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20 juin 2010 7 20 /06 /juin /2010 07:00

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MIZUKI Shigeru

Kitaro le repoussant

traduit du japonais

par Satoko Fujimoto

et Eric Cordier 

Éditions Cornélius , 2007

 

 

 

 

 

 

 

 

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Biographie de Shigeru Mizuki

 

L'auteur naît à Sakaiminato, au sud-est du Japon, en 1922. Il passe toute sa jeunesse à la campagne, entouré de yokai, esprits japonais, et de légendes contées par sa nourrice.(Cette partie de son enfance sera illustrée dans NonNonbâ, bande dessinée volumineuse publiée chez Cornelius ). Dessinant depuis le plus jeune âge, il écrit de petits mangas. Ses parents l'encourageront à poursuivre dans cette voie.
   

La guerre est déclarée et il est engagé en 1943 sur le front Pacifique, dans un commando-suicide ; il sera un des deux seuls survivants de son escouade. Sa hiérarchie le fait prisonnier pour avoir échoué dans sa mission et il revient dans son pays des mois plus tard, mutilé, un bras en moins.
   

En 1956, n'arrivant pas à percer dans le manga, il fait du Kamishibaï, théâtre du rue basé sur des histoires populaires illustrées. L'année suivante, il s'installe à Tokyo, où il développe Rocketman, manga antimilitariste, et écrit plusieurs romans contre l'horreur de la guerre.


Kitaro arrive dans les librairies de prêt, les kashibonya, en 1959. Mizuki met du temps à imposer son drôle de héros mais une fois installé, il bénéficie d'un grand succès. Pour preuve, il sera ensuite adapté en dessin animé par Isao Takahata, un des fondateur des studios Ghibli. C'est par ce biais que le héros marquera un grand nombre de jeunes Japonais, en effrayant certains. La série manga se terminera en 1970, comptant dans son pays d'origine 9 volumes. La naissance de Kitaro a de quoi surprendre. À l'époque où le manga est publié, les jeunes lecteurs de bande dessinée ont d'autres héros, ceux de Osamu Tesuka, un dessin enfantin, aux traits ronds, plutôt kawaii. Kitaro apparaît dans les kashibonya à contre-courant de ce mode de représentation ; son premier titre s'inscrit à l'opposé des petits robots mignons, Hakaba no Kitaro, Kitaro du cimetière. Ce titre ayant du mal à s'imposer sera un peu plus tard changé en Gegege no Kitaro, en France, Kitaro le repoussant.

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On raconte qu'Osamu Tezuka fut jaloux du succès de Kitaro. Il voulut lui aussi une série d'horreur fantastique. De là naquit Dororo, personnage dont les membres amputés ont été remplacés par des prothèses qui lui permettent de combattre les démons.


    La quasi-totalité des ouvrages de Shigeru Mizuki sont édités aux précieuses éditions Cornélius, la dernière sortie date de début 2010 et se nomme Mon copain le Kappa.

 

 


Kitaro le repoussant

Après la Seconde Guerre mondiale, le Japon accélère son rythme de production et accède à la libéralisation afin de se rapprocher des modèles occidentaux. Il accède à la modernité à une vitesse folle et en oublie ses vieilles légendes. L'apparition de Kitaro n'est pas un hasard, dans un monde où les humains ne font plus attention à rien, ni à eux-même, aveuglés par l'obsession du rendement, les yokai se posent en donneurs de leçons. Le Japon n'est donc pas un pays renaissant mais fondé sur une histoire occulte où les esprits sont présents. Kitaro n'a pas seulement le rôle de rappeler aux humains que d'autres forces sont là, il est aussi un protecteur pour eux, empêchant les esprits les plus maléfiques de s'emparer de leurs âmes.
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Mais parlons de la naissance physique de Kitaro. Cet enfant est le dernier de sa lignée. Ses parents, deux revenants, meurent, à l'écart du monde et oubliés de tous. Le seul voisin qu'ils connaissent décide de les enterrer. Trois jours plus tard naît Kitaro, tout seul sorti de l'utérus de sa mère ; il s'extrait de terre selon sa vraie nature, celle de mort-vivant. De son père il ne restera qu'un oeil, mais un oeil possédant bras, jambes et sens de la parole. Il lui servira de conseiller et pourra se réfugier dans l'orbite vide de son fils, car Kitaro en plus d'être repoussant est borgne. Vite indépendant, il erre à travers le Japon pour vivre de multiples aventures entre le monde des vivants et celui des morts.


