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2 avril 2011 6 02 /04 /avril /2011 07:00

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MIYAZAWA Kenji
Les Fruits du Gingko
Traductrice : Hélène Morita
Ed. Le Serpent à plumes
Collection « Motifs », n°271



 

 

 

 

 

 

 

 

Kenji-Miyazawa.jpg

 

Un auteur mystique ?

Kenji Miyazawa  est né en 1896  à Hanamaki  dans la préfecture d’Iwate, et mourut en 1933 à l’âge de 37 ans. Il dédia sa courte vie à sa ferveur bouddhique ainsi qu’à sa créativité inouïe. Kenji était un homme dévoué aux paysans pauvres de sa région déshéritée. Musicien, scientifique, militant social et poète, il ne connut malheureusement pas le succès de son vivant. Seulement deux textes furent publiés de son vivant : Le restaurant aux nombreuses commandes, Ashura et les premiers versets de Printemps.

Kô Kuriyagawa, un critique littéraire qui fit des études de lettres en France fut bercé plus d’une fois par les histoires de Kenji Miyazawa. Pour lui, le mysticisme de l’auteur viendrait de la quasi-impossibilité de savoir de qui a pu s’inspirer l’auteur et dans quel courant le situer. Il précise dans la préface de l’ouvrage Les pieds nus de lumière (éd. Le Serpent à Plumes ,1998) que Kenji Miyazawa ne s’explique pas mais se ressent.

Le Poète de l’ombre n’a pas connu de succès pour ses poèmes mais aujourd’hui il est un des auteurs incontournables du Japon avec Murakami Haruki, abreuvant les petits et les grands d’histoires à l’imperceptible magie. Au Japon, certaines de ses œuvres ont été adaptées en animation comme Train de nuit dans la voie lactée, d’autres ont été éditées pour jeune public.


La plupart de ses œuvres ont été traduites par Hélène Morita et publiées en France aux éditions Le Serpent à Plumes.

Biographie réalisée grâce aux sites et livre :
Skunkin.net :  http://www.shunkin.net/Auteurs/?author=98
Wikipedia :  http://fr.wikipedia.org/wiki/Kenji_Miyazawa
Préface de Kô Kuriyagawa : dans Kenji Miyazawa, Les Pieds nus de lumière, éd. Le Serpent à Plumes, 1998.



Et l’Écriture ?

L’écriture de Kenji Miyazawa est un envoûtement des mots perceptible par vos sens, c’est une magie qui vous emporte, un coup de pinceau vous donnant les couleurs de l’aube, la lumière du printemps et la musique de l’envol des feuilles en automne.


Les écrits de K. Miyazawa possèdent une dimension intime, étonnante par son énergie et sa malice, qui provoque en vous une certaine fascination  des paysages et des moments qu’il nous offre ; lors du départ des Enfants-fruits du Gingko prêts à tomber, la mère pleure : «  La mère, dans sa tristesse, n’avait cessé jusqu’à l’aube de laisser choir ses cheveux d’or qui dessinaient comme de petits éventails. »

L’or et les diamants reviennent souvent dans l’œuvre de Kenji Miyazawa, il compare souvent les trésors de la nature à des éléments précieux : « tous les grains acérés du vent d’automne vont faire céder leurs attaches d’or au sommet des fleurs ». « Yomata, le lys merveilleux ».

Kenji Miyazawa peint un paysage avec des mots aux couleurs vives, il matérialise un esprit, il vénère l’automne tandis que nous, Occidentaux, l’accueillons en faisant la moue, et dénonce les défauts humains au travers d’une étrange fable :
image4-2.jpg


Étrange fable ou leçon de morale ?

Étonnante et amusante, propre à la culture japonaise, notamment dans la nouvelle « Les trois diplômés de l’École du Blaireau » : une limace, un raton laveur et une araignée vont à l’école du Blaireau mais la rivalité règne à l’école, la jalousie aussi, la cruauté, la vengeance… étrangement ; il va prêter des caractères humains aux animaux semblables à ceux de La Fontaine mais sans établir de morale ; il punit chaque personnage par la mort.

La matérialisation de l’automne : dans « Yomata le lys merveilleux », un peuple attend Shōhenchi : « On dit que demain matin, vers sept heures, le vénérable Shôhenchi franchira la rivière Himukya, et qu’il entrera dans notre ville. » Tout porte à croire que c’est un personnage très attendu, le peuple s’affaire donc à nettoyer les rues, à rentrer du bois, à construire des maisons et à trouver une fleur de lys en offrande à Shōhenchi, puis à sept heures : « Il y eut soudain venant de l’autre rive, comme un léger arc-en-ciel doré qui s’élevait dans le ciel en traversant les bois verts. Tous se prosternèrent au sol ». C’était l’arrivée de l’automne que Kenji Miyazawa nous contait en le personnifiant sous le nom de Shōhenchi. Pureté, grâce et lumière s’entremêlent dans cette nouvelle.

La matérialisation des esprits : l’auteur attribue une apparence humaine aux esprits dans la nouvelle « La Biographie de Nénémou Pène-nène-nène-nène-nène ». Kenji Miyazawa nous déstabilise car les esprits pour nous sont éphémères, ils relèvent de croyances et sont intouchables. Nénémou, lui, vit dans le monde des esprits parmi les esprits châtaignier qui crachent de la vapeur, les esprits-pousses-de-fougères, un esprit pain pour combler sa faim ou regarder l’Astre solaire : « particulièrement rayonnant on aurait même dit que ce matin là, il s’était rasé de près.»
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Un récit aux facettes multiples ?

Outre la richesse des mots et des images, l’auteur émaille le texte de petits poèmes en vers libres, chantés ou récités par les personnages de la nouvelle. Le poète ne nous plonge pas dans un lyrisme plombant ; au contraire, nous sommes transportés par la douceur des dialogues, du récit et de l’implantation des décors.

Les nouvelles peuvent faire penser à des fables mais aussi à des contes. Elles peuvent tout à fait se prêter à l’oralité,  accompagnées de dessins et d’un peu de théâtre !



Alors ? On lit ?

Kenji Miyazawa, ce sont des œuvres aux mots délicieux, ce sont des œuvres à poser sur une table de chevet à côté d’un thé vert, ce sont des œuvres à déposer dans vos bibliothèques privées, publiques, à acheter dans vos librairies petites ou grandes, ce sont des œuvres à lire dans un jardin en automne à la lumière du soleil, ce sont des œuvres à partager,  à laisser sur un banc public pour que quelqu’un d’autre puisse s’évader, ce sont des œuvres à s’approprier, ce sont des œuvres de rêve. On lit !

 

 

Agnès L., 1ère année Bibliothèque

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Published by Agnès - dans Nouvelle
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