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15 novembre 2010 1 15 /11 /novembre /2010 07:00

Cervantes--La-Petite-Gitane.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Miguel de CERVANTÈS  
La Petite Gitane
Titre original :  La gitanilla
Traduit de l’espagnol

par Claude ALLAIGRE
Gallimard,

Folio 2 €, 2005




 

 

 

 

 

 

 

L’œuvre

Cette nouvelle de 118 pages est extraite des Nouvelles exemplaires (Novelas ejemplares) suivies de Persilès ; c’est un recueil de douze textes relevant du fantastique, du pittoresque et du romanesque. 

 

 

Cervantes.jpgL’auteur

Miguel de Cervantes est un romancier, poète et dramaturge du XVème siècle né en 1547. Issu d’une famille modeste, il voyage avec son père qui est chirurgien. Il écrit ses premiers poèmes pour les funérailles de la reine Elisabeth de Valois. En 1569, il entre au service de Giulio Acquaviva qui deviendra cardinal et s’enfuit à Rome après un duel. Il voyage beaucoup jusqu’en 1575 en Italie. Il devient soldat à Monaco, perd l'usage de sa main gauche à la bataille de Lepante en 1571 et décide de rentrer en Espagne. Mais sur la route sa galère est attaquée par des pirates ; il est fait prisonnier et reste captif à Alger pendant cinq ans. Finalement racheté avec d’autres prisonniers, il rentre en Espagne. Il s’installe à Séville, puis à Valladolid. En 1605, il publie la première partie de Don Quichotte. Il retourne à Madrid et devient membre d’une académie littéraire. En 1613, les Nouvelles exemplaires paraissent. Un peu plus tard, Voyage du Parnasse, Huit comédies et huit intermèdes nouveaux. Et enfin, en 1614, la deuxième partie de Don Quichotte est publiée. Il meurt le 23 avril 1616 à Madrid. Il a eut une influence considérable sur la littérature espagnole et a créé le roman polyphonique. Il tirera des récits de ses aventures.

 

 

Résumé

L’auteur raconte l’histoire d’une gitane en Espagne,  belle, intelligente et mystérieuse. Elle se nomme Preciosa et a été élevée par sa grand-mère. Elle danse et chante, séduisant le public par sa beauté et par sa voix.

Un jour, elle rencontre un page qui lui donne un poème et la paye afin qu’elle le lise en public. Elle le rencontrera par la suite une seconde fois et il pensera l’avoir conquise.

En revenant de la ville, Preciosa et sa grand-mère rencontrent un jeune homme. Il se nomme Don Juan de Carcamo et avoue sa flamme pour la petite gitane. Preciosa lui explique alors qu’il doit devenir gitan et vivre pendant deux ans avec le groupe, après quoi ils se marieront. Don Juan accepte et devient gitan quelques mois plus tard en faisant croire à ses parents qu’il est parti pour les Flandres. Il apprend la vie de gitan mais ne peut se résoudre à voler et achète donc des bien en faisant croire qu’il les vole. Au cours d’une halte dans un petit village, une jeune fille s’éprend du faux gitan qui refuse de l’épouser. Pour se venger, celle-ci cache des objets dans les bagages du jeune homme et le fait arrêter pour vol. Preciosa va chez le juge pour demander une faveur mais sa grand-mère fait une révélation qui va résoudre tous les problèmes….

 

 

Mon avis

Dans cette nouvelle, on a une vision positive des gitans. Ils paraissent intelligents et malins. Ce récit montre leurs valeurs et leur liberté, ils vivent avec la nature et l’amour.

Le lecteur peut prévoir la suite et la chute n’est pas très surprenante.

J’ai bien aimé cette petite nouvelle pour son évocation du mode de vie des gitans. Ce livre est distrayant, se lit vite et n’est pas compliqué. Il fait rêver d’amour et de liberté, c’est un joli récit d’amour. J’ai aussi bien aimé les poèmes composés par l’auteur et insérés dans le récit.

 

 

Extrait

« – Qui don t’a appris cela, ma petite ?  dit quelqu’un.

– Et qui aurait dû me l’apprendre ? répondit Preciosa ; n’ai-je pas une âme chevillée au corps ? N’ai-je pas déjà quinze ans ? Et je ne suis ni manchote, ni boiteuse, ni estropiée du cerveau ! L’esprit des gitans a une autre boussole que celui des autres gens, et fait toujours plus que son âge ; il n’y a pas de sot gitan, ni de gitane balourde, car pour gagner leur vie il leur faut être vifs, rusés et menteurs ; aussi est-ce à chaque pas qu’ils se dégourdissent la cervelle, ça ! ils ne la laissent pas se rouiller. Voyez-vous ces filles-là, mes compagnes, qui ne disent rien et n’ont pas l’air très malignes ? Eh bien, mettez-leur donc le doigt dans la bouche, et tâtez leurs dents de sagesse, vous allez voir ce que vous aller voir ! Il n’est pas une gamine de douze ans qui ne sache ce que l’on sait à vingt-cinq ; car elles ont pour maîtres et précepteurs le diable et la pratique, qui leur enseignent en une heure ce qu’on apprendrait en un an. »

« En ces amoureuses conquêtes

où l’amour fougueux je contiens,

pour meilleure chance je tiens

bien plus que belle d’être honnête.

La plante de plus humble sève

qui, croissant, s’impose droiture,

soit par grâce soi par nature,

jusques au firmament s’élève.

Il est fort humble mon métal

mais puisqu’honnête l’émaille

il n’est bon désir que me faille,

richesse en trop qui ne soit mal.

Il ne me cause peine aucune

de n’être aimé ni estimé

car je compte bien édifier

ma chance et ma bonne fortune.

Ce que je suis je le serai

si à bien faire m’achemine,

et puis que le Ciel détermine

ce qu’il fera de moi après.

Je voudrai voir si la beauté

possède le pouvoir qu’il faut

pour que je m’élève si haut

que j’aspire encore à monter,

car si les âmes sont égales

celle d’un simple laboureur

peut égaler par sa valeur

celles qui seraient impériales.

La mienne a, je crois, privilège

et m’élève au plus haut degré,

parce qu’amour et majesté

n’occupent pas le même siège. »

 

 

Isabelle, 1ère année Éd.-Lib.

 

 


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Published by Isabelle - dans Nouvelle
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