Chaque livre comporte plusieurs histoires qui ont toutes la même conclusion : la victoire de Kitaro accompagnée de son chant : « Ge, Ge, Ge no Ge... »

 

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Les yokai : du fantastique à l'horreur

En japonais, le mot est composé des kanji, « monstres », « démon » ou « sorcier » et « étrange ». S'ils sont yokai2.jpgmaléfiques on peut aussi les nommer mononoke. Ces créatures sont partout, en forêt, en ville,ou à la mer. Il en existe différentes sortes, chacun possédant un pouvoir particulier et un nom spécifique. Ces bêtes font partie de la vie du Japon depuis des siècles mais sont aujourd'hui considérés comme une simple superstition. Shigeru Mizuki les réintroduit dans la société japonaise des années 60 avec son manga Kitaro le repoussant qui paraît sous sa première forme dans le magazine Sanpei Shirato et les épisodes de Kitaro yawa.


yokai3.jpgSi Mizuki a fait un  dictionnaire des yokai (édité chez Pika) en plusieurs tomes, la vision qu'il en donne dans Kitaro est différente. En effet, si le Japon subit des mutations, Shigeru Mizuki en introduit dans les légendes de son pays. Il essaie de créer un balancier entre le Japon moderne et celui d'autrefois, même à travers les créatures citées. Il fait appel dans le deuxième tome aux monstres occidentaux tels Dracula, Frankestein ou encore les sorcières à balai. Mizuki se crée aussi sa propre légende, et associe plusieurs modes de l'époque. Tout d'abord le style occidental qui ne fait que gagner en puissance dans la littérature japonaise. Ensuite, l'essor du fantastique qui a connu quelques succès dans l'histoire de la littérature japonaise, en lisant Kitaro, on retrouve l'ambiance que développe Akutagawa Ryunosuke (1892-1927) dans Rashômon et autres contes.

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La difformité de Kitaro ne peut que nous renvoyer à celle de l'auteur. Mais cette difformité renvoie aussi à une tradition de l'horreur japonaise. Kitaro est un personnage qui, par l'horreur, amène l'humour et dédramatise la mort. L'horreur au Japon est un genre qui semble s'intégrer à l'intérieur d'autres histoires. Il est aussi un complément au fantastique et donne une ambiance. Ainsi dans la Bête aveugle d'Edogawa Ranpo, l'horreur est présente dans le genre policier. Un aveugle, d'apparence très laide, aime attirer des femmes dans un sous-sol recouvert de faux membres féminins. Après avoir conquis ces femmes et avoir épuisé son propre désir envers elles, il les tue et les découpe. Les membres de ses femmes seront dispersés en ville et disposés à travers d'énigmatique et drolatiques mises en scène. Ce genre sera aussi très populaire dans les années soixante au cinéma, notamment avec le cinéaste Yasuzo Masumura qui adaptera égalent la Bête aveugle d'Edogawa Ranpo. Un autre film de ce cinéaste mêlera horreur et esprits maléfiques: Tatouage, d'après Tanizaki. Une jeune femme de bonne famille perd son amour. Après qu'un tatoueur lui a tatoué une femme-araignée, elle se transforme en cruelle assassine.
   
Tatouage

Ce genre d'histoires peuvent trouver un aspect ridicule ou démesurée une fois arrivées en Occident mais l'horreur est au final un genre qui puise dans ses plus vieilles légendes.

Aurélie, A.S. Édition-Librairie

 

 

 

Shigeru MIZUKI sur LITTEXPRESS

 

shigeru mizuki kitaro le repoussant

 

 

 

 

 

 

 Article de Nathalie sur Kitaro le repoussant

 

 

 

 

 

 

SHIGERU MIZUKI YOKAI 1

 

 

 

 

 

Article de Karine sur le Dictionnaire des yokai

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