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25 septembre 2011 7 25 /09 /septembre /2011 07:00

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Michel SUFFRAN
Entre deux rives
Atlantica, 2011.








 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’auteur

Biographie tirée du  site de l’ECLA

« Michel Suffran est né rue Saint-Rémi à Bordeaux, tout près du port dont il conserve, gravée dans sa mémoire, l'intense palpitation. Puis il a vécu dans un village du Lot-et-Garonne qui a servi de cadre à son premier roman : Le Lieu le plus obscur (1982).

 Michel Suffran a exercé pendant une trentaine d'années la médecine et a mené parallèlement un travail d'écrivain. Il s'est d'abord consacré à l'écriture radiophonique et à l'écriture de films (œuvres originales et adaptations littéraires). Il a ensuite développé une œuvre prolifique et extrêmement diverse : roman, poésie, histoire, nouvelle, essai, biographie... avec une prédilection pour la création théâtrale. Il collabore régulièrement avec le Groupe 33, le Théâtre de la Lucarne, le Théâtre du Port de la Lune.

 Son premier livre publié, Sur une génération perdue, 1965, est consacré aux écrivains aquitains nés vers 1885, pour la plupart disparus dans la fournaise de la guerre de 1914-1918. Michel Suffran a bien connu François Mauriac à qui il a dédié une part de ses ouvrages de critique littéraire. Il a également publié un livre autour de Dino Buzzatti (Qui êtes-vous Dino Buzzatti ?, La Manufacture, 1991) un autre de ses « compagnons des routes intérieures ».

 Michel Suffran a été récompensé par le Grand Prix littéraire de la ville de Bordeaux. Il est également membre de l'Académie des sciences, arts et belles lettres de Bordeaux. »



Le texte

Entre deux rives est un recueil de cinq nouvelles dont le titre vient de l’une d’entre elles, la première pour être précis. Michel Suffran dira même que c’est celle qui illustre le mieux tous les personnages du livre, pris entre deux mondes, entre deux moments cruciaux de leur existence. Ils sont tous à la recherche d’un sentiment qu’ils ont perdu.



Les nouvelles

Les personnages de ces nouvelles sont extrêmement ordinaires. Dans la première, on s’immisce dans la vie d’un homme politique qui vient de remporter des élections, mais qui va soudainement tout plaquer parce qu’il a « besoin d’air ».

Dans la deuxième, on change totalement de décor, puisque nous sommes sur une île ; le personnage central est une fillette qui voit une île qu’elle seule parvient à percevoir.

 Dans la troisième, on est en présence d’un S.D.F., qui vit dans une petite rue mais  ne fait pas la manche. Tout le monde le regarde d’un mauvais œil, sauf les enfants. Sous ses allures de pauvre hère, il semble avoir une grande influence sur le monde.

La quatrième nouvelle raconte l’histoire d’un homme tout à fait banal qui a l’habitude de promener sa chienne Mirza tous les soirs, selon le même circuit. Le tournant de l’histoire se situe lorsque le protagoniste rencontre de l’autre côté de la rue un homme que la chienne semble reconnaître. Cette rencontre va déclencher des déplacements dans le temps, où le personnage va trouver des réponses sur lui-même.

Enfin, la dernière nouvelle met en scène la confrontation d’un acteur qui, en cinquante ans de carrière, n’a eu que des petits rôles qui ne lui ont pas offert le succès, avec un producteur redouté dans toute la profession.



Mon avis

Ces nouvelles sont toutes très intéressantes parce qu’elles présentent des types de personnages très différents mais l’auteur montre qu’en fait ils sont tous semblables, tous dans la même spirale du monde, tous « entre deux rives ». En cela, le titre de l’œuvre est extrêmement bien choisi. On assiste à des moments cruciaux de la vie de gens tout à fait ordinaires.

De plus, j’ai beaucoup apprécié la côté fantastique des nouvelles, où l’on voit l’avenir d’un personnage dessiné à la craie, un spectre, et d’autres choses encore que je ne dirai pas, il ne faut pas tuer le suspense !


Ces textes sont très faciles à lire, mais en même temps empreints d’une philosophie et d’une réflexion qui justifient que l’on s’arrête sur les détails pour les apprécier totalement. On ne peut que réfléchir sur l’humanité, sur des thèmes tels que l’angoisse de la mort, la peur de l’oubli, ou bien l’obsession d’avoir raté sa vie. Tous ces thèmes sont évoqués avec une grande justesse de ton, et l’on se laisse emporter au fil des pages sans s’arrêter. La dernière nouvelle m’a tout particulièrement touchée, parce qu’elle met en scène une extrême cruauté où entrent en jeu la mort et l’appât du gain. On ne ressort pas indemne de cette lecture, à mon avis, parce qu’elle amène le lecteur à l’introspection et à l’affrontement avec les mêmes angoisses, si humaines.


Bérengère L., AS BIB 2011-2012.

 

 

Lien 

 

Les éditions Atlantica.

 

 

 

 

 


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Published by Bérengère - dans Nouvelle
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