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29 juin 2010 2 29 /06 /juin /2010 07:00

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Milena AGUS

Mal de pierres
Traduit de l’italien

par Dominique Vittoz

Le Livre de Poche (2009)

Liana Levi (2006)


 

 

 

 

 

 

 

 

Dans la Sardaigne d’après-guerre, traditionnelle et normée par le puritanisme, une jeune femme est recroquevillée dans sa folie. Rejetée par sa famille, elle cherche ce qui lui semble être le plus important, l’amour. Pensant, après les nombreux rejets de ses possibles prétendants, qu’elle est habitée par un mal qui l’empêche d’être aimée, elle sombre dans le désespoir. Ce monde, qui lui fait subir une vie malheureuse et solitaire, elle le fuit dans l’écriture où elle réinvente un imaginaire lui permettant de réaliser ses rêves, d’avoir ce qu’elle ne peut atteindre dans la réalité. C’est comme cela qu’elle échappera à son quotidien, celui-ci se résumant à son mari qui l’a épousée sans amour, sa maladie rénale, puis, plus tard, son fils tant espéré qui pourtant ne sera jamais proche d’elle.


Cette femme incomprise, dont l’âme a été vidée par la tristesse, devra attendre sa mort pour que sa vie soit révélée par sa petite-fille, seule à lui porter de l’intérêt. Par ce récit, celle-ci comprend ce que les autres prenaient pour de la folie et donne une mémoire à sa grand-mère dont la vie avait été perdue, volée par les autres qui l’ont emprisonnée.
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Milena Agus, Sarde d’origine, refuse l’étiquette d’écrivain, n’ayant selon elle pas assez écrit pour être considérée comme telle. Elle n’écrit pas pour être publiée mais parce que c’est le seul moyen de s’échapper et de se construire un autre monde, loin de la réalité. C’est pour cela que le plus souvent elle construit des personnages qui lui ressemblent et lui permettent de s’exprimer, ce qui lui semble impossible dans l’autre vie, la vraie. Ces deux mondes, l’un qu’elle subit et l’autre qu’elle a fait naître, ont tant de points en commun qu’ils se confondent quelquefois, jusqu’à ce que l’auteur perde toute notion de distinction entre les deux. On constate d’ailleurs que Milena Agus est très proche de son personnage de Mal de pierres : cette femme qui croit avoir connu l’amour alors que tous ses souvenirs concernant son amant ne sont pour la plupart que des lignes de texte, créées, hors de la réalité.


 

 

 

« J’ai découvert que l’écriture, contrairement à la musique, aux langues, au sport et aux autre matières apprises au lycée, rachète le réel, et d’une façon toute particulière.1 »

« Jusqu’à une date récente, j’écrivais pour moi. Pour fuir, mais aussi pour retenir et sauver de la mort et de l’oubli les personnes et les émotions.2 »



Justine, 2e année Éd.-Lib.

 

1. Comme une funambule de Milena Agus (postface de Mal de Pierres), traduit de l’italien par Dominique Vittoz, éditions Le Livre de Poche (édition originale : Liana Levi, 2006).

2. Ibidem.

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