux retours en arrière afin de perdre le lecteur dans une histoire multiforme ; ce procédé est particulièrement efficace. L’histoire qui paraît, tout de même, au début, assez simple va devenir une enquête incompréhensible : un labyrinthe à tous les niveaux. Premièrement, Jacques a lu un livre, Le meurtre de Bleston, écrit sous un pseudonyme ; notre personnage connaît pourtant le véritable auteur et trouve que le livre présente des similitudes avec la réalité et la mort d’un proche de l’écrivain.


Deuxièmement, la suite du livre est une enquête policière ou du moins, c’est ce que l’on pense. Il serait plus correct de dire que l’histoire racontée est un prétexte pour se perdre dans sa complexité. Le meurtre va hanter Jacques Revel jusqu’à le rendre presque fou ; il s’engouffre dans cette histoire et finit par penser qu’il est lui-même le meurtrier…mais pas directement.


De plus, l’écriture est très sombre ; on met cela sur le compte d’une probable dépression… « Jacques a le mal du pays », mais c’est bien plus que cela ; il tente d’échapper à la ville qui l’emprisonne, il devient fou parce qu’il n’a aucune échappatoire. La ville l’emprisonne, elle le dévore, l’assombrit, le manipule. L’énigme qu’il tente de résoudre est peut-être le seul élément auquel il peut se raccrocher pour ne pas perdre pied. Mais même le lecteur ne sait plus ce qui relève de la fiction et de la réalité. Finalement en essayant de démêler l’énigme, il ne fait qu’aggraver les choses. Michel Butor fait des phrases interminables, qui peuvent remplir une voire deux pages, sans points. Les paragraphes et les débuts de phrases commencent par un alinéa, sans majuscules. La forme de l’écriture est aussi déstabilisante que le contenu du livre.

 

 

Mon avis


Ce serait malhonnête de dire que j’ai beaucoup aimé ce livre. Déstabilisée par l’écriture, je suis passé par tous les niveaux : lassée, énervée, agacée, surprise et très influencée par l’angoisse que la ville provoque en Jaques Revel. On s’identifie totalement à lui, on se traîne avec lui sous la pluie, on se perd dans les rues, on prend le bus, on est désorienté, sali par la ville, à peine repu de la nourriture anglaise si fade au goût de Revel. On est perdu dans le labyrinthe de la ville, excité par le moindre pan de mur qui s’opposera à nous. Michel Butor prend soin de ne jamais décrire la campagne, un autre pays, celui qu’a connu Revel ; on n’a donc aucune possibilité d’évasion, aussi emprisonné que le personnage. C’est terrifiant ! Je ne proposerais pas cette lecture comme un livre mais plutôt comme une expérience…et une expérience à vivre.

Agnès, 1ère année Bib.-Méd.-Pat.

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